À Paris le nez en l’air!

Les formidables atlantes d’un immeuble découverts dans l’avenue Daumesnil, du XIIe arrondissement.
Photo: Carolyne Parent Les formidables atlantes d’un immeuble découverts dans l’avenue Daumesnil, du XIIe arrondissement.

«Comme vous pouvez le constater, nous sommes assaillis par les touristes », lance Yanis Leperchois, un guide pince-sans-rire de Parisien d’un jour, qui me fait visiter « son » Montmartre. Euh, mais c’est qu’il n’y a que nous, rue Durantin, à contempler les belles façades d’époque des commerces, où on trouve des comptables à l’enseigne d’une boulangerie et un luthier à celle d’une boucherie ! Nul doute, la « meute » a dû filer en douce sur la place du Tertre, où nous n’irons d’ailleurs pas…

Fondée en 2007 à la demande de la mairie de Paris pour redorer l’image du « maudit Français », dixit M. Leperchois, l’association Parisien d’un jour compte plus de 300 guides bénévoles, autant d’ambassadeurs de leur quartier. À ce jour, quelque 13 000 étrangers ont fait une balade en leur compagnie.


« C’est une idée que nous avons piquée aux greeters new-yorkais, raconte Éliane Ouzounian, cofondatrice de l’association, nous disant que, si un tel accueil pouvait exister dans la Big Apple, nous pouvions en faire autant. Notre objectif ? Donner aux participants l’impression qu’ils ont des amis à Paris. »


Vous séjournez dans la capitale française pour la première fois et voir la tour Eiffel figure en tête de vos priorités ? Ne comptez pas sur les guides de Parisien d’un jour pour vous y emmener ! « Notre rôle est plutôt de vous montrer des lieux que vous ne verriez pas autrement, explique M. Leperchois. Si je veux bien vous montrer le marché d’Amélie Poulain, je veux surtout vous faire découvrir un Montmartre autre que celui de la carte postale : celui de la vie quotidienne. » Par ailleurs, le jeune directeur technique d’un hypermarché ne prétend pas se substituer à un guide professionnel : « J’ai simplement à coeur de faire découvrir mon Montmartre “ secret ”. »


Mme Ouzounian habite dans le nord du IXe arrondissement depuis qu’elle est enfant. « C’est un quartier trop peu connu, à l’architecture rare, pré-haussmannienne », dit-elle. Un quartier où ont vécu plusieurs artistes, gens de théâtre et cocottes : ici, Édouard Vuillard ; là, Hector Berlioz ; plus loin, Émile Zola. Au fil de la promenade, qui se déroule la plupart du temps le nez en l’air, la retraitée du secteur bancaire attire mon attention sur des détails architecturaux et m’entraîne dans les cours fleuries, bien cachées, d’anciens hôtels particuliers.


Elle m’emmène aussi au Musée de la vie romantique, un superbe pavillon situé en retrait de la rue Chaptal, au coeur d’un jardin. L’intérêt ? Son propriétaire, le peintre Ary Scheffer, y recevait en son temps tout le gratin du quartier, dont Chopin et George Sand. Aujourd’hui, sa maison abrite, outre ses toiles, une collection d’objets ayant appartenu à l’écrivaine. Voilà bien un exemple de lieu absolument charmant que les touristes ont peu de chances de découvrir sans l’aide d’une Parisienne de toujours, accueillante de surcroît !

 

L’a b c des balades


On s’inscrit en ligne en spécifiant ses disponibilités et ses champs d’intérêt (jardins, gastronomie, shopping).


On ne choisit pas un quartier spécifique : un guide prend plutôt contact avec nous pour proposer sa balade; à nous de l’accepter ou pas.


Les balades durent de deux à trois heures. Elles sont gratuites, bien qu’un don à l’association soit apprécié.


Elles se déroulent en petits groupes (jusqu’à six personnes) d’une même entité. Ainsi, un couple de Québécois n’est pas jumelé à une famille japonaise.


Bon à savoir le Global Greeter Network, dont Parisien d’un jour fait partie, réunit une foule de villes, de Buenos Aires à Toronto en passant par Belgrade, offrant ce programme d’accueil.


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Collaboratrice

1 commentaire
  • Olivier Sourd - Inscrit 23 juillet 2012 12 h 41

    C'est le commissariat de police du douzième