5 bonnes raisons de cultiver ses champignons

Hélène Roulot-Ganzmann
Coordinatrice aux publications spéciales
Les pleurotes sont unanimement reconnus pour être simples à faire pousser et pour avoir un rendement fiable.
Photo: Getty Images, photomontage «Le Devoir» Les pleurotes sont unanimement reconnus pour être simples à faire pousser et pour avoir un rendement fiable.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Pas envie d’aller les cueillir en forêt ? Peur de tomber sur une variété dangereuse ou toxique ? Pourtant, les champignons que vous trouvez sur les étals ne vous impressionnent pas particulièrement par leur fraîcheur. Et si vous les cultiviez dans votre jardin ? Le fondateur des 400 pieds de champignon, Michaël Loyer, vous donne quelques trucs pour bien démarrer.

1. C’est peu exigeant

Après avoir remis votre jardin en état ce printemps — terreau, compost, paillis, semis, etc. — vous vous êtes réveillés un beau matin avec des champignons sur votre petit lopin de terre. Alors que vous avez d’ordinaire du mal à faire pousser quoi que ce soit sur votre terrain situé à l’ombre d’un érable centenaire aux racines affleurantes, les champignons, eux, semblent s’y plaire ! Normal, puisque ceux-ci ont besoin d’ombre et d’humidité, ce qui ne manque pas particulièrement au Québec durant l’été. « Si des champignons poussent spontanément, c’est probablement qu’il y avait du mycélium dans le terreau qui a été ajouté, explique Michaël Loyer. Le mycélium, c’est la partie végétative du champignon. J’ai l’habitude de dire que le mycélium, c’est le pommier et le champignon, la pomme. » On vous déconseille vivement de cueillir ces champignons spontanés pour en faire une poêlée, mais puisque vous avez l’air d’avoir le terrain adéquat, il ne vous reste plus qu’à faire pousser vos variétés préférées.

2. C’est vraiment facile

Surtout si vous commencez par les pleurotes, qui sont unanimement reconnus pour être simples à faire pousser et pour avoir un rendement fiable. Une fois le mycélium de pleurote — bleus, jaunes, roses, black pearl et Marie-Anne, une exclusivité des 400 pieds de champignons – acheté, il reste à le mettre au réfrigérateur durant 24 heures. Cela lui envoie le signal qu’il est temps de se reproduire. Après ce choc thermique, il est temps de passer au jardin. On enterre alors des morceaux de mycélium — qui se présente sous forme de filaments blancs — peu profondément. « Les champignons sont des décomposeurs, rappelle M. Loyer. Ils ont donc besoin de quelque chose à décomposer. Ils mangent principalement de la cellulose. On peut donc faire son substrat avec tout ce qui en contient : marc de café, drêche de brasserie, paille, copeaux de bois, cartons ou encore du papier. J’ai même réussi à en faire pousser sur de vieux jeans ! La terre, quant à elle, sert surtout à maintenir l’humidité. »

3. C’est économique

« Avec un bloc de mycélium, on peut cultiver des champignons sur une surface de 4 pi2, affirme Michaël Loyer. Dans les conditions idéales, on va avoir une récolte par semaine, et celle-ci peut atteindre les 600 grammes. » Assurez-vous cependant de récolter tous les champignons en même temps en une seule large grappe. La cueillette de quelques champignons à la fois pourrait causer la perte de ceux restants. Par ailleurs, certaines espèces, le pleurote bleu notamment, sont des vivaces. Ils se mettent en dormance l’hiver, et dès que les conditions de température et d’humidité redeviennent favorables, ils se remettent à produire.

4. C’est tellement meilleur

Les champignons que l’on trouve sur les étals des épiceries ont parfois été cueillis il y a plus de trois semaines avant de se retrouver dans un chaudron. Cultiver ses champignons, c’est avoir l’assurance de les manger frais et d’en savourer ainsi leur goût unique. Boisé ou terreux, fondant ou ferme, le champignon frais évolue vers une texture plus croustillante une fois mis dans la poêle. Les champignons contiennent par ailleurs environ 80 % d’eau et sont très peu caloriques et riches en fibres, en vitamines, potassium, cuivre et zinc.

5. C’est écologique

Au fur et à mesure des cueillettes, le mycélium devient moins vigoureux. Lorsque la récolte n’est plus satisfaisante, celui-ci demeure excellent pour être utilisé comme compost. Il joue là aussi son rôle de décomposeur en agissant notamment sur les matières qui résistent aux bactéries. Il est par ailleurs apte à travailler dans un compost plus sec, là où les autres décomposeurs ont abandonné la partie. Il est alors grand temps de renouveler l’expérience de jardinage avec un mycélium frais. Et puisque le pleurote a été un succès, pourquoi ne pas tenter le coup avec une autre variété ? Shiitake, enoki, crinière de lion, pholiote, cèpe ou encore le classique champignon de Paris font partie des candidats idéaux.

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