Engouement pour les vins effervescents

Jessica Dostie Collaboration spéciale
Selon la sommelière Jessica Harnois, la polyvalence des bulles compte sans doute pour beaucoup dans cet engouement.
Photo: Sincerely Media Selon la sommelière Jessica Harnois, la polyvalence des bulles compte sans doute pour beaucoup dans cet engouement.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

On a moins d’occasions que jamais de boire des bulles. Parce que les rassemblements sont actuellement interdits, on pourrait penser que la consommation de vins effervescents est en chute libre. Et pourtant, une proportion croissante de Canadiens envisage de consommer champagnes, proseccos et autres cavas à la maison, selon un récent sondage. Point sur la tendance et quelques suggestions, alors que la fête des Mères est l’occasion parfaite pour faire pop.

Première constatation : ce n’est pas parce qu’on ne peut pas faire la fête qu’on ne boit pas de bulles. « C’est le produit que je consomme le plus souvent », confie en entretien téléphonique la sommelière Jessica Harnois. Même en semaine, l’experte en vins n’hésite pas à s’en servir un verre.

Elle n’est pas la seule. « Tout indique que cette catégorie de produits n’est plus uniquement réservée aux occasions spéciales », indique le rapport 2020 de Wine Intelligence, qui conduit toutes sortes d’études sur le monde viticole et s’emploie à analyser une trentaine de marchés, dont le Canada. À preuve, le pays « a connu une augmentation constante de la consommation de vins mousseux ces dernières années », y lit-on aussi.

Les données enregistrées au Québec par Moët Hennessy, qui réunit six grandes maisons de Champagne, corroborent le phénomène. « À la suite des restrictions en vigueur dans la province, nous notons que le consommateur ne désire pas boire plus, mais mieux », commente la directrice nationale des communications, Véronique Gonneville, précisant que les ventes de champagnes ont été en croissance ces derniers mois.

La polyvalence des bulles compte sans doute pour beaucoup dans cet engouement, estime Jessica Harnois. « Ces vins sont parfaits à l’apéro, mais aussi en fin de repas, au brunch, voire en cocktail. »

Et puisqu’il existe aujourd’hui des bouchons conçus pour préserver l’effervescence pendant plusieurs jours, on n’a aucune raison de bouder son plaisir en s’empêchant d’ouvrir une bouteille de peur d’en gaspiller le contenu, plaide-t-elle.

Les produits de chez nous en vedette

Comme on l’observe dans de nombreux secteurs de l’économie, les mousseux locaux occupent une part grandissante de marché des vins pétillants (néanmoins toujours dominé par les vins effervescents italiens et français) depuis mars 2020. Selon Wine Intelligence, cet intérêt accru pour les bulles canadiennes est bien enraciné, même après les confinements successifs attribuables à la pandémie.

Ces données ne surprennent pas le moins du monde Jessica Harnois, qui vante depuis plusieurs années les qualités du climat et du terroir d’ici pour produire de bons vins effervescents. « Les bulles du Québec sont, selon moi, le nerf de la guerre », écrivait-elle d’ailleurs dans #BoireLocal (Les Éditions La Presse), son guide consacré aux cuvées locales. « Avec les défis climatiques particuliers au Québec, c’est probablement ce qu’on fait de mieux en matière de vins. »

Et elle lance l’idée : « À quand une appellation d’origine québécoise pour mettre en valeur des mousseux d’ici de style prosecco, abordables et sucrés à l’érable ? »

Six bouteilles à (re)découvrir

Des bulles bien de chez nous

Le terroir du Québec est particulièrement bien adapté à l’élaboration de vins effervescents, rappelle la sommelière Jessica Harnois. À preuve, ce vin amalgamant les cépages Acadie blanc, Frontenac gris, Frontenac blanc et Louise Swenson est devenu un incontournable.
Domaine Bergeville Le Blanc brut 2019, 27,85 $, code SAQ : 13374562

Un californien rafraîchissant et fruité

Quand une grande maison de Champagne s’installe en Californie, on obtient des bulles impeccables, mais abordables. Ce cru du Domaine Chandon, à la fois sec et fruité, ne déçoit pas et coûte une fraction du prix d’un champagne de la maison.
Chandon brut rosé, 33,10 $, code SAQ : 11565007

La Méditerranée, version nature

Ce brut nature d’origine espagnole a ravi nombre d’experts grâce à l’élégance et à la complexité de ses arômes de noix et de fruits. Une vraie aubaine à moins de 20 $!
Sumarroca brut nature Gran Reserva Cava 2017, 17,60 $, code SAQ : 13408929

Entre sophistication et tradition

Pas besoin de débourser des centaines de dollars pour déguster une cuvée issue de la plus ancienne maison de Champagne ! On opte par exemple pour ce grand classique néanmoins accessible. Sec et polyvalent.
Ruinart Brut, 85 $, code SAQ : 10326004

Rosé d’Italie

Cette nouveauté à base de glera et de pinot noir signée Zonin promet un bouquet aux parfums fruités tout en fraîcheur qui se marie particulièrement bien aux risottos et aux poissons grillés, selon la marque.
Prosecco rosé DOC Zonin, 18,95 $ (à la SAQ dès la mi-mai)

Un choix sûr à l’épicerie

Avec sa touche de vin de glace vidal, ce chardonnay effervescent produit dans la région du Niagara se défend très bien au rayon des mousseux. L’édition limitée a remporté tant de succès en 2020 qu’elle reviendra pour de bon sur les tablettes d’ici quelques mois. Jessica Harnois, derrière la marque, suggère de le servir aussi bien à l’apéro que pour accompagner des mets asiatiques relevés.
Chardonnay mousseux Bù (de retour en épicerie en septembre)

 

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