La tête haute à Owl’s Head

« Les gens apprécient également le charme rustique de la station, son caractère inaltéré et authentique, mais aussi son atmosphère décontractée où personne ne se sent jugé parce qu’il utilise encore un vieil équipement », indique Luc « Skypowder » Saint-Jacques, directeur marketing et ventes.
Photo: Tourisme Cantons-de-l’Est « Les gens apprécient également le charme rustique de la station, son caractère inaltéré et authentique, mais aussi son atmosphère décontractée où personne ne se sent jugé parce qu’il utilise encore un vieil équipement », indique Luc « Skypowder » Saint-Jacques, directeur marketing et ventes.
Notre journaliste prend la route avec sa tribu (maman, fiston de 10 ans et fillette de 6 ans) pour découvrir des stations de ski où il fait bon dévaler les pentes en famille. Voici le 15e texte d’une série qui nous fait glisser encore quelques semaines.


— Bravo papa ! de s’extasier une fillette devant son paternel après qu’il eut exécuté avec panache un grand virage sur sa planche à neige.

— Bravo papa ! a renchéri un skieur de passage, lâchant spontanément son commentaire au père, touché par la scène qu’il venait de voir.

Trente minutes plus tôt, la fillette en question — l’amie de ma fille venue tester avec nous les pentes d’Owl’s Head — avait fait chavirer le coeur de deux grands-mamans gâteaux sur skis. « Excusez-nous, mais il fallait qu’on vous le dise : vos filles sont tellement cutes!»

Deux fois en 30 minutes des inconnus qui vous abordent spontanément et aimablement dans un centre de ski, ça n’arrive pas souvent, au Québec ou ailleurs. Même Denis, le sympathique secouriste à la peau d’ébène et aux longues nattes jamaïcaines, est venu par deux fois me conseiller sur la glisse à suivre en me voyant me dépêtrer avec la carte de la station, cinglée par le vent.

Déjà, la journée avait commencé sur une note enjouée : dix centimètres de poudre fraîche tombée pendant la nuit. Puis, de tôt matin, en tirant les rideaux des fenêtres de la chambre-condo « ski aux pieds » où j’avais dormi, le grand lac Memphrémagog étalait sa superbe, éblouissante langue blanche striant les rives.

Seul hic : dans cette station élevée en terre loyaliste et « fluente » dans les deux langues, la moitié du plaisir tient à la satisfaction d’admirer ce spectaculaire panorama du haut de la montagne. Or, dimanche dernier, la tête du hibou était complètement dans les nuages. Qu’importe : la totalité des 52 pistes était ouverte et il n’y a jamais eu d’attente, malgré les –3 °C ambiants et le couvert neigeux tout frais.

Il faut dire que, même si certaines des huit remontées d’Owl’s Head sont antédiluviennes, quatre télésièges quadruples (dont trois débrayables, rapides et efficaces) sont judicieusement répartis et ont vite fait de drainer l’afflux de skieurs, essentiellement montréalais.

Mais qu’est-ce qui pousse ces derniers à se taper jusqu’à deux heures de route alors que Sutton, Bromont et Orford sont plus rapides d’accès et que Jay Peak est situé presque à égale distance, de l’autre côté de la frontière ?

Outre tout ce qui précède, citons le coût du billet de remontée et la polyvalence du très agréable domaine skiable de 490 mètres de dénivelé, où les pistes (30 % débutants, 40 % intermédiaires, 30 % experts) sont tracées avec un souci de singularité, dans un chassé-croisé et des zigzags qu’on ne se lasse pas de dévaler.

« Les gens apprécient également le charme rustique de la station, son caractère inaltéré et authentique, mais aussi son atmosphère décontractée où personne ne se sent jugé parce qu’il utilise encore un vieil équipement », indique Luc « Skypowder » Saint-Jacques, directeur marketing et ventes. Cela dit, vénusté (du cadre naturel) rime parfois avec vétusté (de certaines infrastructures), souligneront d’aucuns.

Au rayon des Padawans skieurs, très présents sur place, la station compte du reste une halte-garderie (2-10 ans), le ski est gratuit pour les 5 ans et moins et le tapis de remontée de la zone des débutants est accessible moyennant 7 $, qu’on peut déduire de l’achat d’un billet journalier régulier si on progresse vite.

Enfin, Owl’s Head ne compte pas de parc à neige mais plusieurs pistes dédiées aux premiers pas de glisse, une piste de boardercross et quelques sous-bois. De plus en plus de sous-bois.

Même que, l’an dernier, on a inauguré la « Zone Que’quepart », un secteur hors piste non balisé de 540 mètres de dénivelé en forêt, accessible aux seuls experts munis de peaux d’ascension.

Comme quoi Owl’s Head, vénérable sommet aux allures de volcan tranquille, peut encore se réveiller et se renouveler près de 50 ans après sa naissance.

En vrac

S’y rendre. Autoroute 10, sortie 106. Suivre les indications pour Mansonville, puis pour Vale Perkins (routes 245 et 243). À environ une heure et demie du pont Champlain, à 45 minutes de Sherbrooke et à trois heures de Québec.

 

Hébergement. Owl’s Head est la seule station des Cantons-de-l’Est à offrir de l’hébergement skis aux pieds (ski in/ski out), que ce soit à l’auberge (rattachée au chalet des skieurs) ou à l’appartement-hôtel (en contrebas). Dans ce dernier cas : chambres-condos vastes et fonctionnelles, mais pas de la première jeunesse. Cuisinette, Wi-Fi, écran plat, literie sommaire et cadre un peu défraîchi, mais prix abordable et balcon donnant sur le lac dans certains cas. Belle aire centrale avec foyer pour enfiler ses bottes au chaud avant de prendre ses skis dans les casiers, ainsi que petite baignoire à remous et sauna.

 

Restauration. Le soir, la salle à manger de l’auberge propose de bons plats à prix honnête (excellent confit de canard avec sauce aux petits fruits) devant une immense baie vitrée.

 

À faire sur place. Boucle de dix kilomètres de ski de fond, deux sentiers de raquette, massothérapie (à l’auberge).

 

À faire dans les environs. Spa des chutes de Bolton avec bains nordiques en rivière ; visite (ou retraite) à l’abbaye de Saint-Benoît-du-Lac, à quelques kilomètres.

 

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