Le festival Montréal en lumière, ou savourer la nordicité

Catherine Lefebvre
Collaboration spéciale
Malgré la situation sanitaire des derniers mois, le festival compte tout de même 20 restaurants participants.
Photo: Montréal en lumière Malgré la situation sanitaire des derniers mois, le festival compte tout de même 20 restaurants participants.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Le festival de la gastronomie montréalaise revient à une formule plus « normale » que celle de 2021. Les chefs de la métropole recevront surtout des chefs québécois, et ils créeront des menus extraordinaires afin de célébrer la cuisine d’ici, qui se laisse de plus en plus guider par notre nordicité.

Ode à la cuisine boréale

Quel bonheur de retrouver les salles à manger de nos restaurants préférés ! Voilà déjà une belle occasion de célébrer tous les artisans au cœur de notre gastronomie unique. Étant donné la situation sanitaire des derniers mois, il faudra toutefois attendre la prochaine édition du festival pour retrouver la formule originale incluant des chefs invités provenant des quatre coins de la planète.

Pour sa 23e édition, le festival Montréal en lumière compte tout de même 20 restaurants participants. Au Mastard, par exemple, le chef Simon Mathys va recevoir les chefs Émilie Tremblay et Sylvain Dervieux, du restaurant Les Faux Bergers, à Baie-Saint-Paul, les 24 et 25 février.

Parlons de nordicité

 

Afin de célébrer dignement la gastronomie d’ici, il allait de soi, pour Julie Martel, directrice de la programmation gastronomique du festival, d’inviter des chefs autochtones renommés. Les festivaliers pourront découvrir ou mieux connaître la culture culinaire des différentes communautés autochtones. Ils retrouveront notamment la cheffe abénaquise Lysanne O’Bomsawin aux côtés de Maria-José de Frias, au restaurant Virunga, le chef innu Sylvestre Hervieux-Pinette aux côtés du chef exécutifJean-Sébastien Giguère, au restaurant H3 du complexe Humaniti, ainsi que le chef Maxime Lizotte, de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsepekuk, à l’État-Major.

En n’ayant que des chefs et des producteurs d’ici pour cette édition, on dirait que le thème de la nordicité est sublimé

 

Maxime Lizotte, aussi le fondateur de l’entreprise Wigwam, tient la barre du restaurant L’Introuvable, dont la mission est d’offrir une cuisine locale et écoresponsable. C’est d’ailleurs l’approche qu’il souhaite mettre en avant pendant le festival. « On pense servir de l’omble fumé en entrée, un plat principal constitué de betteraves et de cerf, avec une touche de peuplier baumier — une combinaison classique que je me plais à réinventer de temps en temps — et un dessert aux fruits rouges et aux conifères », explique-t-il.

Du côté du restaurant de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ), le chef Carl Jobin, le pâtissier Éric Champagne et leur brigade d’étudiants accueilleront Martin Gagné, chef du Parlementaire, le restaurant de l’Assemblée nationale à Québec. Il y présentera un menu rendant hommage au savoir-faire de six nations autochtones. Les vins du vignoble autochtone Nk’Mip Cellars de la Colombie-Britannique ainsi que ceux du réputé vignoble Camy, situé à Saint-Bernard-de-Lacolle, accompagneront le repas.

De retour au festival

 

Les populaires formules Couette & gastronomie et les Nuitées gastronomiques sont de retour après un franc succès lors de l’édition 2021 du festival. Une douzaine d’hôtels offrent une expérience gastronomique en chambre ou au restaurant de leur hôtel, comme les restaurants État-major au Boxotel, Maggie Oakes à l’hôtel William Gray et Le Boulevardier à l’hôtel Le Germain Montréal.

 

La 23e édition du festival Montréal en lumière se tiendra du 17 février au 5 mars 2022.

Le Local gourmand

La nouvelle websérie de six épisodes Le Local gourmand, animée par le chef Jérémie Jean-Baptiste, met en valeur des ingrédients provenant du garde-manger boréal québécois. Celui-ci y présente et y cuisine des produits d’ici, parfaits pour remplacer des ingrédients habituellement importés. En compagnie d’Ariane Paré-Le Gal de l’entreprise Gourmet sauvage, par exemple, il confectionne un chou chantilly à l’essence de mélilot pour remplacer la vanille. Dans un autre épisode, avec les fondateurs de Racines boréales, Marie-Philippe Mercier Lambert et Kevin Lavoie, on emploie des feuilles de comptonie voyageuse pour remplacer le laurier. Ils cuisinent aussi des légumes grillés garnis d’une sauce chimichurri faite à partir de cette herbe, de sel du Saint-Laurent et de poivre des dunes, plutôt que la recette traditionnelle à base d’ail, de persil et d’origan. La série Le Local gourmand est diffusée sur la plateforme de Radio-Canada Mordu.



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