«Escape From Tarkov»: l'état de nature

Jeu «Escape From Tarkov» du studio russe Battlestate Games
Battlestate Games Jeu «Escape From Tarkov» du studio russe Battlestate Games

Hobbes nous parlait de l’état de nature ; là où, sans contrat social, l’être humain serait loup. Le jeu de tir à la première personne Escape From Tarkov, du studio russe Battlestate Games, pousse la pensée hobbesienne à son paroxysme.

Rendu disponible en version bêta en 2016 et constamment mis à jour depuis, on y prend la place d’un mercenaire pris au piège dans une zone spéciale économique assiégée où tout a tourné au vinaigre. Seul contre tous, on y infiltre usines, centre commercial et autres lieux abandonnés afin d’y arracher les quelques vivres qui y restent pour survivre.

Incroyablement détaillé, Tarkov tient beaucoup plus du jeu de simulation que du jeu de tir. Un coup de feu reçu à la jambe nous fait boiter et la déshydratation nous donne des maux de tête, par exemple. Une économie interne au jeu nous permet aussi d’échanger ou d’acheter de l’équipement afin de mieux nous adapter aux conditions hostiles auxquelles on fera face.

Gros hic : malgré toutes les possibilités de personnalisation disponibles dans Tarkov, impossible d’y personnifier autre chose qu’un homme blanc, soit un Russe, soit un Américain.

Dans une entrevue accordée au blogue Wccftech en 2016, un développeur expliquait qu’il ne croyait pas que les femmes puissent avoir leur place (!) dans les zones de combats. Or, notons que la réalité militaire indique le contraire et l’on aurait aimé voir cet aspect simulé dans Tarkov.

Le studio a récemment démenti sur Twitter cette prise de position. Du même souffle, ses développeurs ont quand même refusé d’incorporer des personnages féminins à leur jeu, arguant que cela représenterait une charge de travail trop grande.

Ce que nous dit essentiellement le studio, c’est que de modéliser en 3D avec un souci du détail presque obsessif des dizaines d’armes à feu et leurs pièces détachées est important pour eux. Et que de créer un personnage ressemblant à autre chose qu’à l’homme blanc macho qu’ils idéalisent n’en vaut pas la peine.

Espérons qu’ils changeront leur fusil d’épaule. Leur jeu est bon. Innovant et addictif, même. Il est encore temps pour eux d’arriver en 2020.

 

Escape From Tarkov

Conçu et édité par Battlestate Games. Offert pour PC.