Pèlerinage au pays de Palladio

Le Teatro Olimpico Vicenza Palladio
Photo: Louise Gaboury Le Teatro Olimpico Vicenza Palladio

Andrea di Pietro della Gondola, dit Palladio, a vécu en Vénétie au XVIe siècle. Il est à l’origine d’une véritable révolution de l’architecture locale, et son influence a dépassé les frontières de l’Europe (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Pologne, etc.) pour s’imposer jusqu’aux États-Unis. Inspirées de l’architecture romaine classique, ses oeuvres sont souvent d’une désarmante simplicité.

Le pèlerinage commence à Venise, où Palladio a notamment signé deux des plus importantes églises de la ville, la basilique San Giorgio Maggiore et l’église du Redentore. Architecte en chef de Venise, il attire l’attention de la haute société vénitienne.

Les aristocrates et bourgeois qui habitaient des palais sur le Grand Canal ont voulu profiter de l’air pur, et Palladio leur a construit des villas dignes de leur rang ici et là dans la campagne vénitienne. Plusieurs de ces petites merveilles sont inscrites sur la Liste du patrimoine de l’humanité de l’UNESCO. La petite ville de Vicenza, dont l’ancien decumano romain porte le nom de Corso Palladio, est toujours riche de nos jours, sa prospérité reposant sur des joalliers qui travaillent savamment l’or et sur les banques qui y ont acquis plusieurs très beaux palais.

Facilement accessible en train depuis Venise, Vicenza, où Palladio a vécu, garde son empreinte. Ici, la main du maître est partout présente. On lui doit notamment la basilique, symbole de la ville, et sans doute la coupole, le portail latéral nord et la chapelle Almerico de la cathédrale, reconstruite sur les ruines d’un temple ancien.

Palladio n’aura pas vu la basilique terminée, ni la splendeur du fabuleux théâtre olympique inauguré en 1585, premier théâtre couvert de l’histoire de l’Italie, inspiré des théâtres romains. La scène de cette merveille de forme elliptique s’ouvre sur sept rues évoquant Thèbes, qui donnent une rare impression de profondeur et alimentent l’illusion d’un théâtre ouvert. La saison théâtrale de l’endroit est très courue. Si on veut assister à une représentation, il faut réserver ses places longtemps à l’avance.

Vicenza est inscrite sur la Liste du patrimoine de l’humanité de l’UNESCO depuis 1994, sur laquelle ont également été ajoutées 24 villas palladiennes, dont la Rotonda et la Villa Foscari, dite Malcontenta.

Comment construire un monde nouveau

Palladio a inspiré Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis et auteur de la Déclaration d’indépendance américaine. Né plus de 150 ans après la mort de Palladio, il a dessiné quelques édifices publics dans le style palladien, dont la rotonde de l’Université de Virginie. Jusqu’au 28 mars 2016, le Musée Palladio de Vicenza présente une exposition intitulée Jefferson et Palladio. Comment construire un monde nouveau.