Les poilus, Fabien Riffaud et Juan Rodriguez

Ce jeu de cartes coopératif bien particulier comporte un puissant aspect symbolique, d’abord parce qu’il fait partie de cette vaste sélection de produits culturels publiés à l’occasion du 100e anniversaire de la Première Guerre mondiale, mais surtout parce qu’il a été illustré par Tignous, qui a remis ses derniers dessins quelques jours avant d’être abattu dans les locaux de Charlie Hebdo il y a deux ans. Il nous a laissé une oeuvre magnifique qui absorbe les joueurs grâce à son imagerie très évocatrice. Côté jouabilité, les conscrits se mesureront à un défi saprément difficile alors qu’ils devront non pas combattre, mais plutôt survivre aux menaces de la Der des Ders (obus, attaques au gaz ou calamités météo), en défaussant tour à tour des cartes de leur main, de façon aussi coordonnée que possible, afin d’en jouer un maximum avant de battre en retraite. Pour s’aider, ils pourront livrer des discours inspirants ou utiliser leurs porte-bonheur respectifs, ressources précieuses mais efficaces. Parce qu’il est beau, parce qu’il ne ressemble à rien d’autre et que, même s’il est difficile à bien comprendre dès le départ, on recommande ce jeu à tous.

Les poilus

Fabien Riffaud et Juan Rodriguez 2 à 5 joueurs, 10 ans et plus 30 minutes Sweet Games, France, 2015