Quand le chic contemporain rencontre le patrimoine ouvrier de Griffintown

Émilie Corriveau Collaboration spéciale
Photo: Brickfields

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Riche témoin d’une époque où Montréal était une ville industrielle, Griffintown est depuis quelques années en pleine transformation. Désireuse de mettre en valeur le patrimoine de ce quartier, mais également de contribuer à son évolution, l’entreprise Maître Carré a créé un projet immobilier à la hauteur de ses ambitions. Tour guidé du Brickfields.

Situé à l’angle des rues de la Montagne et Wellington, le terrain où sera construit le Brickfields s’étend sur 10 000 pieds carrés. Jusqu’à récemment, ce dernier accueillait la plus ancienne demeure du quartier, soit la Maison Keegan construite vers 1825, un quadruplex datant de 1862, un immeuble qui abritait notamment le restaurant McDougall ainsi qu’un triplex construit au début du XXe siècle. Ce sont ces quatre bâtiments, qui ont déjà eu fière allure, qui ont donné le ton au projet.

« On voulait conserver la maison, alors on s’est cassé la tête pour l’inclure dans nos plans, explique Hugo Girard-Beauchamp, président de Maître Carré. On l’a déplacée temporairement sur un autre site pour pouvoir la réintégrer plus tard au projet. On voulait aussi recréer fidèlement les autres constructions avoisinantes de l’époque, mais c’était impossible pour nous de restaurer les originales. Le problème, c’est qu’elles étaient beaucoup trop délabrées et qu’elles avaient été trop altérées au cours du XXe siècle pour que ce soit faisable. On a donc décidé de reproduire la ligne paysagère de l’époque. »

Pour ce faire, l’équipe de Maître Carré, secondée par la firme Forme Studio Architectes, a imaginé un projet mixte de quatorze étages dont la façade au niveau du sol, constituée de briques rouges, sera à l’image des anciennes constructions qui y trônaient.

Dans le même esprit, on trouvera au rez-de-chaussée de l’immeuble un commerce de détail, probablement un restaurant, un café ou une épicerie fine, pour rappeler le diner qui y était autrefois. « On veut que ce commerce-là contribue à l’énergie du secteur, qu’il crée un certain dynamisme », indique M. Girard-Beauchamp.

Dans la rue de la Montagne, la Maison Keegan, complètement restaurée, servira de hall d’entrée au projet résidentiel Brickfields.

Les quatre premiers étages du bâtiment seront pour leur part occupés par des bureaux en copropriété. L’architecture de cette partie de la tour sera très contemporaine, mais se mariera fort bien à celle de la façade inférieure. Les lieux bénéficieront d’une fenestration très abondante grâce à des murs rideaux. Leur entrée sera située dans la rue Wellington et sera complètement indépendante du reste de la tour.

« Le traitement de ces espaces est assez flyé, commente le président de Maître Carré. Les bureaux sont à vendre plutôt qu’à louer. On a énormément de demandes d’entrepreneurs qui veulent être propriétaires. Disons que ce sont des espaces très populaires ! »

Quant à la section supérieure de la tour (étages 6 à 14), elle abritera une quarantaine de vastes unités d’habitation comprenant de une à quatre chambres. Inspirée d’une construction d’Oslo en Norvège, elle aura une allure franchement moderne.

« C’est un bâtiment qui est vraiment déconstruit, asymétrique et différent de ce qui se fait actuellement dans le quartier, observe M. Girard-Beauchamp. Les architectes ont beaucoup joué avec les volumes et ça donne quelque chose de très intéressant. »

Pour concevoir les intérieurs et les espaces communs du Brickfields, Maître Carré a fait appel aux services du designer Marc Bherer, associé à la firme Desjardins Bherer. Celui-ci a créé des espaces très intimistes où la quiétude sera à l’honneur. Il a notamment imaginé une cour intérieure à l’anglaise largement végétalisée et s’articulant autour d’une fontaine, ainsi qu’une terrasse sur le toit où un grand potager pourra être utilisé par les résidents de la tour.

« Marc Bherer, c’est un jeune designer très talentueux qui n’avait jamais pris part à un projet d’une telle envergure et c’est précisément ce qui m’attirait, note le promoteur. Je ne voulais pas de prémâché, je voulais vraiment qu’il propose quelque chose d’à la fois intemporel et inédit. Je voulais qu’il amalgame le chic de bon goût au contemporain, à l’actuel. Je pense que c’est réussi ! »

Ventes et échéanciers

Bien que les unités du Brickfields ne soient en vente que depuis environ trois mois, plus de 40 % de ces dernières ont déjà trouvé preneurs. Pour se procurer l’un des condominiums encore disponibles, les acheteurs devront débourser un minimum de 250 000 $ avant les taxes. Quant aux stationnements, ils sont offerts à partir de 38 000 $. Si tout se passe comme prévu, les travaux débuteront cet hiver et la livraison des premières unités aura lieu à l’été 2017.