La belle saison du jazz

André Lavoie Collaboration spéciale
La première partie du spectacle de Melody Gardot au FIJM sera assurée par Lisa Simone, elle dont le nom de famille évoque à lui seul un pan immense de l’histoire du jazz, suivant à sa manière les traces de sa mère Nina.
Photo: Alex Lacombe La première partie du spectacle de Melody Gardot au FIJM sera assurée par Lisa Simone, elle dont le nom de famille évoque à lui seul un pan immense de l’histoire du jazz, suivant à sa manière les traces de sa mère Nina.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Le long du fleuve Saint-Laurent, entre Montréal et Rimouski en passant par Lévis, les amateurs de jazz auront l’embarras du choix pour satisfaire leur passion, et surtout pour s’en mettre plein les oreilles. Quant aux musiciens, ils ne se font jamais prier pour sortir des bars et des studios afin d’aller à la rencontre du public, souvent diversifié et parfois imposant.

Les organisateurs du Festival international de jazz de Montréal (FIJM) préparent activement la 37e édition, qui se tiendra du 29 juin au 9 juillet, et plusieurs figures familières ont répondu présent au grand rendez-vous de la métropole, qui devrait faire le plein d’admirateurs en salle. Quant à la programmation extérieure, elle ne sera annoncée que le 7 juin prochain.

Pendant cette période d’intense fébrilité musicale, on pourra croiser Chick Corea, le célèbre complice de Miles Davis dans les années 1960, pianiste, claviériste et compositeur infatigable, même à 75 ans. Autre incontournable, Wynton Marsalis revient à Montréal avec le célèbre Jazz at Lincoln Center Orchestra, et le trompettiste devrait faire vibrer la Maison symphonique.

C’est à une force de la nature, et enfant chérie des festivaliers, que l’on a confié l’ouverture du FIJM,  : Melody Gardot. La chanteuse et guitariste originaire du New Jersey, maintenant bien remise d’un terrible accident de vélo qui a transformé sa vie, et sa carrière, se produira les 29 et 30 juin à Montréal, tout juste après un premier passage dans la Vieille Capitale, au Grand Théâtre de Québec, le 28 juin. À souligner que la première partie sera assurée par Lisa Simone, elle dont le nom de famille évoque à lui seul un pan immense de l’histoire du jazz, suivant à sa manière les traces de sa mère Nina.

Il y aura bien sûr de nombreux concerts qui flirtent un peu moins avec le jazz, mais ce n’est guère nouveau au FIJM, reconnu, et apprécié, pour son éclectisme. Les festivaliers seront ainsi conviés à découvrir une autre facette de Rufus Wainright, qui présentera enfin à Montréal son premier opéra, Prima Donna, mettant en vedette la soprano Lyne Fortin. Cette fantaisie musicale sera suivie d’une performance de l’auteur-compositeur-interprète, qui livrera ses plus grands succès en version symphonique.

Pour les amateurs de légendes vivantes, elles vont toutes converger vers la salle Wilfrid-Pelletier le 7 juillet pour voir et entendre Brian Wilson soulignant avec faste le 50e anniversaire de la parution de Pet Sounds, 11e album du groupe The Beach Boys. Avec la complicité d’Al Jardine et Blondie Chaplin, l’euphorie sera sûrement de la partie dès les premières notes de classiques tels Wouldn’t It Be Nice et God Only Knows.

Malgré l’aréopage toujours impressionnant d’artistes étrangers et de vedettes internationales, le FIJM accorde aussi une bonne place aux gloires montréalaises du jazz. Il ne faudra pas rater le concert d’adieu du fougueux batteur Guy Nadon, même à 82 ans, comptant pas moins de 70 ans de carrière, figure incontournable du festival depuis ses débuts. On pourra également renouer avec la pianiste Lorraine Desmarais, optant cette fois pour la formule big band, et le contrebassiste Michel Donato, autre vétéran bien ancré dans le paysage du FIJM jouant au mentor avec de jeunes musiciens dans une série de duos.

Encore du jazz un peu plus à l’est

Du 11 au 14 août, c’est du côté de Lévis que l’été sera résolument jazz avec le Festival Etcetera, fondé en 2007. Sur les deux scènes extérieures ainsi qu’au bar La Barricade, les musiciens d’ici et d’ailleurs vont se succéder, de même que ceux de la relève, un nouveau happening lors de la dernière journée de l’événement.

Avant cela, et après son passage au FIJM, Betty Bonifassi va afficher sa fougue habituelle pour défendre devant public son premier album solo, revisitant les chants d’esclaves avec des sonorités d’aujourd’hui. L’ancienne égérie de Benoît Charest, DJ Champion et Beast a su enfin se faire un nom. D’autres chanteuses ont aussi été conviées à cette fête, dont Terez Montcalm, celle dont la voix est reconnaissable entre toutes, offrant cette fois des chansons jazzées de Charles Aznavour, Michel Legrand, Serge Gainsbourg, Charles Trenet, etc. Dawn Taylor Watson, la reine montréalaise du blues, interprétera plusieurs plages de son nouvel album, Jawbreaker ! Elle sera également présente au Festival de Mont-Tremblant en juillet.

En septembre, les charmes du Bas-du-Fleuve sont nombreux, et le Festi Jazz international de Rimouski en fait partie, affichant déjà 31 éditions au compteur. Toute la programmation n’a pas encore été dévoilée, mais on sait déjà que c’est à la chanteuse Emilie Claire Barlow de clore l’événement le 4 septembre. Il s’agit d’un retour triomphal pour celle que les spectateurs de la région ont véritablement adoptée après son passage en 2013, et revenant avec son dernier album, Clear Day.

Les artistes québécois seront aussi de la partie, dont Breen Leboeuf, l’un des maillons essentiels du célèbre groupe Offenbach et qui n’a jamais cessé de rouler sa bosse après sa dissolution. Il viendra enflammer la scène du grand chapiteau du festival avec la complicité du guitariste Ricky Paquette, musicien d’une autre génération, mais porté par la même passion. Quant à Michel Cusson, longtemps associé au jazz fusion d’UZEB, il a prouvé qu’il pouvait faire sa marque en solo, offrant aux festivaliers une performance mélangeant récit personnel, musique improvisée et projections, le tout dans un cadre intimiste.


Cet été, le blues nous guette : tant mieux !

Les amateurs de blues ont maintenant ajouté Trois-Rivières à leur parcours musical estival. En effet, la capitale de la Mauricie diversifie de plus en plus son offre culturelle et table sur la beauté et les possibilités techniques de l’Amphithéâtre Cogeco, un lieu imposant qui figure parmi les nouveaux lauréats de la médaille du Gouverneur général en architecture. C’est là que se tiendra une bonne partie de Trois-Rivières en blues, du 18 au 20 août, une occasion unique de découvrir dans un cadre enchanteur les groupes Southern Hospitality, Kenny Wayne Shepherd et John Kay Steppenwolf. On pourra aussi entendre l’incomparable Steve Hill, ainsi que le chanteur et guitariste Colin James. Et l’effervescence musicale ne se fera pas sentir qu’à l’Amphithéâtre, car plusieurs bars de la ville vibreront aussi à l’heure du blues.

Pour celles et ceux ayant une affection particulière pour les décors des Laurentides, de même que pour le blues, ils seront doublement bien servis. D’abord, du 8 au 17 juillet, Mont-Tremblant se transforme en haut lieu de la note bleue, et présente une imposante programmation composée d’artistes québécois et étrangers qui occuperont autant les restos, les bars, le casino ainsi que les places publiques. Sur toutes ces scènes défileront Gregory Charles, Ian Seigel, Jim Zeller, Breen Leboeuf, Martin Deschamps, Nikki Hill, Paul Reddick, etc.

Au moment de mettre sous presse, l’ensemble de la programmation de l’autre événement musical de la région, les Nuits Blues Laurentides, n’était pas disponible, mais Saint-Adolphe-d’Howard affichera un air de fête au début du mois d’août avec entre autres un défilé musical et un atelier de percussion. On connaîtra un peu plus tard les têtes d’affiche du FestiBlues international de Montréal, un moment culturel important au coeur de l’arrondissement Ahuntsic et qui en est à sa 19e édition. Il se déroulera du 11 au 14 août et poursuivra son travail de médiation culturelle auprès des jeunes du quartier avec les activités Slam en Blues et Poésie Blues.