9 femmes, 9 plats aux saveurs d’ici et d’ailleurs

Catherine Lefebvre
Collaboration spéciale
Khadija El Bouhali, fondatrice de La Cheffe
Photo: Courtoisie Khadija El Bouhali, fondatrice de La Cheffe

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

La cuisine est rassembleuse. À travers les plats, on peut aussi voyager et découvrir de nouvelles saveurs. C’est en ce sens que Khadija El Bouhali a fondé La Cheffe, une gamme de repas surgelés élaborés par neuf femmes canadiennes aux origines diverses.

La Canadienne d’origine marocaine Khadija El Bouhali s’est d’abord fait connaître grâce à son entreprise, Cousmos, une gamme de couscous surgelés déclinés en trois saveurs : berbère (boeuf, pois chiches et légumes), végétarien et terroir (pois chiches, canneberges, légumes et sirop d’érable). Pour elle, c’est une façon appétissante de faire connaître sa culture culinaire, tout en l’harmonisant avec les ingrédients locaux.

Dans le même ordre d’idée, Khadija El Bouhali souhaitait depuis longtemps permettre à d’autres femmes de faire rayonner leur culture culinaire. « À la suite de mon passage à l’émission Dans l’oeil du dragon, plusieurs femmes m’ont contactée, raconte-t-elle. J’ai commencé à réfléchir à ce concept pour permettre aux femmes de réaliser leur rêve, d’acquérir de l’expérience entrepreneuriale, d’avoir plus de visibilité et de créer une communauté d’entraide. »

De là est née l’idée de développer une gamme de repas surgelés en collaboration avec neuf femmes d’origines différentes. « Je crois que les repas surgelés sont plus accessibles au plus grand nombre », ajoute-t-elle. Ainsi, en avril dernier, son rêve s’est réalisé. Les neuf variétés de repas La Cheffe se retrouvent désormais au rayon des produits surgelés des supermarchés IGA partout au Québec.

Neuf cheffes inspirantes

Les neuf femmes derrière cette gamme de repas sont originaires du Cameroun, d’Italie, du Japon, d’Iran, de France, d’Haïti, de Colombie, du Maroc et de la communauté innue.

Innue originaire de Pessamit, Dorothée Rousselot a choisi de faire une recette de soupe, mamuitun leshup. « C’est un plat que mon défunt papa m’a légué, explique-t-elle. Il le préparait souvent lors de grands événements. Je me rappelle toute petite, je le regardais cuisiner. Un jour, il m’a demandé de faire cette soupe moi-même, et j’ai ajouté des ingrédients que j’appréciais dans la sagamité [soupe-repas à base de maïs, de courge et de haricots]. » Cette soupe est rassembleuse à la base puisqu’elle est souvent servie lors de fêtes ou d’événements familiaux. « La cuisine est une ouverture sur nos traditions, nos coutumes et un merveilleux échange avec les Premières Nations », ajoute-t-elle.

Photo: Courtoisie La soupe «mamuitun leshup»

Pour sa part, Hikmath Eyitayo, d’origine camerounaise, propose une recette de poulet directeur général, accompagné de riz et de banane plantain. Marie Garramone présente des raviolis à la florentine, un classique de la cuisine italienne tant appréciée de plusieurs. Alors que Sahar Samandarian nous fait découvrir le lubia polo, un plat iranien à base de riz, de boeuf haché et de haricots verts.

De son côté, Reina Sakao suggère le soboro-don pour goûter à la cuisine japonaise. « Je suis née dans une famille de thé, raconte-t-elle. Mon arrière- arrière-grand-père a commencé à exporter du thé à l’extérieur du Japon durant l’ère meiji. » Fondatrice de Sakao – Ö Japanese Tea, elle et sa famille continuent de préserver le savoir-faire des marchands de thé. « Je ne travaille pas en cuisine, mais comme j’anime des cérémonies de thé, je voulais partager un repas traditionnel japonais, qui n’est pas des sushis, pour faire connaître notre culture. »

La cuisine qui rassemble

Parmi les autres plats offerts, notons le coq au vin français de Juliette Brun, connue pour ses boutiques Juliette & Chocolat, le ragoût de porc haïtien de Marie-France Severe, le riz au poulet, arroz con pollo à la colombienne, de Paula Beltran, ainsi que l’avazine aux légumes de la fondatrice de La Cheffe, Khadija El Bouhali. « J’ai choisi ce plat parce qu’il est en voie de disparition, y compris dans notre village berbère, explique- t-elle. Avec l’industrialisation des semoules de couscous, les femmes de mon village ont presque cessé de le préparer, y compris ma mère ! Je voulais donc lui redonner vie d’une autre façon. »

Photo: Courtoisie L'avazine aux légumes

Ici ou ailleurs, la cuisine permet de découvrir des ingrédients, des méthodes de cuisson et des façons de manger différentes. À travers ces délicieuses découvertes, il n’est pas rare de constater que certaines recettes ressemblent drôlement à celles de notre propre répertoire. Comme quoi, la cuisine rassemble au-delà des frontières, des cultures et des idées reçues que l’on peut avoir envers les coutumes alimentaires de tout un chacun.

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