Belle Neige, l’ultrafamiliale méconnue

Pas moins de 1300 peluches et figurines ornent le Sentier des toutous.
Photo: Gary Lawrence Pas moins de 1300 peluches et figurines ornent le Sentier des toutous.
Notre journaliste prend la route avec sa tribu (maman, fiston de 10 ans et fillette de 6 ans) pour découvrir des stations de ski où il fait bon dévaler les pentes en famille. Voici le 14e texte d’une série qui nous fait glisser pendant quelques semaines encore.


— Papa ? Finalement, je voudrais la girafe, la lionne, le lapin, la petite vache à bavette…

— C’est tout ?

— Le canard, la maman tigre et son bébé, le cochon rose et le kangourou.

— Et la Schtroumpfette, Bob l’Éponge et Winnie l’Ourson, on en fait quoi ?

L’ennui, avec le Sentier des toutous de Belle Neige, c’est qu’il compte tant de peluches et de figurines de toutes sortes qu’il suscite l’envie et crée des besoins chez les jeunes skieurs — y compris la fillette — dès lors qu’ils l’empruntent.

Suspendues à des cordes, mises en scène sur des vélos ou assises dans un télésiège accroché aux arbres, les centaines de bêtes à poil synthétique — il y en aurait 1300 — se bousculent dans ce couloir neigeux séparé en deux sections. Alors, forcément, tous créent un pouvoir d’attraction chez les petiots, qui tiennent mordicus à les voir quand ils en entendent parler, les incitant du coup à enfiler leurs skis.

Pas besoin d’être haut comme trois boules de neige pour apprécier ce passage ludique : même fiston-le-préado en a redemandé. Il faut dire qu’à la sortie, il avait le choix de poursuivre sur une piste peinarde ou de s’engouffrer dans un étroit tunnel de conifères menant à l’Orignal, l’une des deux pistes doublement diamantées de cette microstation à Val-Morin, dans les Laurentides.

À l’autre bout du domaine skiable, c’est le scénario inverse qui prévaut car on passe de l’ardu à l’enfance de l’art : après avoir déboulé la stimulante Pic-Bois — l’autre double diamants —, on aboutit dans la Forêt du Petit Poucet, suivant un thème du conte de Perrault, maisonnette à traverser en skis de sept lieues comprise.

Bref, comme à Mont-Gabriel, à Val Saint-Côme, à Olympia ou à Sutton, on a compris ici qu’un centre de ski familial ne saurait se limiter à une zone d’apprentissage et à des pistes pour débutants (7 pistes sur 20 en l’espèce) et intermédiaires (4 pistes additionnelles), mais qu’il en faut aussi pour les plus férus et les experts en devenir, à mesure qu’ils progressent.

Malgré un maigre dénivelé de 157 mètres, on répond ici aux besoins de tout l’éventail de la famille skieuse, y compris par des parcours de ski cross et de boarder cross, mais on pousse l’audace un peu plus loin avec deux « clubs de bosses », pour pouvoir dompter ces terrains agressifs mais si trépidants que sont les pistes bosselées.

Dans cette station pionnière en pratique du ski acrobatique et du ski freestyle — ou de son ancêtre, le ski hot dog —, les ados ont récemment formé un club de slopestyle (discipline olympique depuis 2014), usant à bon escient des modules et sauts du parc à neige. En fait, les skieurs pubères et post-pubères sont tellement présents ici qu’ils disposent même de leur propre espace au chalet des skieurs : La Zone BLLNG.

« Interdite aux parents » — c’est de bonne guerre puisque les mineurs sont proscrits au bistrot —, on y surfe sur le Web après l’avoir fait sur les pentes, mais on y présente aussi des ateliers sur des techniques de ski ou de survie, ainsi que des films de glisse diffusés sur grand écran, dès 16 h. « L’an prochain, les ados pourront peut-être même visionner leurs propres films, tournés avec leur caméra d’action », indique Hélène Bertrand, directrice de cette station fondée en 1963.

Pour ce faire, ils ne manqueront pas de lumière : par l’orientation de la montagne, toutes les pistes de Belle Neige sont exposées au soleil. Elles convergent d’ailleurs au même point et il est donc aisé de s’y retrouver et… de retrouver ses rejetons s’ils s’écartent ou partent trop vite en descendant de l’une des quatre remontées.

À la base de la montagne s’étend aussi un village de maisons mobiles, pied-à-terre de skieurs venus de l’extérieur qui disposent ainsi de leur hébergement skis aux pieds à prix modique. « Il y en a 91, c’est comme un gros camping au pied des pentes,note Hélène Bertrand. Plusieurs sont habitées par les mêmes familles depuis des décennies. » Pas surprenant, dès lors, qu’on se sente un peu à la maison en débarquant dans cette station.

En fait, à en juger par la façon dont les préposés aux remontées accueillent parfois les skieurs — en les appelant par leur nom —, on se dit qu’ici, même les clients semblent faire partie de la famille…

En vrac

S’y rendre. À une heure de voiture de Montréal, via l’autoroute 15 Nord, la sortie 76 (Val-David/Val-Morin) et la route 117 sur 4 km. Abonnements saisonniers payables en huit versements, sans intérêt. En semaine, promotions quotidiennes. belleneige.com.

 

Restauration et hébergement. Cuisine québécoise traditionnelle (dont les réputées fèves au lard) au Petit Poucet et cuisine du marché au resto Les Zèbres. Plusieurs autres possibilités à Val-David, à Sainte-Agathe et à Sainte-Adèle, y compris pour passer la nuit.

 

À faire et à voir dans les environs. Le Village du Père Noël; ski de fond, raquette, ski hors piste et glissade au parc régional Val-David/Val-Morin; ski de fond sur la piste du P’tit Train du Nord.

 

Autres renseignementslaurentides.com.