Apprentis jardiniers, à vos semis !

Catherine Lefebvre Collaboration spéciale
Les semences ancestrales du coffret du Nutritionniste urbain, qui déplore la perte d'une grande partie des variétés des plantes dans les dernières décennies. 
Photo: Katya Konioukhova Les semences ancestrales du coffret du Nutritionniste urbain, qui déplore la perte d'une grande partie des variétés des plantes dans les dernières décennies. 

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Alors que les journées allongent à pas de tortue, c’est le temps de commencer à planifier nos semis pour la prochaine saison des récoltes dans notre propre jardin, qu’il soit dans une grande cour ou sur un petit balcon. Quelques points sur lesquels se pencher pour bien planifier et bien choisir ses semences.

Faire un potager est un exercice concret pour prendre conscience du précieux travail des agriculteurs. Nous constatons rapidement que plusieurs éléments, parfois hors de notre contrôle, influencent la croissance et la production de notre jardin. Pluie abondante, pas de pluie pendant des semaines, trop de soleil, pas assez de soleil, insectes, moisissures et autres aléas de la nature nous rappellent que les fruits et légumes ne poussent pas par magie. Toutefois, pour faciliter nos expériences de jardinage, il importe de bien se préparer, de s’outiller et de prendre des notes !

Être réaliste

Avant même de choisir nos semences, il faut d’abord planifier notre jardin. Par exemple, nous devons prévoir un espace, connaître le temps d’ensoleillement de celui-ci et déterminer le temps réel que nous disposons pour prendre soin de notre jardin. C’est pourquoi Sophie Descôteaux, de la Ferme coopérative Tourne-Sol, invite les apprentis jardiniers à demeurer réalistes : « L’erreur la plus commune est de voir trop grand, dit-elle. L’espace physique d’un jardin a ses limites, et le jardinier aussi. C’est un nouveau rythme de vie qui doit s’apprivoiser. »

Une fois que nous avons pris le pouls de notre réalité, c’est le temps de sélectionner judicieusement ce que nous allons planter. « Le plus important est de choisir des légumes et des fruits qu’on aime manger, précise Bernard Lavallée, alias Le nutritionniste urbain, aussi auteur du Petit guide illustré du potager.

Selon les légumes choisis, nous pouvons ensuite établir notre calendrier en fonction des recommandations du semencier. Par exemple, il est préférable de faire nos semis de tomates dès la mi-mars, étant donné leur cycle de vie plutôt long. Il en va de même pour les aubergines, les poivrons et les piments, comme de la plupart des plantes tropicales. Alors que des plantes comme les haricots et les courges peuvent être plantées directement à l’extérieur en début juin. Ce faisant, nous n’avons pas besoin de tout commencer en même temps. Nous pouvons ainsi apprivoiser chaque semis et nous ajuster au besoin en cours de route.

S’aider avec les bons outils

Selon les semences choisies, il faut ensuite avoir les bons outils. Sac de terreau pour semis à portée de main, nous aurons aussi besoin de petits pots pour planter les semences, des bâtonnets pour les identifier et un vaporisateur pour les arroser délicatement. Et cela n’a pas besoin de nous coûter un bras et une jambe. Dans Le petit guide illustré du potager, Bernard Lavallée propose une liste de matériel illustrée par Simon L’Archevêque. Pour créer un effet de serre, par exemple, il suggère de réutiliser un contenant en plastique de poulet rôti, de laitue ou de croissants.

Une fois que tout le matériel est rassemblé, il faut choisir la bonne terre. « La qualité des terreaux est super importante, explique le jardinier Yves Gagnon, des Jardins du Grand Portage et auteur du livre Le jardin écologique. On va dans des jardineries et on demande un terreau biologique pour semis. Ensuite, on repique dans un terreau de croissance. »

Puis, le choix de l’emplacement pour placer ses semis est aussi très important, puisque la majorité des plantes ont besoin de six heures de soleil direct par jour. « À la fin mars, il n’y a pas assez de lumière naturelle, ajoute-t-il. On peut prendre de simples tubes fluorescents blanc froid qu’on installe au-dessus des semis. »

Si l’idée d’avoir un jardin n’est pas forcément de devenir autosuffisant en fruits et légumes pendant l’été, cela a le mérite de nous rendre d’autant plus empathiques envers les gens qui nous nourrissent.  

Fête des semences en ligne

Du 3 au 7 février se tient la première édition en ligne de la Fête des semences de Montréal. L’événement est gratuit et comprend des tables rondes d’experts, des webinaires et des foires aux questions avec semenciers. L’achat de semences en ligne est aussi possible.

Pourquoi choisir des semences ancestrales ?

Trois experts répondent à cette question

« Acheter d’un semencier local ou régional, c’est acheter l’assurance que la variété a été testée dans sa région et qu’elle a connu un succès. C’est aussi découvrir de nouvelles variétés qui deviendront peut-être nos coups de coeur dans le futur ! Et qui sait, peut-être aurons-nous envie d’en conserver les semences ? » — Sophie Descôteaux

« Dans les dernières décennies, on a perdu une grande partie des variétés des plantes.
On a misé sur des variétés plus productives. Ces semences ancestrales avaient un bagage génétique. [Préserver la biodiversité] est un acte de sécurité et de résilience. C’est bien de conserver les semences. Mais il faut que ça reste vivant, que les gens les plantent. »
— Bernard Lavallée

« En ayant une grande diversité végétale, il y a des sujets qui ont des capacités de résistance. Cela permet donc de défier des maladies. [La biodiversité], c’est pour assurer la survie de l’humanité. » — Yves Gagnon

Le coffret potager, Le petit guide illustré du potager, ainsi que divers livrets de semences ancestrales par Le nutritionniste urbain sont offerts dans sa boutique en ligne.