Un voyage gourmand dans les Alpes

Catherine Lefebvre
Collaboratrice spéciale
Un déjeuner en terrasse au restaurant Rifugio Col Alt, situé dans les Alpes italiennes
Photo: Christina Holmes Un déjeuner en terrasse au restaurant Rifugio Col Alt, situé dans les Alpes italiennes

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Pendant six ans, l’autrice Meredith Erickson a parcouru les Alpes, de l’Autriche à la France, en passant par la Suisse et l’Italie pour répertorier, raconter et partager le meilleur de la cuisine alpine. Entrevue sur fond de recettes réconfortantes, de rencontres passionnantes et de lieux incontournables à visiter, en hiver comme en été.

Pourquoi avez-vous écrit sur la cuisine alpine ?

J’ai commencé à visiter les Alpes vers 2011, quand je travaillais avec Fred [Morin] et Dave [McMillan]. Je me souviens d’être allée en Autriche et en Italie, et d’avoir mangé incroyablement bien en altitude. Il y avait des pâtes fraîches, des saucisses locales et des cartes des vins incroyables. J’ai donc eu envie de faire un carnet de voyage pour retranscrire toutes les expériences que je venais de vivre. Si écrire un livre comme Joe Beef m’a pris deux bonnes années, celui-ci m’a plutôt pris six ou sept ans, parce que j’ai compris que, si je le faisais, c’était pour écrire LE livre. Je voulais parler de quatre pays : l’Autriche, l’Italie, la Suisse et la France, et inclure des cartes, de bonnes adresses… Ce projet est donc devenu une sorte de beau monstre.

Selon vous, qu’est-ce qui distingue les quatre pays visités ?

Chaque pays était complètement différent. Dans la cuisine alpine autrichienne par exemple, il y a beaucoup d’argent sterling, et le service est très minutieux. Côté cuisine, on pense souvent au kaiserschmarrn, une crêpe moelleuse et hachée servie dans une poêle à frire. Vous pouvez la servir salée, mais elle est habituellement servie sucrée avec une compote de prunes. Mais à la base, c’est un plat viennois.

En Suisse, la cuisine est très authentique et extrêmement locale. Si vous faites de la fondue ou de la raclette en Suisse, vous irez dans une boutique où l’on vous dira que tel fromage est fabriqué à partir du lait de quelque 300 vaches de la région. C’est ce qui rend la fondue et le fromage de là-bas si uniques et si personnalisés.

Du côté de l’Italie, il y a la Vallée d’Aoste et le Piémont au nord-ouest, où les vins et les miels sont très intéressants. Et de l’autre côté, ce sont les Dolomites, où il y a tous les vergers. Dans cette région, j’ai goûté à une soupe au pain au restaurant El Brite de Larieto. C’est l’un des plats que j’ai le plus aimés là-bas. La soupe est faite de pain et de chicorée avec un œuf poché sur le dessus. C’est délicieux et campagnard, mais tout à la fois élégant et inattendu.

En France, c’est beaucoup plus rustique. Comme je suis originaire de Montréal, cette cuisine a évidemment une place spéciale dans mon cœur. Quand je pense aux Savoyards, il y a ce côté « cuisine de maman ». Tout est gros, tout est bien beurré et délicieux. La générosité et l’hospitalité des gens sont exceptionnelles. Il y a aussi beaucoup de vermouths et de liqueurs alpines différents, comme la chartreuse, la liqueur alpine par excellence !

Chaque pays apporte quelque chose d’unique au paysage et à la cuisine des Alpes.

Que retenez-vous de vos rencontres avec les chefs et les artisans des Alpes ?

Que la montagne est accessible à tous ! Les Alpes ont souvent la réputation d’être une destination de luxe. Or, on y trouve des gens très humbles et parfois même des gens qui ne descendent jamais de la montagne pendant toute la saison hivernale.

Mon processus d’écriture était donc de tout voir et de tout essayer. Si vous êtes dans la vingtaine, je veux m’assurer que vous passerez un séjour incroyable tout en respectant votre budget. Si vous partez pour un 70e anniversaire et que c’est le voyage de votre vie, j’ai aussi prévu quelque chose en conséquence.

Ce livre est un carnet de voyage et il est censé vous inspirer longtemps, pour que vous puissiez créer toutes sortes d’itinéraires. Je l’ai écrit pour rendre les gens heureux. Mon souhait est que, lorsqu’ils le parcourent, ils ressentent un peu de soleil et un peu d’espoir au fil des pages.



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