​Yatai MTL, la cuisine de rue nipponne débarque en ville!

Sophie Ginoux
Collaboration spéciale
Après 2 ans d'absence en raison de la crise sanitaire, les kiosques de cuisine de rue japonaise sont de retour.
Photo: Yatai MTL Après 2 ans d'absence en raison de la crise sanitaire, les kiosques de cuisine de rue japonaise sont de retour.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Les Québécois sont friands de cuisine asiatique, même s’ils n’en connaissent souvent que quelques spécialités. Pour exciter notre curiosité et titiller nos papilles, rien de tel que le festival japonais Yatai MTL, qui animera des boutiques, des restaurants et des rues montréalaises entre le 6 et le 12 juin.

La cuisine japonaise est loin de se résumer aux sushis, aux ramens et au karaage, ce poulet frit si populaire depuis quelque temps. « En fait, les Japonais consomment surtout des sushis lors de rassemblements familiaux. Au quotidien, ils préfèrent des mets plus rapides, pratiques et moins chers, que l’on peut trouver dans les yatais », explique d’emblée la sommelière en sakés et experte culinaire Kuniko Fujita, ambassadrice du festival Yatai, dont le volet cuisine de rue aura lieu du 10 au 12 juin au Marché des Possibles et à l’Entrepôt77 adjacent, dans le Mile-End.

Yatai, l’alimentation des hommes… et des dieux !

Fondé en 2018 pour faire découvrir un pan à la fois simple et festif de la cuisine japonaise, le festival Yatai se veut le reflet d’événements communautaires qui pullulent au pays du Soleil levant. À l’origine, au XVIIIe siècle, les yatais étaient de petites échoppes où les travailleurs qui s’activaient à l’extérieur venaient se nourrir. Puis, ils sont devenus incontournables après la Deuxième Guerre mondiale, alors que le marché noir battait son plein. Ce dernier a depuis cédé sa place à des rendez-vous grand public où la bombance et l’esprit bon enfant dominent.

« Il faut aussi savoir, ajoute Mme Fujita, que les dieux japonais (il en existe au moins huit millions !), liés à tout ce que nous touchons, adorent les quartiers animés et les bonnes bouffes. Alors, les yatais sont une manière de les accueillir et de partager ces mets avec eux. »

Le festival Yatai de Montréal est donc assez fidèle à l’état d’esprit qui règne dans les événements japonais. « C’est un espace de rencontres, de gourmandise et de fun, avec une énergie vraiment particulière », confirme Hideyuki Imaizumi, chef propriétaire des restaurants Marusan et Fleurs & Cadeaux. Ce dernier, qui participe au festival depuis ses débuts, est très attaché à cet événement. « Il constitue une occasion idéale pour partager mes racines et les faire découvrir à un grand nombre de personnes. » On dénombre effectivement 5000 festivaliers par jour en moyenne à cet événement.

Au menu de Yatai

 

Les Français ont leur baguette jambon beurre, les Belges leur cornet de frites, les Mexicains, leurs tacos. Chaque pays possède ses propres spécialités de cuisine rapide et/ou de rue. Comment se déclinent-elles au Japon ?

On y retrouve les ramens, ces soupes constituées d’une variété de bouillons, de nouilles chinoises, d’une viande (souvent une tranche de porc grillé), de légumes, d’algues et d’un œuf. « Mais en été, les Japonais apprécient aussi la version froide de cette recette, le nakamichi », précise Kuniko Fujita.

Photo: Yuri Iwakiri Un bol de nakamichi

Le karaage (poulet frit), que l’on mange tel quel ou que l’on trempe dans une sauce à base de soya et de sésame, est aussi populaire dans les yatais. Mais il est impossible de ne pas être attiré par la version boucanée de ce volatile, les yakitoris. Ces brochettes constituées d’ailes et de morceaux (de la taille d’une bouchée) de poulet sont grillées sur des barbecues devant les clients… et excitent les appétits ! « Les gens adorent le show qu’on donne et ont souvent très faim », confirme en riant le chef Hideyuki Imaizumi, qui en prépare chaque année pendant le festival montréalais. Quel est son secret ? « En dehors du fait que j’adore le feu et la fumée, je marine mes morceaux de poulet sous vide avec de l’eau salée avec du sel japonais, ce qui les rend beaucoup plus croustillants à la cuisson », confie-t-il.

D’autres mets salés que nous connaissons moins sont aussi très appréciés dans les yatais. On peut penser aux takoyakis, des boulettes de pâte à base de farine de blé de trois à cinq centimètres de diamètre et qui sont farcies de morceaux de poulpe grillé. On les cuit sur une plaque sphérique spéciale, et elles se dégustent très chaudes.

Les Japonais disposent également de leurs propres versions du sandwich, qu’ils interprètent avec des œufs (tamago) en petits morceaux ou bien avec du porc pané (katsu) mélangé avec du chou. « Mais les gens adorent aussi le spectacle lié à la préparation des yakisobas, des nouilles sautées sur de grandes plaques avec de la viande (surtout du porc) et des légumes, indique Mme Fujita. Les cuisiniers exagèrent leurs gestes pour impressionner les visiteurs, et ça marche ! »

Desserts et alcools

 

On n’associe pas souvent la nourriture asiatique aux desserts. Pourtant, au Japon, ils sont populaires et ont des caractéristiques spécifiques. « Ils sont moins sucrés qu’ailleurs et sont constitués d’ingrédients différents, comme des haricots rouges, de la farine de riz, du thé matcha ou du koji, un sucre naturel à base de champignons que l’on utilise aussi dans des condiments », explique l’experte.

Les Japonais disposent donc d’une variété de gâteaux — dont le fameux gâteau au fromage japonais cuit à la vapeur, beaucoup plus léger que le nôtre —, de parfaits, de crèmes glacées, de smoothies et de fruits confits.

Quant aux alcools, ils font partie intégrante des yatais. « Les sakés étaient peut-être des boissons religieuses à l’origine, mais ils sont devenus incontournables lors des événements au Japon », confirme Kuniko Fujita. Ils seront donc du festival montréalais, de même que des bières et du whisky japonais, dont la réputation transcende largement les frontières nipponnes.

Et maintenant que la table est mise, il ne vous reste plus qu’à prononcer correctement « itadakimasu ! », utilisé pour se souhaiter bon appétit en japonais. Bon festival !

Le Petit Marché de Corée

Le Consulat Général de République de Corée organise un festival culturel pour la première fois à Québec ! Spectacles de musique, de danse et de chant, activités de bricolage, ateliers et gastronomie seront au menu pour mieux connaître la culture traditionnelle coréenne.

 

Le Petit Marché de Corée se tiendra à Québec les 4 et 5 juin, au Grand Marché de Québec.

 

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