À la mode de Bruxelles

La liberté de la mode de rue à Bruxelles passe du vintage aux soldes de saison.
Photo: Louise Gaboury La liberté de la mode de rue à Bruxelles passe du vintage aux soldes de saison.
La Belgique est un petit pays. Scindé en deux par la langue. Réuni par la mode. Des Six d’Anvers au quartier Dansaert, à Bruxelles, où elle se retrouve dans la rue et au musée.
 

On découvre le quartier Dansaert avec Linda Van Waesberge. Vêtue de rose en cette triste journée d’hiver, elle illustre bien la liberté de la mode de rue à Bruxelles. Elle me pilote d’une boutique à l’autre, passant du vintage aux soldes de saison.

Tout le monde la connaît dans le quartier, où elle habite. « Les créateurs ont commencé à s’installer ici il y a environ 25 ans. Maintenant, avec la flambée de l’immobilier, il ne reste que les boutiques, on ne fabrique plus sur place. »

Plus que styliste, elle se décrit comme creative consultant et fait aussi dans le personal shopper.

Magasineuse professionnelle, elle va instinctivement vers le beau, palpe une étoffe, effleure un chapeau, commente un style ou souligne la bonne affaire.

 

Linda Van Waesberge semble connaître par coeur toutes les collections. C’est qu’elle aime profondément la mode belge et voue une admiration sans bornes aux jeunes créateurs.

En cours de route, elle laisse tomber des noms, dont celui d’Eddy Anemian, gagnant du dernier H&M Design Award. « C’est étonnant de voir tant de talent dans un si petit pays », commente-t-elle.

Au terme de notre périple, elle me conduit au Centre d’entreprises Dansaert, siège du Mode and Design Center (MAD), un organisme voué à la promotion de la mode et des créateurs, qui emménagera dès 2016 dans un édifice de 3000 mètres carrés entièrement restauré, Place du nouveau marché aux grains, au coeur du quartier Dansaert.

Le bel endroit sera représentatif du nouveau design belge, un peu musée mais beaucoup espace de création et lieu d’échanges.

Linda me présente Esther Beck, enthousiaste chargée des communications de MAD. Les deux interlocutrices sont néerlandophones.

Pourtant, quand on leur demande ce qui distingue la mode bruxelloise de sa contrepartie d’Anvers, elles saluent d’un même élan l’ouverture, la créativité, la diversité qui prévalent dans la multiculturelle capitale. « Ici, on parle 100 langues différentes, alors qu’à Anvers, on n’en parle qu’une seule », précise Esther.

« La ville est plus diversifiée, plus dynamique », ajoute Linda. Il faut croire que la création échappe ici à la politique… Dans les années 1980, les Six d’Anvers avaient attiré l’attention des milieux internationaux de la mode.

Plus ou moins à la même époque naissait, à Bruxelles, la section stylisme de La Cambre, qui a acquis depuis ses lettres de noblesse.

L’année de la mode et du design, en 2006, a consacré l’importance de la ville sur la scène de la mode en mettant en lumière le savoir-faire et le talent de ses créateurs.

Pourtant, alors que Paris, Milan, Londres et New York avaient depuis longtemps leur Fashion Week, Bruxelles brillait jusqu’à tout récemment par son absence dans ce club sélect. Mais l’automne dernier, MAD y a remédié en dotant la capitale belge d’un Fashion Month : rien de trop beau !

Le quartier Dansaert

Pour se sustenter dans le quartier Dansaert, quelques bonnes adresses : Les Filles, un lieu convivial. Au Fond, plus discret. Et un peu plus loin, à l’écart, La Manufacture, qui a déjà abrité les ateliers de la très chic et iconique maroquinerie Delvaux.

En vrac

La mode aux musées. La charmante exposition sur la mode glamour des années 1930, présentée au Musée du costume et de la dentelle, est prolongée jusqu’au 19 avril.
 
Une histoire de la mode belge au Bozar. L’exposition, qui sera présentée à Bozar du 5 juin au 13 septembre, propose un regard unique et historique sur la mode belge du Groupe des Six d’Anvers et sur la relève des nouveaux créateurs.
 
Renseignements. belgique-tourisme.qc.ca


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