Partir pour un voyage à l'étranger ou pas?

Carolyne Parent Collaboration spéciale
Le séjour en formule tout-compris au Mexique et en République dominicaine est présentement l’option la plus simple pour les voyageurs. Sur la photo, on aperçoit l'une des plages du Club Med Punta Cana, en République dominicaine.
Photo: Carolyne Parent Le séjour en formule tout-compris au Mexique et en République dominicaine est présentement l’option la plus simple pour les voyageurs. Sur la photo, on aperçoit l'une des plages du Club Med Punta Cana, en République dominicaine.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Au vu de la recrudescence des cas de COVID-19 ici et ailleurs sur la planète, de la menace du variant Delta ainsi que des exigences d’entrée et de séjour des destinations, s’envoler pour l’étranger peut s’avérer une belle galère. On y va ou pas ? Pouls de la situation.

Chaque année, en novembre, André Lapointe et sa conjointe partent pour Puerto Vallarta, au Mexique. Depuis huit ans, ils y passent l’hiver et rentrent au pays au printemps. L’an dernier n’a pas fait exception malgré la pandémie.

« Nos contacts là-bas nous disaient que c’était correct, explique le Montréalais, que les gens respectaient la distanciation et portaient un masque. » Ces temps-ci, le couple, doublement vacciné, songe à partir à nouveau, mais hésite. « On craint plus d’attraper la COVID cette année, dit-il, car le variant Delta est plus transmissible. Et puis, on ne sait pas encore quelles seront les conditions du retour. On branle dans le manche, comme on dit ! »

Le gouvernement fédéral a beau encore et toujours décourager les voyages non essentiels hors du pays, il n’en demeure pas moins que plusieurs trépignent d’impatience à l’idée de brandir à nouveau leur passeport. Un sondage mené par le voyagiste Sunwing à la mi-juillet révélait que 51 % des résidents du Québec prévoyaient de recommencer à voyager dans les 12 prochains mois, dont 65 % en tout-compris.

« La demande est très forte, confirme Claudine Dorval, propriétaire de l’agence Voyage récréatif, à Lac-Beauport. Air Canada a ajouté 250 000 sièges à son offre d’hiver. »

En vase clos sous le soleil

Aussi enthousiastes qu’ils soient, les voyageurs ne sont pas moins indécis ni inquiets. « Certains risques sont encore bien réels, tel celui de recevoir un diagnostic positif 72 heures avant le retour vers le Canada et se voir coincés à destination ! » dit Evelyne Mayrand, présidente de Club Voyages Orientation, à Boucherville.

Pour Claudine Dorval, le séjour en formule tout-compris au Mexique et en République dominicaine est présentement l’option la plus simple : « Le Mexique n’a aucune exigence d’entrée et la République dominicaine fait passer des tests de façon aléatoire aux voyageurs à leur arrivée. »

Ce serait aussi l’option la plus sécuritaire, dit celle qui revient de la Riviera Maya. « Dans les tout-compris mexicains comme dominicains, on est aussi sévère qu’au Québec en matière de respect des mesures sanitaires, et en République dominicaine, tout le personnel hôtelier est pleinement vacciné. »

Nous sentons clairement que l’envie de voyager est de retour. Cependant, en raison de l’incertitude qui entoure toujours les déplacements à l’étranger, les réservations s’effectuent davantage à la dernière minute qu’avant la pandémie.

 

C’est la formule que choisissent les clients les plus craintifs d’Evelyne Mayrand, car plusieurs établissements facilitent la vie des vacanciers. « Dans les villages du Club Med et les Velas Resorts, au Mexique, on peut passer le fameux test PCR sur place, les résultats sont envoyés à la chambre en moins de 24 heures dans la majorité des cas, et ces hôtels logent les clients qui obtiendraient un résultat positif au test, ce qui est rassurant. » La grande fréquence des vols entre le Mexique, la République dominicaine et le Québec est un autre facteur décisif, croit Mme Mayrand : « C’est même primordial s’il faut retarder la date de son retour au pays. »

Pour Claudine Dorval, le navire de croisière est un autre environnement sécuritaire. « Parmi les mesures extraordinaires mises en place par les compagnies, il y a le test de dépistage avant l’embarquement. Donc, à bord, il n’y a que des passagers non infectés et des membres d’équipage vaccinés. Je dirais qu’il n’y a pas d’endroits plus sûrs au monde en ce moment ! » Par contre, souligne la conseillère en voyage, « aucune compagnie d’assurances n’assure actuellement les croisiéristes ».

Point de salut hors du tout-compris ?

Chez Transat, qui a repris graduellement ses opérations à la fin de juillet et qui, en sus de certaines destinations soleil, offre présentement des liaisons vers Paris, Londres, Lisbonne et Porto, la demande se porte bien malgré tout. « Nous sentons clairement que l’envie de voyager est de retour, dit Debbie Cabana, directrice des médias sociaux et des relations publiques. Cependant, en raison de l’incertitude qui entoure toujours les déplacements à l’étranger, les réservations s’effectuent davantage à la dernière minute qu’avant la pandémie. »

Les inquiétudes sont multiples, car chaque destination a son lot d’exigences propres. Les voyageurs doivent par exemple s’assurer que leurs vaccins (ou leur combinaison de vaccins) sont reconnus là où ils vont. Le test de dépistage passé avant le départ doit être encore valide, heure pour heure, à l’arrivée. Il y va de même pour le vol de retour. Ce n’est donc pas le moment de choisir un coin du monde qu’on ne rejoint qu’au terme d’un long vol de correspondance ! Et sur place, d’autres questions surgissent, notamment l’obtention du fameux passeport sanitaire local. « Non, je ne recommande pas à mes clients d’aller en Europe cet automne, les exigences changent trop rapidement en ce moment », dit Claudine Dorval. Pas plus qu’elle ne recommande d’aller à Cuba, « où il y a trop de difficultés ». Le pays éliminera l’obligation de présenter un test PCR négatif à l’arrivée à partir du 15 novembre prochain.

Par ailleurs, le fait que la vaccination des enfants tarde fait en sorte que certains mettent carrément leurs projets de vacances familiales en veilleuse. « Comme les enfants de moins de 12 ans doivent s’abstenir de fréquenter des lieux publics, dont leur école, pendant 14 jours à compter de leur retour au Canada, plusieurs familles resteront ici lors de la prochaine relâche scolaire », croit Evelyne Mayrand.

Alors, partir ou pas ? « Oui, on part, dit Claudine Dorval, mais seulement en toute connaissance de cause. »

Des sources fiables pour s’y retrouver

• Pour connaître le niveau de risque que présentent les pays face à la COVID-19 en fonction de leur taux d’incidence, on consulte la liste dressée par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (l’équivalent américain de l’Agence de la santé publique du Canada).

En français, mais en bien moins explicite, il y a le site d’Affaires mondiales Canada.  

• On consulte le site Web officiel de la destination où on envisage d’aller pour connaître ses exigences d’entrée. Régulièrement mis à jour, le site de l’Association internationale du transport aérien (IATA) est également fort pratique. Il nous éclaire entre autres sur les vaccins acceptés.

• On demande le « pass » sanitaire français, qui permet de fréquenter des lieux publics de loisir, de culture, de restauration et de magasinage, ainsi que de voyager en bus et en train sur de longs trajets, sur le site de l’ambassade de France au Canada.

Sa délivrance tarde ? On peut subir un test à l’aéroport Charles-de-Gaulle (terminal 2E) afin d’obtenir un accès valable pour trois jours à ces lieux publics. On prend rendez-vous sur le site de Doctolib.

Palmarès des destinations les plus populaires

L’éditeur Ulysse a dressé pour nous la liste de ses guides de tourisme qui se sont vendus le plus au cours du mois d’août dernier — un bon indice pour savoir à quelles destinations s’intéressent les Québécois. À l’échelle internationale (hors États-Unis), les pays concernés sont :

1. La France 

2. L’Italie 

3. L’Espagne 

4. La Grèce

5. Le Japon 

6. Le Portugal 

7. La Thaïlande 

8. Le Mexique 

9. La Norvège 

10. L’Islande



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