Longueuil en lumière

Une maquette de ce qu’on peut voir ce week-end rue Saint-Charles, dans le Vieux-Longueuil, en plus des spectacles et des autres activités.
Photo: Lisaëlle Racine Une maquette de ce qu’on peut voir ce week-end rue Saint-Charles, dans le Vieux-Longueuil, en plus des spectacles et des autres activités.

Après le coucher du soleil, le Vieux-Longueuil baignera dans la lumière ce week-end. Le tout premier Lumifest investit la rue Saint-Charles, amenant avec lui DJ, VJ et surtout des projections architecturales. Son instigateur promet un événement monumental « à hauteur d’homme ».

En 2008, à Québec, Dominique Arcand a eu un choc : il a vu le Moulin à images. Créée par Robert Lepage à l’occasion du 400e anniversaire de la capitale, la fresque historique mouvante avait cette particularité toute spéciale d’être projetée sur un écran géant de 30 mètres de haut par 600 mètres de long que forment les silos du bassin Louise, dans le port de la ville.

Une armada comptant 329 haut-parleurs, 238 appareils d’éclairage et 27 projecteurs vidéo a été déployée pour assurer son bon fonctionnement. Le succès fut tel que l’expérience qui devait durer quelques mois a été renouvelée jusqu’en 2013.

M. Arcand, directeur de projet chez Barrakuda événements, est reparti de Québec en croyant avoir « rêvé éveillé ». Il s’est promis, dès lors, d’importer cette pratique, la projection architecturale (vidéomapping), chez lui, à Longueuil. Plus précisément rue Saint-Charles, à laquelle il est très attaché.

« C’est une toute petite rue commerçante avec des terrasses et des commerces de proximité comme on en trouve beaucoup à Montréal, à Rosemont ou sur le Plateau Mont-Royal, mais pas sur la Rive-Sud, explique-t-il. Les immeubles sur lesquels on projette ne sont pas des gratte-ciel. Et il y a vraiment des petits commerces, on est loin des Walmart ou du Quartier Dix30 ! »

 

Une pratique populaire

La projection architecturale a la cote. L’oeuvre de Robert Lepage a marqué les esprits. Le studio Moment Factory en a fait une spécialité, allant jusqu’à habiller la façade de la Sagrada Familia à Barcelone. Le festival Montréal en lumière lui a ouvert la porte bien grande. Des bâtiments du centre-ville s’offrent tels des canevas en quasi-permanence. Et à l’occasion du 375e anniversaire de la ville, les projections seront encore plus nombreuses : on a déjà annoncé que l’artiste Marc Séguin créera une oeuvre ayant pour toile de fond nul autre que le mont Royal.

Dominique Arcand a voulu saisir la balle au bond. S’il travaille sur Lumifest à temps plein depuis au moins deux ans, c’est cette année qu’il devait être lancé. « Il fallait installer les choses avant le 375e de Montréal pour qu’on n’ait pas une impression de déjà-vu », dit-il. Le festival n’a pas pu voir le jour en 2015 comme prévu, question de délais administratifs.

Festif et extérieur

Le Lumifest fait une grande place aux arts visuels, mais l’affaire se veut d’abord festive. L’événement pourrait être comparé à Montréal en lumière, constate son organisateur au fil de la conversation. La fête se déroule à l’extérieur, et à l’offre « projetée » s’ajoutent un volet gastronomique et une série de concerts.

Un « parcours de vidéomapping » permettra ainsi aux visiteurs d’admirer une quinzaine d’oeuvres le long de la rue Saint-Charles, réalisées notamment par la Société des arts technologiques, lieu saint de la projection de tout acabit. On compte aussi Lucion Média, Christie et HUB parmi les concepteurs des projections de Lumifest.

À l’intersection des rues Saint-Charles et Saint-Jacques, le festivalier emmitouflé tombera sur le « Shack à musique », où auront lieu divers concerts et séances de karaoké accompagnés de projections. Au menu : The Ragers, Da Capo, Lazy Lee, Cheshire Carr et Stompin’trees.

Arrivés au parc St. Mark, les festivaliers assisteront à la transformation de la gloriette, un joli petit pavillon octogonal sis au milieu de la pelouse. Des DJ et des VJ feront équipe pour mener un party de création audiovisuelle en temps réel, la musique de l’un stimulant les projections vidéo de l’autre.

La VJ Myriam Boucher, qui sera en prestation vendredi soir, explique qu’elle arrive avec une banque d’images qu’elle adapte à la situation « sur le moment », en fonction du rythme lancé par le maître des platines.

Hugues Clément, qui s’exécutait jeudi soir, raconte qu’il s’agit d’un travail beaucoup plus « vivant » que lorsqu’il travaille sur des projections en galerie. Tous deux en rajoutent sur l’improvisation : ils n’ont pas rencontré auparavant les DJ avec qui ils ont eu (ou auront) à faire équipe.

Les lumichefs

L’affamé ne sera pas en reste. L’espace « Lumichefs » met en vedette huit chefs, comme Mathieu Masson-Duceppe (Jellyfish, Montréal), Athiraj Phrasavath (Mercuri, Montréal) et Charles-Emmanuel Pariseau (O Chevreuil, Sherbrooke), réunis en duos pour animer quatre comptoirs thématiques : canard, poisson, porc et charcuterie, puis « mac and cheese ».