Lumière naturelle ou artificielle pour les semis?

Dany Bouchard
Jardinier et formateur à l’Académie potagère, academiepotagere.com
C’est le moment de jardiner dans la maison avec nos semis intérieurs et si vous les démarrez vous-mêmes, ils auront besoin d’une bonne dose de lumière.
Photo: Markus Spiske/Unsplash C’est le moment de jardiner dans la maison avec nos semis intérieurs et si vous les démarrez vous-mêmes, ils auront besoin d’une bonne dose de lumière.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Faire pousser ses légumes à la maison, dans son petit ou grand jardin, en bac ou en terre, sur le balcon ou dans la cour — les jardiniers en herbe ont été plus nombreux que jamais l’été dernier. Mais les pouces ne deviennent pas verts dès qu’on les met en terre. Afin de nous donner les meilleures chances de réussir nos potagers cet été, et surtout d’en tirer un maximum de plaisir, nous proposons une série de chroniques avec le jardinier et formateur de l’Académie potagère Dany Bouchard, qu’on a pu connaître dans la série documentaire Les fermiers. Toutes les deux semaines, en suivant le calendrier de production, le jardinier nous offre ses trucs et astuces.


 

Chaque printemps, je me fais surprendre. Bien malgré moi, j’oublie le bonheur que m’apportent les minutes transformées en heures de clarté quotidiennes. Et que dire du soleil ? Sa lumière est indispensable à plusieurs égards, surtout lorsqu’on rêve à notre futur potager. En attendant ce jour, c’est le moment de jardiner dans la maison avec nos semis intérieurs. Si vous les démarrez vous-mêmes, ils auront besoin d’une bonne dose de lumière.

Lumière naturelle ou artificielle ?

Il n’y a rien comme la lumière naturelle. Les plantes ont évolué pour transformer cette énergie et l’utiliser à son plein potentiel. La qualité de la lumière du soleil est difficile à imiter parfaitement. Son intensité est incomparable et elle couvre un spectre de couleurs très large en fonction de l’heure de la journée.

L’enjeu avec la lumière naturelle pendant la période des semis n’est pas sa qualité, mais la quantité disponible. Bien que les journées soient désormais plus longues qu’en décembre, il reste qu’on se trouve exactement à mi-chemin entre les deux solstices. Seulement 12 heures séparent le lever et le coucher du soleil, alors que les plantes potagères souhaitent jusqu’à 16 heures de lumière par jour. Et par journée nuageuse, la quantité de lumière qui se rend jusqu’à nos plantes est minime.

Une source de lumière artificielle permet alors d’assurer une constance dans l’apport de cette énergie, en cette période de l’année. Par expérience, nous savons que la stabilité d’une lumière artificielle de qualité offre de meilleurs résultats qu’un soleil intermittent au printemps dans la maison.

Le bord de la fenêtre est-il suffisant pour les semis ?

Avez-vous déjà tenté l’expérience ? Peut-être en êtes-vous arrivés au même constat que moi : les plants qui ont poussé sur le bord d’une fenêtre ne ressemblent pas à ceux qu’on retrouve en pépinière. La lumière reçue en bordure d’une fenêtre, même si celle-ci est orientée au sud, est principalement indirecte, donc insuffisante pour bien nourrir la plante. Les semis qui y poussent seront plutôt allongés, pâles et frêles. C’est dû à l’étiolement causé par le manque de lumière. Au lieu de se concentrer à faire de la photosynthèse, ils partent en quête de la source de lumière la plus proche.

Il est préférable de compenser le manque de lumière et d’apporter de la stabilité par l’ajout d’une lumière artificielle de qualité. De cette façon, on permettra à nos plants d’atteindre leur plein potentiel. Un plant en santé est généralement vert foncé et trapu.

Choisir la bonne lampe horticole

Vous trouverez des lampes horticoles chez des pépiniéristes et des boutiques spécialisées. Pour une surface de 60 cm par 120 cm à éclairer, prévoyez environ 150 $. Ces lampes vous seront utiles pendant plusieurs années. Vous pourrez même cultiver des micropousses ou vos fines herbes préférées en hiver. Qui a dit que les verdures étaient réservées à la saison estivale ?

Comme ces lumières représentent un investissement non négligeable, vous pouvez prévoir de vous équiper petit à petit sur plusieurs années afin d’en amortir les coûts. Entre-temps, les plants que vous avez en trop, selon l’espace que vous avez sous les lampes, peuvent être localisés sur le côté de la fenêtre. Prenez alors le temps de faire une rotation des plants entre la fenêtre et les lampes pour ainsi partager cette belle luminosité.

Dans ma dernière chronique, j’ai comparé les semis à la confection du pain. On pourrait maintenant comparer la quantité la lumière à un four : imaginez un four qui varie en température sans jamais atteindre celle voulue. Le pain qu’on y enfournerait risquerait de ne pas ressembler à l’image de la recette ! Le four comme la lumière artificielle permettent d’offrir des conditions optimales et ainsi d’augmenter nos chances de réussite. Et peu importe le choix que vous faites, tâchez d’offrir le plus de lumière possible à vos semis. Ils ne peuvent pas en avoir trop.

Pour les apprentis jardiniers

Les Jardins-jeunes sont un programme de jardinage estival pour les jeunes de 8 à 15 ans situé au coeur du Jardin botanique de Montréal. Les jardiniers en herbe qui y participent apprendront à s’occuper d’une parcelle de jardin de manière autonome et à récolter le fruit de leur travail grâce à l’accompagnement d’animateurs jardiniers hors pair. Les coûts d’inscription sont de 30 $ pour toute la saison. Et les places sont réservées rapidement !

 

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