Qwixx, Steffen Benndorf, Oliver Freudenreich

Si la « nouvelle vague » des jeux de société a laissé une seule tendance dans la brume, il s’agit certainement de l’utilisation du dé. Central dans beaucoup des créations les plus connues du XXe siècle, celui-ci est souvent écarté pour sa nature foncièrement aléatoire. Dans les jeux contemporains les plus « lourds » (demandant plus de temps et de réflexion), on l’a troqué pour les actions et les cartes, notamment. Le but étant tout simplement de redonner le contrôle de la situation aux joueurs, autant que possible, la stratégie de « lancer le dé et prier pour un 6 » n’étant pas celle qui demande le plus d’effort. Or, il faut avouer que le lancer du dé, aussi choquant puisse être son résultat, est un acte très satisfaisant. On aime encore le son des petits cubes qui s’entrechoquent sur la table avant de dévoiler un destin inéluctable.

C’est notamment pour cela que Qwixx est fort divertissant. Tour à tour, les joueurs lancent six dés colorés et choisissent de cocher (ou non) des combinaisons de deux d’entre eux, dont les sommes vont de 2 à 12, sur leur feuille de pointage. Sauf qu’on ne peut faire marche arrière ! Par exemple, une fois qu’on aura coché le 6, on ne pourra revenir cocher le 4. Et ce qui complique l’affaire, c’est que chaque joueur peut profiter du tour des autres en prenant la combinaison de deux des dés, les blancs. Au final, le chanceux qui réussit le plus de combinaisons l’emporte. Court et très léger, Qwixx atteste que le dé s’insère mieux dans un jeu rapide que lorsque notre empire intercontinental bâti depuis quatre heures en dépend.

Qwixx

Steffen Benndorf Oliver Freudenreich 2 à 5 joueurs, 8 ans et plus 15 minutes Gigamic, 2013