Y’a d’la joie, avenue Lajoie, chez Alma!

Les deux copropriétaires d’Alma, Juan Lopez Luna et Lindsay Brennan, sont formidables. Le premier, Mexicain de Tlaxcala, aux fourneaux ; la seconde, venue du beau Vermont, aux tire-bouchons.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Les deux copropriétaires d’Alma, Juan Lopez Luna et Lindsay Brennan, sont formidables. Le premier, Mexicain de Tlaxcala, aux fourneaux ; la seconde, venue du beau Vermont, aux tire-bouchons.

Premier signe annonciateur de ce nouveau courant jubilatoire dans le quartier, à mon arrivée j’ai croisé, devant Alma, un voisin au superbe schtreimel qui a esquissé un sourire. J’aurais dû me douter que ce premier quasi-miracle serait suivi de quelque chose de très bien. Ce fut le cas avec ce souper chez Alma suggéré par ma fille et savouré impromptu.

Élise et ses amis sont formidables. Ils ont un appétit vorace, se réhydratent régulièrement et avec générosité, tout en faisant preuve d’une insatiable curiosité. À l’occasion, j’essaie de les suivre ; souvent en vain. En ce qui concerne l’imbibition et les coûts afférents, par contre, je n’essaie pas, mon budget ne le permettant pas.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir C’est un excellent endroit où l’on peut boire d’excellents vins tout en grignotant de succulentes petites choses.

Les deux copropriétaires d’Alma, Juan Lopez Luna et Lindsay Brennan, sont également formidables. Le premier, Mexicain de Tlaxcala, aux fourneaux ; la seconde, venue du beau Vermont, aux tire-bouchons. Juan cuisine comme un vrai chef ; son épouse est plus catalane que les Catalans et ses choix de bouteilles se marient parfaitement avec la cuisine très inspirée du chef. Je crois avoir lu quelque part « Alma, bar à vins », ce qui est faux. C’est un excellent endroit où l’on peut boire d’excellents vins tout en grignotant de succulentes petites choses.

Ils viennent d’ouvrir Alma, un petit restaurant qui va devenir une destination privilégiée pour qui recherche : 1. un menu simple et à des prix raisonnables ; 2. un cadre reposant ; 3. un service attentif et chaleureux ; 4. un choix de vins originaux. Avouez que c’est beaucoup. Tout est là chez ce petit nouveau.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Alma est un petit restaurant qui va vite devenir une destination privilégiée.

La maison aime la Catalogne et ça se goûte dans son menu cinq amuse-bouches et une quinzaine de petits plats, la plupart dans l’esprit des cuisines des deux versants des Pyrénées. Jambon ibérique et amandes à la rigueur, quoiqu’à 12 $ on puisse s’en passer, mais on est émus devant un autre amuse-bouche (5 petits dollars) appelé « Fenouil à la Yoyo », de belles bouchées de fenouil cru dans une huile d’olive, zeste de citron, fleur de sel et une poudre de fenouil brûlé. Laurence Manya Krief, alias Yoyo, vigneronne installée à Montesquieu des Albères, travaille ses vignes au cheval et à la mule et livre des vins à faire pleurer les abstinents. Le plat est en hommage à cette ambassadrice de Banyuls-sur-Mer, élégante manieuse de pioche et fée du moût Banyulenc.

Les propositions au menu sont présentées en formule tapas suffisamment généreuses pour deux personnes. Tous les plats brillent par leur fraîcheur, l’équilibre et la précision : pan con tomate avec anchois blancs ; piments shishitos grillés, pancetta, crème fumée, fleur de sel ; burrata, tomates cerises au charbon, mosto cotto ; thon saisi, radis, chips maison, mayonnaise au citron ; poulet de Cornouailles, asperges grillées, persil.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Les propositions au menu sont présentées en formule tapas suffisamment généreuses pour deux personnes.

Certains se démarquent encore, comme ces patatas bravas, fortes en paprika, couronnées de pieuvre grillée avec mayonnaise épicée d’une tendreté remarquable.

Ou ces raviolis faits maison, farcis de saucisse italienne relevée, servis avec une autre « salsa verde », fromage padano et chapelure rôtie avec ail et romarin qui vient de chez Farine (Le Devoir, mai 2016), autre adresse où le chef brille pendant la journée.

Ou encore ces quatre côtelettes léguées par des agneaux élevés dans les Cantons-de-l’Est, grillées et servies avec des oignons nouveaux et une sauce enluminée de basilic et de menthe. Zeste de citron, persil, huile d’olive, poivre et fleur de sel complètent parfaitement le tout.

Trois ou quatre desserts sont présentés de vive voix, mais rendus là personne — même pas les quatre jeunes affamés — n’a pu poursuivre. Mon intuition féminine me dit que ce doit être aussi délicieux. J’y retournerai par pur plaisir.

Ouvert en soirée, du mercredi au dimanche. De plus, le dimanche de 15 h à 17 h, formule « Vermut », un menu prix fixe de petits plats à partager, « à la barcelonaise ». Amuse-bouches de 5 $ à 12 $ et plats tout aussi amusants, mais un peu plus consistants, de 8 $ à 24 $. De cette carte des vins vraiment originale, Jean Aubry, docteur ès bibines de qualité, dit : « Les vins en importation privée commandent visiblement des prix élevés, mais le plaisir ici de s’en remettre à la sommelière est proportionnel au bonheur de se laisser porter. Jouissance assurée ici ! »

Alma

★★★ 1/2

1231, avenue Lajoie, ☎ 514 543-1363, $$$