Le H4C fait peau neuve

De nouvelles tables rondes en bois sont disposées au centre de la pièce  de façon à accommoder non plus une cinquantaine, mais plutôt une trentaine  de convives seulement.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir De nouvelles tables rondes en bois sont disposées au centre de la pièce  de façon à accommoder non plus une cinquantaine, mais plutôt une trentaine  de convives seulement.

Situé aux abords de la station de métro Place-Saint-Henri dans un magnifique bâtiment patrimonial, où se trouvait jadis un bureau de poste, le H4C est désormais signé Dany Bolduc. En mars dernier, après six années d’existence, l’adresse suspendait ses activités pour un temps indéterminé. Plusieurs croyaient à une fermeture définitive.
 

Comme promis, Bolduc et ses nouveaux associés (le sous-chef Renaud-Philip Méthot, le maître d’hôtel Alexandra Dubreuil-Gagnon et le sommelier Jonathan Benchetrit, puisés à même sa brigade) ont fait feu de tout bois en rouvrant leurs portes au mois de juin dernier. Leur nouveau mantra : « less is more ».
 

Les lourdes banquettes ont été retirées pour dégager les jolis murs de pierres. De nouvelles tables rondes en bois sont disposées au centre de la pièce de façon à accommoder non plus une cinquantaine, mais plutôt une trentaine de convives seulement. Même l’acoustique de l’endroit, qui posait problème lors de soirées plus animées, a été retravaillée pour le plus grand confort de tous.
 

L’accueil est chaleureux et très personnel. Il est clair que notre bonheur sera la priorité. Aussitôt que nous sommes installées, on nous apporte un petit panier pour déposer nos effets personnels sous la table et un linge humide pour nous rafraîchir les mains.
 

C’est le barman Jayson qui vient nous proposer l’apéro, concocté sur demande. Il nous sert un savant mélange de bulles et de liqueur de sureau, une touche de tequila et une fraise au vermouth en garniture. Difficile de ne pas boire le tout d’un seul trait.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir

La carte des vins témoigne, quant à elle, du passage de plusieurs sommeliers. Doucement, Jonathan se l’approprie en proposant de superbes accords. Plutôt abordable, elle recèle de petits trésors cachés.
 

Pour ce qui est du menu, il est possible de choisir entre la formule cinq services ou le grand menu (neuf services), et ce, pour la coquette somme de 85 $ ou de 130 $. Les deux déclinaisons offrent des plats différents, mais seule la première option permet de faire des choix. Nous nous tournons donc vers celle-ci.
 

Les amuse-bouche qui nous sont apportés ne sont certes pas qu’un régal pour les yeux. Le gnudi à la ricotta, au mascarpone et à l’huile de basilic éclate en bouche avec sa texture à la fois riche et aérienne. Le dumpling de céleri-rave, farci de crevettes nordiques, est pimenté juste ce qu’il faut et nage en plein bonheur dans sa petite soupe de concombre lacto-fermenté.
 

Pendant que mon acolyte se délecte d’une pince de homard cuite à la perfection, servie avec des accompagnements de saison, je savoure un fagot de haricots jaunes enroulé d’une tranche de poisson hiramasa cru et nappé d’un beurre blanc au caviar.
 

Le clou de la soirée est sans contredit le short rib que l’on a cuit sous vide pendant trois jours, pour ensuite le laquer d’un ketchup coréen. La pièce de bœuf est accompagnée d’une soyeuse purée de carotte au beurre fumé et gingembre. Ce plat fera bien malgré lui de l’ombre à la succulente pintade servie au même moment. Mention spéciale à ces très réussies chips de topinambour que j’ai dérobées à mon amie à son insu.
 

Impossible alors de ne pas commander une tranche de ce fameux pain maison au levain (levain que l’équipe de cuisine aura pris soin de prénommer Bruno !). Nous dévorons le tout, très soucieuses de la propreté de nos assiettes.
 

Un petit sorbet à la rhubarbe surmonté d’un sabayon à la tequila et d’une feuille de shiso viendra ponctuer ce festin et nous remettre en appétit pour la finale.
 

La tourte au chocolat, cuite à la commande et accompagnée d’un caramel salé, nous est servie encore chaude. Une glace à l’argousier vient rafraîchir le tout, alors que le grué de cacao apporte le croquant nécessaire pour atteindre l’équilibre auquel le chef nous a déjà habituées.
 

Centre de table et assiettes d’artisans du Québec font partie intégrante du spectacle, et il serait injuste de ne pas faire mention de l’impressionnant chariot à fromages. Mais c’est tout de même pour profiter de cette extraordinaire concentration de talent en cuisine que nous nous promettons de revenir très bientôt.

Ouvert du mercredi au samedi soir, le restaurant propose également une formule brunch originale le dimanche. Il est également possible de profiter d'une salle privée pouvant accueillir une vingtaine de personnes.

Légendes

★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

H4C

★★★★

$$$$, 538, place Saint-Henri, Montréal, ☎ 514 316-7234