Pause-café en «kultur»

The Tarantula Waltz
Photo: Mikael Thor The Tarantula Waltz

La culture scandinave a la cote cet hiver. Même les prix des billets pour s’envoler vers ces contrées fondent comme neige au soleil. À Montréal, les événements nordiques s’enchaînent : charrette réflexive, soirées festives, rendez-vous cinématographiques… Le dernier en liste ? Le tout nouveau Fika(s), un festival immersif où nos cousins climatiques sont à l’honneur dès ce vendredi.

Pour une première année, Fika(s), le Festival immersif de kultur et d’art scandinaves, prend d’assaut la métropole québécoise dès vendredi soir et jusqu’au 18 mars.

Au menu : une rencontre explosive où s’entremêlent la culture et l’art de vivre scandinaves et québécois. « L’objectif est de montrer cette richesse », explique Christel Durand, idéatrice du festival.

Photo: Kristoffer Hedberg Kristofer Åström

Né de son intérêt pour la musique scandinave, Fika(s) est un peu une vitrine pour les artistes et artisans de ces pays nordiques. « Ça fait plus de trois ans que j’y pense », dit la jeune Française. L’idée est d’offrir — bien modestement — un espace à cette magnifique culture. D’abord concentré autour de la scène musicale, l’événement s’est rapidement décliné en une multitude de formes.

Les artistes de la scène musicale qui avaient séduit l’instigatrice du projet partageront donc les planches avec des artisans du cinéma, du théâtre et même de la cuisine. Une conférence sur la social-démocratie et ses pendants québécois et scandinaves est également au programme.

À noter que certaines soirées affichent déjà complet, les places s’étant envolées comme des petits pains chauds. C’est le cas, entre autres, du café-rencontre pour découvrir l’Islande et du concert de clôture. Rien n’empêche toutefois les intéressés de s’inscrire sur les listes d’attente des activités.

Restreintes, les places le sont. Dans certains cas, à peine une trentaine de personnes pourront assister aux différents ateliers et prestations prévus par la petite équipe derrière le festival.

« Au début, on se demandait si le public allait suivre, précise la directrice de l’événement. Il y a un an, quand on a commencé à chercher des partenaires, on partait de zéro. Mais tout le monde a été emballé par l’idée ! »

Côté intimiste

Mais, au-delà de la nouveauté qui a très certainement freiné un peu les ardeurs des concepteurs du jeune festival, ce côté intimiste n’est pas quelque chose que l’équipe changerait. « Si c’était à refaire, on offrirait peut-être deux soirées dans certains cas, comme dans celui du café-rencontre sur l’Islande, par exemple, concède Christel Durand. Mais, dans l’ensemble, les places limitées, ça nous sert parce que ce qu’on voulait offrir, d’abord et avant tout, c’était un espace de rencontre. On avait envie de réunir des gens juste pour prendre un café, pour parler. »

Photo: Anders Edstrom Jenny Lysander

Fika(s) — la pause-café en suédois — se veut donc une occasion pour se poser, aller à la rencontre de l’autre, découvrir un artiste étranger, prêter l’oreille à une nouvelle sonorité.

« Je me souviens de certains concerts auxquels j’ai assisté ; nous étions une vingtaine dans la pièce avec les artistes, c’est un sentiment unique. J’ai revu ces mêmes musiciens des années plus tard, alors qu’ils étaient plus connus. C’était toujours bon, mais c’était tellement différent. C’est un peu ça que je veux offrir au public, ce moment particulier où tu sens que tu partages quelque chose de spécial avec ceux qui vivent cette expérience avec toi. »

Comme il s’agit de la première édition, Christel Durand est bien consciente que ceux qui assisteront cette fois-ci aux différentes déclinaisons de son festival risquent d’être des amoureux de la culture scandinave. « On a réussi à aller chercher des artistes — comme Kristofer Åström, Jenny Lysander et The Tarantula Waltz — bien connus sur la scène folk, mais qui ne sont jamais venus à Montréal, voire en Amérique, lance la fondatrice. Ceux qui les aiment d’emblée seront là, c’est certain. Mais si on arrive à susciter l’intérêt d’une seule personne qui n’en avait pas à la base, ce serait le rêve ! »

La première mouture s’amorce tout juste et, déjà, l’équipe commence à s’activer pour l’édition prévue pour mars 2017. « C’est un travail de longue haleine, lance Christel Durand. C’était notre année exploratoire, on avançait à tâtons, on voulait s’assurer qu’il y avait un public pour ce genre de festival. » Et le verdict ? « Montréal nous a accueillies à bras ouverts ! »

Si bien que l’équipe entrevoit déjà la possibilité de devenir un rendez-vous annuel. En attendant, on compte bien mettre tout en oeuvre pour revenir dès l’an prochain avec une programmation encore plus audacieuse.

Fika(s), jusqu’au 18 mars à plusieurs endroits.

Nos coups de coeur

Soirée de lancement. « Tubes scandinaves inoubliables et pop internationale d’hier à aujourd’hui ». De quoi danser jusqu’aux petites heures. Le samedi 12 mars, à partir de 20 h.

Social-démocratie 2.0. Le Québec, une terre sociale-démocrate. Soirée de discussion où les idéaux québécois se frottent aux pays servant de référence en la matière. Le lundi 14 mars à 18 h.

Cours de cuisine scandinave. On met la main à la pâte pour concocter de petites merveilles gourmandes des quatre coins de la Scandinavie. Plusieurs dates, heures variées.