Sur la route de Go-Van

Charles-Édouard Carrier Collaboration spéciale
Julien Roussin-Côté et sa conjointe, Karolina Krupa, sur la «van» avec laquelle ils sillonnent le Québec. 
Photo: Go-Van Julien Roussin-Côté et sa conjointe, Karolina Krupa, sur la «van» avec laquelle ils sillonnent le Québec. 

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Chaque semaine dans ces pages, une personnalité, un collaborateur, un passionné raconte ce qui lui donne la bougeotte et une envie irrépressible de découvrir de nouveaux paysages. Entrevue aujourd’hui avec Julien Roussin-Côté, qui a contribué de façon exceptionnelle à la mise en valeur de la vie de nomade sur quatre roues. Le fondateur du magazine en ligne Go-Van a été joint au téléphone alors qu’il était sur les berges du lac Témiscamingue.

L'entrepreneur, auteur et animateur de la série La belle vie avec Go-Van croit plus que jamais aux modes de vie — et de voyage — alternatifs. L’intérêt pour le roadtrip est actuellement très grand, dopé par les conséquences du coronavirus, et l’apport des nomades de la route est des plus importants. Pour les économies locales, du vigneron au café du coin, en passant par le fromager et le magasin général, les régions profitent du passage de ces voyageurs.

« Le Québec, c’est grand, et il y en a pour tous les goûts, assure Julien Roussin-Côté, qui fait tourner l’odomètre de son campeur à longueur d’année. Tant pour les aventuriers que pour ceux qui souhaitent rester près des grandes villes, la province est un immense terrain de jeu, de région en région. »

Vivant à temps plein sur la route depuis bientôt six ans, Julien Roussin-Côté le connaît très bien, ce grand terrain de jeu. Lui et sa conjointe, la photographe Karolina Krupa, sillonnent maintenant le Québec à titre d’ambassadeurs @tourismequébec, une initiative de l’Alliance touristique du Québec. Et après tout ce temps sur la route, difficile pour lui d’imaginer une autre façon de voyager et de vivre. « La vie de van fait sortir le meilleur de moi-même. C’est une aventure authentique qui me plaît. Pour Karolina et moi, c’est de bouger, de vivre de façon minimaliste et de découvrir quelque chose de nouveau chaque jour. »

Camping sauvage

Certaines régions ont récemment fait les manchettes pour avoir été prises d’assaut par des voyageurs peu consciencieux. C’est le cas de la Gaspésie, qui a rappelé à l’ordre les campeurs qui s’installent dans des lieux fragiles. Pour Julien Roussin-Côté, qui est en quelque sorte devenu un expert du roadtrip et de la vie sur la route, ces événements rappellent que la ligne est mince entre la liberté que procurent l’autosuffisance et la transgression de règles non écrites : « Je trouve ça triste pour les régions, mais aussi pour toute la communauté vanlife que je connais très bien. C’est une année exceptionnelle et beaucoup de gens sont présentement en train d’explorer une nouvelle façon de voyager. Il y a de l’éducation à faire pour voyager de façon écoresponsable. Mais pour l’instant, c’est l’ensemble des campeurs et des gens de plein air qui est touché. »

Pour l’industrie touristique, la forte croissance de ce type de voyageurs offre aussi de belles occasions. Le Massif de Charlevoix a déjà annoncé vouloir adapter un type d’hébergement pour les nomades numériques, et plusieurs endroits comme la baie de Beauport, en plein cœur de Québec, ou le Jardin des Glaciers, sur la Côte-Nord, accueillent maintenant à petits frais les fourgonnettes dans leur stationnement. « Tant les vacanciers que les campings ont dû s’ajuster rapidement. À mon sens, il faut en profiter pour explorer de nouveauxcoins de la province ou penser à faire des trajets différents, suggère Julien Roussin-Côté. Il y a plusieurs beaux itinéraires à faire en Gaspésie, c’est le temps de sortir des sentiers battus ! La très forte majorité de la communauté vanlife est très respectueuse de l’environnement, ça fait partie des valeurs qu’on prône. »

Code d’éthique #vanlife

Il y a quelques années, partir sur la route au volant d’une fourgonnette demandait beaucoup d’huile de bras et d’audace. Trouver le véhicule, l’aménager et oser prendre le large. Aujourd’hui, cette façon de voir du pays est plus populaire que jamais et en quelques clics, on se retrouve au volant d’une maison sur quatre roues. On peut acheter, mais aussi facilement louer ces vans à court ou à plus long terme auprès de particuliers ou de diverses entreprises comme Vanlife Mtl, le Baroudeur, Ecamp, Rikiki Campers, Rvezy, Discount, le Club Aventure ou encore Terre d’aventure Canada, qui propose pour sa part des séjours en van clés en main.

Le voyageur insiste sur la règle numéro 1 lorsqu’on vit sur la route : celle du leave no trace, en ajoutant que l’objectif zéro déchet demande de la planification. Dans son livre Vie de van, publié en 2019 aux Éditions Parfum d’encre, il se sert d’ailleurs de ses aventures et celles de quelques collaborateurs triés sur le volet pour présenter les bonnes pratiques du vanlifer, telles que la gestion des eaux grises, les liens avec les communautés locales et le respect des terrains privés ainsi que des règles de préservation des habitats naturels et des milieux en régénération.

Voir le monde, au Québec

« J’entends souvent des gens me dire que cet été, ils n’ont pas le choix de visiter le Québec. Je crois qu’il faut s’enlever ça de la tête, cette idée que le Québec est un prix de consolation. On est chanceux de vivre ici et d’avoir accès à de si belles régions », rappelle l’ambassadeur de la marque Bonjour Québec.

Le coronavirus a eu pour effet de nous amener à regarder plus près de nous. Si l’été 2020 est un été marqué par les changements de plans à la dernière minute et de destinations locales, le fondateur de Go-Van espère que l’exploration du Québec se poursuivra en 2021. « Je souhaite de tout cœur qu’on sorte rapidement de cette crise. Mais avant de retrouver une certaine normalité, probablementd’ici quelques années, je crois que lesgouvernements et les régions doivent continuer à développer de nouvelles stratégies pour amener les gens à voiret à revoir le Québec différemment. »

Avant d’aller explorer les fjords de Norvège, pourquoi ne pas commencer par celui du Saguenay ?

On peut revoir la première saison de La belle vie avec Go-Van en ligne, sur le site d’Unis TV. La deuxième saison est déjà en préparation.

Pour suivre Julien Roussin-Côté et Karolina Krupa dans leurs aventures sur la route, ainsi que celles de dizaines d’autres vanlifers, visitez le site de Go-Van.