Visiter l’île d’Orléans autrement

Marie-Julie Gagnon
Journaliste et chroniqueuse voyage
Le parc maritime de Saint-Laurent, un site témoignant de l'époque de la construction navale en bois à l’île d’Orléans
Photo: Marie-Julie Gagnon Le parc maritime de Saint-Laurent, un site témoignant de l'époque de la construction navale en bois à l’île d’Orléans

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

L’île d’Orléans, c’est la campagne à une vingtaine de minutes du centre-ville de Québec. Y jeter l’ancre pendant quelques jours permet de plonger tout doucement dans la richesse de son histoire.

Des goélettes au kayak

À Saint-Laurent-de-l’île-d’Orléans, dans le parc maritime de Saint-Laurent, où l’on fabriquait jadis chaloupes et goélettes, Quatre Natures propose des excursions guidées en kayak. C’est l’occasion d’apercevoir les demeures du chemin Royal sous un autre angle, d’en apprendre davantage sur l’histoire de l’île et d’observer des oiseaux marins.

Ancien guide de la SEPAQ, Yohann Mouchebœuf a démarré Quatre Natures après avoir constaté l’absence d’entreprises spécialisées en tourisme d’aventure dans le secteur. Pourquoi « Quatre Natures » ? « Pour les éléments, les saisons, les points cardinaux… mais surtout pour dire qu’on peut faire des activités en tout temps. »

Pas question pour lui de louer de kayaks sans donner de formation au préalable pourdes raisons de sécurité. « Les guides connaissent l’environnement, comment prendre les courants, la force des marées, comment se positionner… Il y a de petits bateaux, mais aussi des cargos. C’est quand même le fleuve. » Selon les marées, deux ou trois départs ont lieu tous les jours jusqu’à l’Action de grâce.

Et pourquoi l’entreprise n’offre-t-elle pas la possibilité de faire de la planche à pagaie ? « Il y a trop de vagues et de roches », résume-t-il, précisant aussi que les marées impliquent des niveaux d’eau qui fluctuent de cinq mètres deux fois par jour.

Bien avant les kayaks, les chaloupes et les goélettes faisaient partie du paysage de l’île d’Orléans. Il faut absolument prendre le temps d’effectuer la visite guidée du parc maritime de Saint-Laurent, comprise avec l’achat d’une excursion en kayak, pour comprendre l’importance du chantier qui a employé jusqu’à 110 travailleurs simultanément.

Île gourmande

Il est impossible de parler de l’île d’Orléans sans mentionner ses adresses gourmandes. On craque immanquablement pour Cassis Monna & Filles, autant pour son restaurant La Monnaguette que pour ses glaces et son superbe terrain, où sont disséminées des tables à pique-nique avec vue sur le fleuve, mais également pour la Chocolaterie de l’île d’Orléans, La Nougaterie, la Cidrerie Verger Bilodeau, Les Fromages de l’isle d’Orléans

On aime aussi la façon dont certains lieux se sont réapproprié les espaces extérieurs. Ainsi, au Resto de la plage, à Saint-Jean, les visiteurs peuvent manger tranquillement leur repas à emporter dans une partie de la cour qui n’était pas utilisée auparavant, avec vue sur le fleuve. À La Goéliche, à Sainte-Pétronille, le parcours rappelle un peu celui d’un service à l’auto, mais à pied : on commande et paie son repas, on le récupère un peu plus loin et on s’installe ensuite sur la terrasse ou à l’intérieur du restaurant.

Autre incontournable : le Vignoble Ste-Pétronille, malheureusement trop bondé au moment de ma visite. En revanche, pas de file chez son voisin, le Vignoble Saint-Pierre, qui accueille les visiteurs depuis trois ans. On peut y apercevoir aussi la chute Montmorency au-delà des vignes.

Explorer sans voiture ?

J’aurais aimé pouvoir dire qu’il est facile de se déplacer sans voiture à l’île d’Orléans, mais l’expérience s’est avérée un peu plus ardue que je l’anticipais. Pour les amateurs d’escapades à deux roues, l’entreprise Québec Aventure Tours loue des scooters, des vélos électriques et des vélos classiques.Devant l’étroitesse de la piste cyclable du chemin Royal, qui totalise 67 km, et le flux de voitures en haute saison touristique, j’ai pour ma part préféré une combinaison de marche, de taxis et de visites guidées en petits groupes avec Québec Bus Tours. Fondée par Antoine Simard, l’entreprise propose de découvrir les environs selon différentes thématiques au départ du centre-ville de Québec ou de l’île. J’ai opté pour La route des saveurs et La route des vins.

La navette opérée quotidiennement par Quatre Natures avant la pandémie, qui permettait de rejoindre le centre-ville de Québec, n’est pas en fonction cet été, mais il est possible que le service soit de nouveau proposé dès cet automne. À suivre…

À surveiller

• À Saint-Laurent-de-l’île-d’Orléans, le motel Île d’Orléans, où s’effectuent aussi les locations de scooters et de vélos de Québec Aventures Tours, fait face à un champ. Si ses murs en panneaux décoratifs et ses couvre-lits nous donnent l’impression d’avoir été propulsés dans les années 1980, l’accueil et la propreté lui font gagner plusieurs points. Les animaux de compagnie sont les bienvenus et le wifi fonctionne bien.

• Il est possible de planter sa tente au bord du fleuve au Camping de la Pointe, à Saint-François-de-l’île-d’Orléans. On y trouve aussi quelques hébergements rustiques en formule prêt-à-camper.

• Taxi Île d’Orléans est la seule compagnie de taxi sur place. Pour joindre son chauffeur et propriétaire, Richard Lacasse : 418 828-0033.

•Pour un aperçu de la vie bourgeoise au tournant du XXe siècle à Sainte-Pétronille, la maison de Charles Porteous, qui accueille aujourd’hui les retraitants du Foyer de Charité de l’île d’Orléans, vaut franchement le détour. Les scènes maritimes et champêtres de William Brymner, Maurice Cullen et Harriet Ford sur toile marouflée laissent une forte impression. Il n’est pas possible d’effectuer de réservation : les visites ont lieu si quelqu’un est disponible au moment de notre passage, indique le père Germain Grenon.

• Ancienne résidence seigneuriale construite en 1734, le manoir Mauvide-Genest, à Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans, est aujourd’hui un musée.

• Croisière Orléans propose des croisières guidées à bord d’un bateau pneumatique à partir du quai de Saint-Laurent-de-l’île-d’Orléans.

• Ne cherchez pas la cantine Panache mobile au vignoble Ste-Pétronille : elle a transporté ses pénates du côté du parc maritime de Saint-Laurent. Sur réservation seulement.

Une partie des frais de ce séjour a été prise en charge par Destination île d’Orléans et l’Office du tourisme de Québec. 



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