Trois coups de cœur, de Grand-Métis à Gaspé

Marie-Julie Gagnon Collaboration spéciale
Le Shack à guédilles, situé à Rivière-de-la-Madeleine
Photo: Marie-Julie Gagnon Le Shack à guédilles, situé à Rivière-de-la-Madeleine

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

À quoi s’attendre d’un séjour en Gaspésie cet été ? Au cours des derniers jours, notre journaliste a sillonné en famille la péninsule, de Sainte-Flavie à Carleton-sur-Mer, en passant par Gaspé et Percé. Entre classiques et trouvailles, elle vous fait part, dans cette première chronique d’une série de deux, de ses coups de cœur.

Art et culture Jardins de Métis

Principal festival de jardins contemporains en Amérique du Nord, le Festival international de jardins est l’occasion de découvrir les installations créées par des artistes de différents horizons. Le thème de cette 22e édition : la magie dehors.

Tous deux architectes-paysagistes et musiciens, les Montréalais Emmanuelle Loslier et Camille Zaroubi ont par exemple imaginé Miroirs acoustiques, des coupoles recyclées destinées à mettre en valeur les phénomènes naturels qui permettent le mouvement et le son. L’une des coupoles est tournée vers le fleuve. « On n’écoute pas assez, observe Alexander Reford, directeur des Jardins de Métis. L’idée est d’écouter le fleuve, de le caresser, de l’entendre et peut-être de réagir… de converser avec le fleuve. »

Les cinq projets sélectionnés s’ajoutent aux autres jardins. Bien qu’elles soient conçues pour une exposition éphémère, certaines créations perdurent, comme Réflexions colorées de Hal Ingberg (2003), qui a notamment collaboré au projet d’agrandissement du Palais des congrès, et Le dernier petit cochon d’Appareil Architecture (2019), qui fait référence au conte bien connu, mais cette fois dans la peau du grand méchant loup.

Cet été, une centaine d’artistes et de collaborateurs insuffleront aussi leur magiedans cet espace exceptionnel conçu il y a près de 100 ans par Elsie Reford. L’architecte Pierre Thibault a notamment créé un espace scénique appelé La Véranda, où des artistes comme Marie-Thérèse Fortin, Christine Beaulieu et Émile Proulx-Cloutier auront carte blanche à différents moments pendant la saison à compter du 16 juillet. Des thés littéraires sont également au programme. Benoit Pinette (Tire le coyote) et Marie-Andrée Gill seront à l’honneur le 11 juillet. Et bien sûr, il y a les fleurs… Peut-on s’en lasser ?

Une nouvelle expo et un nouveau bateau pour Exploramer

Exploramer est pour moi le musée parfait pour commencer les vacances. En plus de constituer une merveilleuse introduction à la vie du Saint-Laurent, les expositions fourmillent d’informations pertinentes tout en gardant un esprit ludique. La petite nouvelle, Êtres d’exception – Quand la science rivalise avec la fiction, raconte une foule de faits inusités sur des espèces qu’on croit pourtant connaître. Le jeu Le fou numérique nous transforme en fou de Bassan à la recherche de poissons pour nourrir son poussin. Avant de battre des bras, il faudra déterminer quel type d’oiseau (rare ?) deviendra notre avatar. Beaucoup de plaisir… même quand on échoue.

Photo: Marie-Julie Gagnon Le nouveau bateau d'Exploramer, le «C-E Marin Exploramer»

Pour passer de la théorie à la pratique, rien de tel que les excursions en mer. Le nouveau bateau C-E Marin Exploramer peut accueillir 30 passagers, comparativement à 18 pour l’ancien. « Il y a maintenant quatre départs par jour et trois excursions, explique Sandra Gauthier, directrice. En plus de la Découverte, offerte depuis une vingtaine d’années, et de la Scientifique, qui existe depuis huit ans, nous proposons maintenant aussi l’excursion Fourchette bleue, initiation à la pêche durable. »

Les activités Osez goûter !, pour déguster cinq espèces marines valorisées par Fourchette bleue, Cueillette de poissons (à marée basse) et des sorties nocturnes pour observer des espèces visibles seulement après la tombée de la nuit nous donnent immanquablement envie de prolonger notre visite.

L’Auberge sous les arbres

Parfois, quand tout le monde s’enflamme pour un endroit… tout le monde a raison. Je n’ai encore jamais croisé quelqu’un qui ne soit pas tombé sous le charme de l’Auberge sous les arbres de Gaspé et de sa propriétaire, la sémillante Claudine Roy, dont l’énergie semble inépuisable. Après avoir géré le restaurant Brise-Bise pendant trois décennies, elle a complètement restauré cette maison habitée par John Carter au XIXe siècle. Depuis sept ans, cette oasis qui domine le centre-ville collectionne les prix et les distinctions, dont le Travelers’ Choice de Tripadvisor. Le genre d’endroit où l’on a envie de se poser pendant des semaines tant on s’y sent bien.

 

Notre journaliste était l’invitée de Tourisme Gaspésie.

À surveiller

Site d’interprétation micmac de Gespeg. Voilà un endroit à mettre absolument à son itinéraire pour mieux comprendre la culture micmaque. Éclairant et captivant.

• Le Shack à guédilles. Vous repérerez sans trop de mal ce foodtruck turquoise inauguré il y a à peine une dizaine de jours devant le camping Chalets Mer et Montagne, à Rivière-de-la-Madeleine. Nous avons adoré la chaudrée de fruits de mer — offerte dans deux formats —, la guédille crevettes et crabe et les friandises glacées maison de Carrefour aventure Mont-Saint-Pierre.

• Pour manger sur le pouce aux Jardins de Métis, la guédille aux crevettes est une valeur sûre.

• Oui, user nos bottes dans les sentiers de randonnée du parc national de Forillon est toujours une bonne idée. Toutefois, Fort-Péninsule, seule batterie côtière de la Seconde Guerre mondiale entièrement préservée et accessible au public au Québec, vaut aussi le détour ! Se balader dans le tunnel nous fait comprendre à quel point on méconnaît cet épisode.

 

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