À la montagne au Club Med

La piscine du Club Med Peisey-Vallandry, à la fois intérieure et extérieure, s’ouvre sur le magnifique panorama de la vallée de la Tarentaise.
Photo: Hélène Clément Le Devoir La piscine du Club Med Peisey-Vallandry, à la fois intérieure et extérieure, s’ouvre sur le magnifique panorama de la vallée de la Tarentaise.

Sous le ciel bleu, des pics tapissés de blanc ondulent à perte de vue. Du sommet de l’Aiguille rouge, à 3226 mètres, on en prend plein les yeux. À gauche, les dentelles de crêtes de la chaîne du Beaufortin. À droite, celles du massif du Mont-Blanc, derrière le mont Pourri. Niché en aval des géants du ski que sont les Arcs et La Plagne : la station Peisey-Vallandry. Bienvenue à son Club Med pour un séjour actif, gourmand, douillet, folichon et à grand spectacle.

Des vacances dans la neige au Club Med, ce n’est pas ce qui vient spontanément en tête. Peut-être parce qu’on associe a priori Club Med — au même titre que la concurrence qui offre des séjours tout compris à l’ombre des cocotiers — aux destinations soleil.

Sauf que la marque aux tridents a ceci d’unique au monde qu’elle propose aussi le tout-compris en montagne. Et loin de l’ambiance des Bronzés, depuis que l’entreprise a adopté la stratégie du raffinement et de l’élégance pour sourire à une clientèle internationale exigeante.

Un développement en montagne que Club Med compte bien poursuivre, avec son intention d’ouvrir un village par année à compter de 2017. D’ailleurs, au mois d’août dernier, Henri Giscard d’Estaing, président du groupe de loisirs, posait la première pierre du futur « Resort Montagne Samaoëns Grand Massif », dans les Alpes, dont l’ouverture est prévue en décembre 2017.

Cela dit, c’est au Club Med Peisey-Vallandry, dans la vallée de la Haute Tarentaise, en Savoie, que nous avons séjourné. Un « village 4 tridents » en bois et en pierre, intime et chaleureux, qui depuis 2005 accueille si bien les familles qu’il a été élu l’an dernier par Trip Advisor — à travers son classement « Travelers’ Choice Hôtels Famille en France » — meilleur hôtel pour la famille de France.

Club Med « bienvenue bébé » pour les petits de 4 à 23 mois, petit Club Med (pour les 2 à 3 ans), Mini Club Med (pour les 4 à 10 ans), Club Med Passworld (pour les 11 à 17 ans), mais aussi des chambres pour les parents avec porte coulissante donnant sur le salon qui devient chambre d’enfants la nuit. Un balcon pour compter les étoiles au-dessus de la montagne avant d’aller dormir. Et des espaces de rangement en grand nombre pour les mitaines, les chandails, les tuques, les chaussettes… Il est vrai qu’un séjour en montagne requiert un peu plus de vêtements qu’un séjour au soleil.

Photo: Hélène Clément Le Devoir L’église Notre-Dame des Vernettes, à Peisey-Nancroix. On peut l’atteindre au terme d’une randonnée de deux ou trois heures en raquette ou en ski de fond l’hiver, ou encore à pied l’été.

Perché à 1600 mètres, l’hôtel dessiné par l’architecte intérieur Jean-Philippe Nuel comprend 284 chambres réparties entre deux bâtiments de deux et sept étages. Un Village dans un village, entouré de hameaux d’alpage, qui flirte avec le mont Blanc, le sommet de Bellecôte, le mont Pourri et la vallée de la Tarentaise. Et à l’horizon, des monts, des sommets, des crêtes.

D’où l’autre luxe, celui d’une expérience plein air sur des montagnes que l’on pourrait penser inaccessibles, mais sans les contraintes du matériel à louer, des skis à porter pour traverser la station, des heures d’attente pour obtenir son forfait ou encore pour réserver une leçon de ski.

N’est-ce pas la dolce vita que de récupérer dès le premier matin son équipement de ski ou sa planche dans un casier avec système de séchage ? De n’avoir qu’à enfiler ses bottes de ski et à sortir dehors pour se retrouver au coeur d’un colossal domaine skiable à la porte de sa chambre ?

Car Club Med Peisey-Vallandry donne sur l’édénique domaine Paradiski — qui comprend les stations Les Arcs, Pesey-Vallandry et La Plagne, avec ses 425 km de pistes, entre 1200 et 3250 mètres. Il ne reste qu’à troquer son pyjama pour son costume de ski et à filer par monts et par vaux.

Peisey-Nancroix, bourg Saint-Maurice, Plagne 1800, Belle Plagne, Montchavin-Les Coches, Arc 1600, Arc 1800, Arc 1950, Villaroger… Au total, une vingtaine de destinations à découvrir, des villages charmants, des restaurants, des guinguettes, des musées… que l’on rejoint en téléski, en télésiège, en funitel, en téléphérique. Il faut compter au moins deux jours pour se repérer.

Le ski pour tous

Autre atout exceptionnel, les leçons de ski et de planche à neige données par les moniteurs de l’École française du ski (EFS). Ces grands spécialistes de la montagne — un peu professeurs, un peu psychologues, un peu gentils organisateurs, un peu copains — sont hautement qualifiés. D’ailleurs, pour faire partie de cette corporation française tricotée serré en montagne, il faut traverser un cycle d’apprentissage d’une durée d’au moins quatre ans. Assurément, on est entre bonnes mains.

Impossible de ne pas les remarquer. Vêtus de rouge de la tête aux pieds — la charte vestimentaire des ESF imposant d’avoir 90 % de rouge sur leur tenue —, ils sont là tous les jours, sur les pistes, dans les rues, les guinguettes ou au Village discutant et rigolant avec les clients.

Et on s’y attache ! Car non seulement nous apprennent-ils à maîtriser un virage « stem », à tailler des courbes, à s’essayer au passage entre les piquets, à travailler des figures de style libre dans un parc à neige, à dévaler une piste noire, ils sont aussi ceux qui nous feront découvrir des expériences grandeur nature que l’on n’aurait peut-être jamais pensé être capables de vivre un jour.

Dès le premier matin, on jauge le niveau d’habileté du client, puis on forme les groupes. Et l’aventure en montagne commence. Deux heures de cours le matin et deux heures l’après-midi.

Tantôt on peaufine sa technique, tantôt on file bon train, tantôt on se regarde skier, tantôt on parle de sa vie, des enfants, du travail, du dernier film de Woody Allen, des excellentes glaces artisanales du Club Med, des huîtres de la Charente-Maritime dégustées la veille, du fromage beaufort et de toutes les bonnes spécialités savoyardes que l’on retrouve au menu du buffet.

Bon, on est fin prêt à monter au sommet de l’Aiguille rouge, point culminant du domaine, à 3226 mètres. Le panorama est en soi une bonne raison de grimper si haut. C’est de là que démarre l’Aiguille rouge, l’une des plus longues descentes de l’Europe. Sept kilomètres et un départ avec quelques courbes raides sur le glacier. Pour cette fois-ci, étant donné l’heure un peu tardive, on se contentera des Arandelières, un long chemin de crête à grands spectacles, mais pas trop difficile.

À chacun son plaisir

Les non-adeptes de ski alpin ont aussi le choix de se balader en raquettes ou en ski de fond. Parmi les jolies randonnées à faire autour du Club Med Peisey-Vallandry, celle qui mène à l’église baroque Notre-Dame-des-Vernettes, à Peisey-Nancroix, n’est pas piquée des hannetons.

Classé monument historique, le sanctuaire possède un remarquable ensemble baroque du XVIIe siècle. C’est Joseph-Marie Martel de Compertogno qui a réalisé le retable majeur entre 1738 et 1742. Peu de dorures, mais des couleurs vives où le vert et le bleu baignent dans l’ocre.

Et rien n’oblige non plus à skier, à chausser des raquettes ou à dévaler la montagne en luge. On peut aussi s’installer avec un livre au salon, au bar ou sur la terrasse face à la montagne, selon son humeur.

Et si survient un coup de fatigue dû à une nuit sur la corde à linge, à un excès de tartiflettes, de raclette, de crozets, de fondues, de pierrades ou de reblochonnades, ou qu’adviennent les courbatures après s’être frotté aux raides dénivelés de la Robert Blanc — la piste noire la plus dure du domaine avec une pente à 65 % —, on a le choix entre le hammam, la piscine, le bain tourbillon ou un massage.

Notre journaliste était l’invitée d’Atout France, d’Air Canada, du Club Med, de l’Office de tourisme de Peisey-Vallandry et de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

En vrac

S’y rendre. Air Canada propose des vols directs à l’année — cinq par semaine l’été, trois en hiver — de Montréal vers Lyon, avec transfert en voiture de Lyon jusqu’à Peisey-Vallandry (200 km) ou autres Clubs Med de montagne dans les Alpes. Air Canada — partenaire de Club Med pour les Canadiens — propose aussi un vol direct vers Genève, qui se trouve à peu près à la même distance.

Entre le 1er novembre 2016 et le 30 avril 2017, aucun supplément n’est demandé pour le transport des skis, bottes et planches à neige entre le Canada et l’Europe, le Moyen-Orient ou l’Afrique à bord d’un vol exploité par Air Canada, Austrian Airlines, Brussels Airlines, Lufthansa ou Swiss.

Forfait Club Med pour les Canadiens. Comprend le transfert entre les aéroports de Lyon ou de Genève et le Village lorsque le vol est réservé avec Club Med, l’hébergement, les repas et les collations en journée et en soirée, les boissons alcoolisées et non alcoolisées en journée et en soirée, les remontées mécaniques, les leçons de ski et les sorties en petits groupes accompagnés par des guides de l’École de ski française, l’accès aux installations sportives au sein du Village, les clubs pour les enfants dès l’âge de 4 mois et la détente, à la piscine intérieure ou extérieure.

Des accompagnements personnalisés avec des guides de l’École française du ski sont possibles à la carte si l’on souhaite faire du ski hors piste, de la raquette ou du ski de randonnée. Pour découvrir de petites guinguettes, un village, un lac de montagne et des stations de ski éloignées.

Pauses gourmandes. Le restaurant La Vanoise propose matin, midi et soir un somptueux buffet composé de stations offrant des spécialités savoyardes (crozet, tartiflette, fondue, poisson grillé, fromages AOC), françaises (foie gras, entre autres), italiennes, méditerranéennes, indiennes, japonaises… selon le thème du jour. Un coin bébé permet aux parents de préparer leurs repas. Pour une expérience gourmande 100 % savoyarde au Club Med, le restaurant La Pierra Menta, où l’on sert, sur réservation seulement, raclettes, fondues, pierrades et reblochonnades.

Du ski, mais pas seulement. Peisey-Vallandry étant situé à la porte du parc national de la Vanoise, dans un paysage de haute altitude, on peut se promener à ski de fond, à pied ou à raquettes sur un site nordique — qualifié de « Petit Himalaya », qui s’ouvre sur un cirque constitué de six glaciers, seul ou accompagné d’un moniteur de l’ESF. Sur des thèmes comme la faune en hiver, les zones d’hivernage des chamois et bouquetins, du lièvre, du sanglier, de l’aigle royal, du combat de la végétation contre le froid, de la vie paysanne d’hier et d’aujourd’hui, de l’architecture des chalets de montagne, des éboulements et des avalanches qui ont façonné la vallée… selon les goûts de chacun.


Renseignements

 

1. Club Med Peisey-Vallandry

2. Office de tourisme de Peisey-Vallandry
3. École de ski française (ESF) Peisey-Vallandry
4. Tourisme Auvergne-Rhônes-Alpes