Dans la cuisine… d’Isabelle Deschamps Plante

«C’est ma mère qui m’a donné le goût de bien manger et de cuisiner», raconte la cheffe Isabelle Deschamps Plante.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir «C’est ma mère qui m’a donné le goût de bien manger et de cuisiner», raconte la cheffe Isabelle Deschamps Plante.

Ils sont chefs, maraîchers, pêcheurs, chasseurs, photographes ou vignerons. Ils sont tous immensément curieux des saveurs du Québec. Le Devoir est allé à leur rencontre pour connaître leurs coups de coeur, leurs récentes découvertes et fouiner un brin dans leur cuisine et leurs souvenirs ! Aujourd’hui, incursion dans l’univers gourmand de la cheffe Isabelle Deschamps Plante.

À l’écran, vous êtes associée à Ricardo et à l’émission Les chefs !, mais loin des caméras, vous avez aussi embrassé le rôle de marraine pour un nouveau programme à l’École hôtelière de la Capitale. Qu’est-ce que ça fait de retourner aux sources ?

Le programme Pâtisserie du terroir a comme but d’amener les élèves à la rencontre de producteurs. Et parler aux producteurs, j’adore ça ! Nous sommes allés voir, par exemple, les camerises. Comprendre tout le travail qu’il y a à faire pour récolter le petit fruit, ça aide à bien travailler le produit et à le respecter. Je trouve ça vraiment tripant comme programme, parce qu’en plus d’apprendre les bases de la pâtisserie, ils en apprennent beaucoup sur les produits et sur la passion des producteurs.

Vous êtes née à Saint-Laurent-de-l’Île-d’Orléans. À quoi ressemblait votre univers culinaire lorsque vous étiez jeune ?

J’ai vécu entourée de terres agricoles. Ma mère faisait un immense jardin avec ses deux soeurs. L’automne, on faisait les conserves, on s’installait dans le salon sur une catalogne pour écosser tous les petits pois et les congeler. J’ai grandi là-dedans. Quand j’étais petite, je ne comprenais pas pourquoi je ne mangeais pas de relish vert fluo ! (Rires) Avec ma mère, s’il y avait une chose que je ne connaissais pas à l’épicerie, elle l’achetait. Je me rappelle ma première mangue ! C’est ma mère qui m’a donné le goût de bien manger et de cuisiner.

Quel plat ou quelle saveur a changé votre vie ?

Les petits fruits. Depuis que je suis jeune, je capote sur les fraises et les framboises. Je pense que c’est parce que je suis née là-dedans ; j’en ai ramassé, j’en ai vendu, ma mère faisait de la confiture. J’attends toujours la saison des petits fruits avec impatience.

Quelle est votre madeleine de Proust ?

Les tartes. Tarte aux bleuets, tarte aux pommes, tarte au sucre… Ma mère en faisait avec ma tante sur la table de la cuisine. Étrangement, c’est quelque chose que je vais faire dans le cadre de mon travail, mais pas à la maison. Quand je passe à l’île d’Orléans, je vais à la ferme François Gosselin et je me prends des tartes, qui sont encore faites par des grands-mamans !

À quel moment le terroir québécois est-il devenu important pour vous ?

Les produits de la forêt boréale et l’importance de les mettre dans notre assiette, c’est vraiment apparu lorsque je suis devenue cheffe pâtissière et que je me suis mise à créer des menus. Par exemple, j’utilise le mélilot au lieu de la vanille, et lorsqu’on a ouvert les cafés Ricardo, les gens posaient beaucoup de questions [sur cette plante]. On s’est donc mis à en vendre à la boutique. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est notre rôle, en restauration, de faire le lien entre les producteurs et les consommateurs.

À quoi ressemble votre cuisine ?

C’est une cuisine avec un grand îlot, deux congélateurs pleins, un frigo et trop de choses dans le garde-manger ! Mon copain me dit qu’on ne peut plus acheter d’affaires, parce qu’on n’a plus d’espace ! Le style est moderne. L’îlot est blanc, les murs sont noirs, les armoires sont en noyer. C’est très « velours ». On a une minicour qu’on exploite au maximum. On a planté des fleurs comestibles, des arbres fruitiers, et on s’est installé une cuisine extérieure. Pas la grosse affaire, là ! Un ami nous a coulé des comptoirs en béton, on a encastré nos deux barbecues ; un au charbon et un au propane. On a aussi un four à pizza et on s’est mis un lavabo. L’été, on cuisine tous les jours dehors. L’été est tellement court, on veut en profiter. On a aussi un bar pour recevoir les amis pour l’apéro. On reste dehors jusqu’à tant qu’ils s’en aillent !

Quelle est votre spécialité ?

Les gens me demandent souvent des desserts. Lorsque j’ai participé aux Chefs !, on m’a classée comme pâtissière, mais je suis plus cuisinière que pâtissière ! J’aime beaucoup faire des pâtes et des risottos. Mon prochain voyage sera en Italie !

Quel est l’outil de cuisine dont vous ne pouvez pas vous passer ?

Ma râpe Microplane ! Je suis une fan de zestes, j’en mets partout.

Et quel est votre ingrédient indispensable ?

Le sirop d’érable. Je m’en sers dans les vinaigrettes, avec les légumes, en dessert.

Avez-vous un plaisir coupable ?

La crème glacée à la gomme balloune ! Celle qui est rose et bleue avec des gommes un peu fatiguées dedans. J’adore ça !

Quelle est votre récente découverte ?

Le restaurant Fleurs et Cadeaux [à Montréal] ; je trouve ça le fun le choc entre la devanture et la décoration à l’intérieur. J’y suis allée deux fois et j’y retourne prochainement. La mousse à l’oursin est folle !

Avez-vous une adresse coup de coeur à nous faire connaître ?

Champignons Charlevoix, à La Malbaie. Leur pot de pleurotes épicés, depuis qu’on en a acheté, on capote ! En apéro, sur une pizza ou dans des pâtes, oh la la ! On a visité leurs installations, c’est vraiment cool comme place.

Si vous preniez la route, vous iriez…

Dans le Kamouraska. Je n’y suis jamais allée. Autant pour aller voir la super épicerie de Marie-Fleur St-Pierre et Christian Bégin qu’un stand à tacos que j’ai vu passer sur les réseaux sociaux. C’est en effervescence dans ce coin-là. Rivière-du-Loup, l’est du Québec… J’irais jusqu’à la cantine côtière de Colombe St-Pierre.

Où aimeriez-vous être attablée en ce moment ?

J’aimerais aller manger de la bouffe de rue en Thaïlande. J’aime le street food, j’aime la bouffe thaïe. Après l’Italie, c’est ma prochaine destination !

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