Le nouveau visage de la fleur coupée au Québec

Évelyne Guindon et Clémence Rivard-Hiller de chez Origine, ferme florale
Photo: Origine, ferme florale Évelyne Guindon et Clémence Rivard-Hiller de chez Origine, ferme florale

Dans le mouvement du consommer local, voici deux entreprises de production de fleurs coupées qui ont vu le jour au Québec au cours des cinq dernières années. Tenues par des jeunes femmes passionnées, ces entreprises ont su proposer un produit frais et original, qui a tout de suite plu aux consommateurs et aux fleuristes. Elles ont de plus développé une mise en marché différente, celle de l’abonnement, comme pour le panier bio. Bienvenue chez Floramama et Origine, ferme florale.

Pour Chloé Roy, la douce jeune femme à l’origine de Floramama, le déclencheur a été le bouquet de fleurs reçu à son anniversaire de Jean-Martin Fortier et Maude-Hélène Desroches, de la Ferme de la Grelinette, où elle travaillait depuis deux ans. Elle souhaitait se lancer dans les légumes, mais elle découvre le plaisir des fleurs. Elle parle de son projet à Jean-Martin et à Maude-Hélène, qui l’encouragent. Alors, depuis cinq ans, elle plante et sème en champs et sous serres des fleurs pour nourrir l’esprit, comme elle dit si joliment. Artiste non assumée, me confie-t-elle, on sent néanmoins toute l’assurance de sa main lorsqu’elle compose sous mes yeux un magnifique bouquet aux couleurs pastel, à la touche romantique et d’aspect naturel, sa marque de commerce. Avec trois précieuses employées à temps plein en saison, Floramama produit sur un demi-hectare, de manière écologique, 50 variétés de fleurs, 250 bouquets par semaine et compte 150 abonnés. Elle utilise beaucoup d’annuelles et des bulbes et souhaite augmenter le nombre de vivaces. Elle fournit de nombreux fleuristes, heureux d’avoir des fleurs délicates produites localement, et les magasins Avril. On peut également la trouver au Marché fermier de la station du métro Laurier, le jeudi. La ferme florale située à Frelighsburg n’est pas ouverte au public.

Photo: Lise Gobeille Chloé Roy de chez Floramama

Amies depuis une dizaine d’années, Clémence Rivard-Hiller et Évelyne Guindon me parlent avec enthousiasme au téléphone de leur entreprise, Origine, ferme florale. Ce fut d’abord Clémence, qui, il y a quatre ans, s’embarqua à petits pas dans cette aventure sur la terre familiale, à Saint-Joseph-du-Lac. Évelyne, attirée par le projet, venait lui donner un coup de main quand elle était disponible. De la plantation à la mise en marché, elles se rendent compte qu’elles se complètent merveilleusement et décident de devenir partenaires. Leur complicité se sent même au téléphone. « Nous sommes arrivées au bon moment, racontent-elles en choeur, car la réponse est excellente. Dans la couronne nord, les designers et les fleuristes nous ont accueillies à bras ouverts, contents d’avoir des couleurs et des textures inédites pour créer de nouvelles atmosphères. » Sur un peu plus d’un demi-hectare avec l’aide de la famille, entre autres de parents récemment retraités, disent-elles en riant, et des amis, elles cultivent de manière écoresponsable plus d’une trentaine de sortes de plantes, surtout des vivaces, des arbustes et des arbres fleuris.

Origine propose des abonnements, mais c’est complet pour cette année, comme chez Floramama d’ailleurs !

Les trois femmes disent avoir été inspirées par la Floret Flower Farm et par le Slow Flower Movement. Fondée en 2008, cette ferme florale familiale « modèle » est située dans l’État de Washington aux États-Unis. Quant au Slow Flower Movement, c’est un mouvement américain et canadien qui répond, comme pour celui de l’alimentation, à la déconnexion de l’humain aux fleurs à l’ère moderne. Une prise de conscience qui nous amène à réaliser que nos fleurs proviennent de contrées lointaines, même en saison ! Que pour la fraîcheur, on repassera, car elles ont souvent voyagé pendant des jours, et qu’en plus elles ont, la plupart du temps, été aspergées par de grandes quantités de pesticides.

Au jardin

Voilà le temps de diviser deux vivaces de nos jardins : l’iris barbu, nommé ainsi car il a des poils sur ses sépales retombants, et la pivoine. Si vous ne savez pas comment faire pour l’iris, je vous recommande le site espacepourlavie.ca/division-des-vivaces. Pour la pivoine, je vous avertis que ce sont des plantes qui n’aiment pas être divisées ou déplacées. Elles mettent par la suite beaucoup de temps à s’en remettre. Néanmoins, si vous y tenez, je vous recommande l’explication détaillée de Larry Hodgson, le jardinier paresseux.

Autre sujet, si votre plant de concombre a fondu sous vos yeux, la responsable est la chrysomèle rayée ! Ce joli insecte de 5 mm, au corps jaune ou orange, rayé de trois bandes noires, transmet, en broutant le feuillage, une flétrissure bactérienne qui fait faner le feuillage en un temps record. J’ai dû arracher mon plant cette semaine. Ce coléoptère, qui aime toutes les cucurbitacées, est difficile à contrôler à l’aide de méthodes naturelles.

À lire

Reine de miel
Simon Paradis, Marchand de feuilles, Montréal, 2018, 347 pages

Un roman, ce n’est pas mon créneau, mais je n’ai pu résister et on y parle indirectement de fleurs, alors je me permets. Sujet rarement abordé et original, c’est l’histoire fascinante d’une famille d’apiculteur québécoise à travers le temps. Captivant.


100 fiches plantes aromatiques
Andrew Mikolajski, Collection : Nains de jardin, Marabout, Paris, 2018, 23 pages

J’aime les livres de cette collection. Ils sont simples, beaux, pratiques et pas chers. Il ne faut toutefois pas se fier aux recommandations pour la rusticité, car ils ne sont pas adaptés au Québec.