Scruter le ciel à la belle étoile

L’amphithéâtre moderne construit en plein cœur de la forêt de ce camping idyllique à Glen Sutton abrite quelque 180 sièges chauffants.
Photo: Michel St-Jean L’amphithéâtre moderne construit en plein cœur de la forêt de ce camping idyllique à Glen Sutton abrite quelque 180 sièges chauffants.

Regarder le ciel ? On le fait déjà un peu, en camping autour d’un feu de camp, en y jetant tantôt un coup d’oeil désinvolte, tantôt un regard plus intéressé à la recherche d’une étoile filante, mais sans plus. Et puis sont arrivés les téléphones et autres appareils intelligents qui nous ont fait river les yeux sur les écrans plutôt que vers la beauté du firmament. Mais pourquoi ne pas réconcilier les deux ?

C’est ce que propose l’ObservÉtoiles du domaine Au Diable vert, dans les Cantons-de-l’Est, qui nous permet d’admirer les étoiles en plein air grâce à un casque de réalité augmentée qui projette des images des constellations — une ourse pour la Grande Ourse, un centaure ou un dragon — tout en écoutant leurs histoires racontées in situ par des astronomes.

Photo: Michel St-Jean

En prime, vos fesses seront au chaud grâce aux quelque 180 sièges chauffants de cet amphithéâtre moderne construit en plein coeur de la forêt de ce camping idyllique à Glen Sutton. « Vous êtes capables de voir le vrai ciel et les vraies étoiles, mais le fait qu’on y superpose les images des constellations grâce à la réalité augmentée et qu’on en raconte les histoires, c’est ça le secret », explique Jeremy Fontana, qui planche sur ce projet en collaboration avec National Geographic depuis presque deux ans.

Un tel projet un peu fou était tout désigné pour un homme comme lui, pour qui the sky is the limit mais qui garde à la fois les pieds sur terre. « Il y a 10 000 personnes par mois ici et les gens parlent de Voie lactée, de planètes. Ils me demandent : “Est-ce que vous savez c’est quoi, ça ?” Mais je n’en ai aucune idée, dit Jeremy Fontana. Alors, on a fini par installer des télescopes avec des cartes du ciel. Mais j’ai toujours pensé qu’il y avait un meilleur moyen d’observer les étoiles. »

Son complice, Andrew Fazekas, chroniqueur scientifique au National Geographic etpassionné d’astronomie, voit dans ce projet le mariage parfait entre l’éducation et le divertissement (edutainment). « On a un mélange du concept traditionnel de planétarium, mais en plein air et à la fine pointe de la technologie grâce à la réalité augmentée », explique l’homme, qui se décrit comme un sky guy. « L’idée est tout simplement de rendre le ciel inspirant et impressionnant pour les gens, tout en leur faisant passer un bon moment en pleine nature, et d’espérer allumer une étincelle dans le regard des enfants qui n’avaient peut-être pas cet intérêt à la base. »

Photo: Michel St-Jean Les spectateurs peuvent admirer les étoiles en plein air grâce à un casque de réalité augmentée qui projette des images des constellations.

Passionné par ce projet pour lequel il a consacré beaucoup de son temps, Jérémy Fontana a même décroché la lune… ou presque : le domaine Au Diable vert a récemment obtenu la certification Réserve de ciel étoilé de la Société royale d’astronomie du Canada. Il y en a 21 au pays. Au Québec, seul l’Observatoire du Mont-Mégantic l’avait obtenue jusqu’ici.

Le 21 juin dernier, soir de la première devant médias et invités, quelques étoiles n’étaient pas encore tout à fait alignées. Rodage oblige, de petits problèmes techniques ont causé des longueurs et le froid — oui, il peut faire froid en forêt même au solstice d’été — n’a pas aidé. Mais, loin de n’être qu’une étoile filante, l’ObservÉtoiles promet assurément de briller au firmament des succès d’Au Diable vert.

L’ObservÉtoiles en quelques mots

Domaine Au Diable vert à Glen Sutton, dans les Cantons-de-l’Est.

Quand En été, il y a deux représentations d’une heure et demie par semaine (les mardis et samedis), et une autre s’ajoute le dimanche durant les longs week-ends.

Comment On enfile un casque avec un écran transparent dans lequel est inséré un téléphone qui possède l’application Star Chart. Grâce à un système de miroirs et de lentilles, on n’a qu’à lever les yeux pour voir les images virtuelles projetées partout dans le ciel.

Prix Les billets doivent être achetés à l’avance sur le site Internet, au coût de 45,99 $. Mais vous repartez avec le casque et un code permettant de télécharger gratuitement l’application.

Conseils Non recommandé pour les enfants de moins de huit ans. Et on ajouterait pour les personnes âgées qui souffrent de maux de dos et de cou et pour tous les gens impatients qui ne peuvent tenir en place pendant plus d’une heure et demie. Enfin, une petite laine (ou plus) est de mise !