Jouer la carte de la mode

La Grande braderie de mode québécoise se tient au marché Bonsecours, dans le Vieux-Montréal.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir La Grande braderie de mode québécoise se tient au marché Bonsecours, dans le Vieux-Montréal.

Les amateurs de mode la connaissent bien et, par souci pour leur portefeuille, n’ont pas intérêt à la manquer. Les professionnels, eux, en profitent pour faire des rencontres qui valent cher. Pour une 19e année au marché Bonsecours, la Grande Braderie de mode québécoise fait son arrêt bisannuel à Montréal ce week-end, avant d’entamer sa tournée qui la mènera à Sherbrooke pour une première fois, et de nouveau à Québec.

Parmi les multiples définitions disponibles, le dictionnaire Larousse dit d’une braderie qu’il s’agit d’une « vente de soldes souvent hors boutique par les commerçants d’une ville ». Est-ce vraiment ce que vivra le visiteur non initié au marché Bonsecours samedi et dimanche ? « On n’a pas le temps ni l’espace pour d’autres activités que le magasinage à rabais ! », dit la fondatrice de la Grande Braderie et organisatrice depuis le début, Anne de Shalla.

C’est que les visiteurs sont nombreux. Le Devoir l’a jointe mercredi soir, alors que se déroulait la Grande Braderie privée, une prévente réservée aux détenteurs de billets fournis par les créateurs. Mme de Shalla soutient que la file d’attente à l’extérieur « faisait le tour du marché Bonsecours ». Certains auraient attendu l’ouverture des portes pendant deux heures. « C’est un rendez-vous, un peu comme la sortie d’un nouveau iPhone ! »

Près de 50 000 personnes ont profité de ces soldes l’an dernier, dispersées sur les trois étages de cet iconique édifice patrimonial du Vieux-Montréal. Et elles ont accès à beaucoup, beaucoup de choix pour satisfaire leurs envies magasinières : plus de 150 créateurs québécois de vêtements, bijoux et accessoires tiennent un stand ce week-end, dont des noms qui résonnent comme Rudsak, Melissa Nepton, Caroline Néron et Tavan Mitto. L’offre est grande, mais Mme de Shalla insiste : elle ne fournit pas de plan des espaces. « Il faut que les gens se perdent, c’est comme ça qu’ils font des découvertes ! »

Les économies à faire peuvent s’élever jusqu’à 80 % (ce qui n’est pas rare, nous assure-t-on), cela sur des collections généralement plus anciennes (mais non dépassées). Si l’offre féminine surpasse grandement celle pour hommes, ces derniers trouveront tout de même des pièces conçues pour eux. Sont aussi représentés la mode pour enfants, les vêtements de maternité et taille plus.

Pour les jeunes créateurs et créatrices, voilà une vitrine de choix pour exposer leurs plus belles pièces. N’écoutant que sa passion, Marie-Josée Mercil a lancé sa marque Coquette en soie il y a moins d’un an. Ses « vêtements en soie durables » pour femmes se vendent directement à l’atelier ou en ligne et la designer assure que ses jupes, robes, pantalons, chemises et autres « peuvent sortir de la garde-robe après deux ans sans être passés de mode ! ».

Si on peut se fier à son expérience positive lors de l’événement tenu à Québec en avril dernier, ce sera l’occasion pour elle de rencontrer de nouvelles clientes qui découvriront son oeuvre et qui, espère-t-elle, la suivront à l’avenir. Son stand se retrouve avec plusieurs autres rassemblés sous la bannière de la « relève créative » : les espaces y sont moins coûteux, mais la visibilité toujours importante, affirme la designer.

Chez Blank, on insiste sur les « bonnes affaires » à se procurer au cours de la fin de semaine. La designer Lise-Marie Cayer et son équipe apportent avec eux un melting-pot de leurs collections des quatre dernières années à bas prix : robes, vestes, kangourous ou manteaux « dans toutes sortes de couleurs, des collections d’été et d’automne », surtout pour dames, mais aussi pour hommes, dont plusieurs pièces sont tricotées à Montréal.

Selon elle, les gens qui visitent la Grande Braderie sont souvent « intéressés par l’achat local et recherchent des vêtements de qualité avec un aspect unique ». Mme Cayer cite aussi un autre intérêt de ce rassemblement pour les professionnels : toutes ces offres leur permettront de « faire de la place sur leurs présentoirs ».

Les prévisions météorologiques ne sont pas des plus encourageantes samedi et dimanche… ce qui ne manque pas de réjouir Lise-Marie Cayer. « Quand ils annoncent un temps nuageux, c’est souvent de très bonnes braderies pour les exposants. »

Quant à Anne de Shalla, elle estime que cette édition de la Grande Braderie offre une belle occasion de combiner sa tournée de magasinage à la visite du marché Bonsecours et de son parvis fraîchement rénové, avant qu’il ne soit pris d’assaut, l’an prochain, lors des festivités entourant le 375e anniversaire de Montréal.

La Grande braderie de mode québécoise

Au Marché Bonsecours de Montréal, samedi de 10 h à 18 h et dimanche de 10 h à 17 h. Entrée gratuite. Aussi à Sherbrooke du 28 au 30 octobre et à Québec du 4 au 6 novembre. braderiedemodequebecoise.com.