Des tombereaux d’or blanc sur la montagne Noire

Fondée dans les années 70, rachetée par Raymond Malenfant dans les années 80 puis par la Ville de La Malbaie dans les années 90, la station du mont Grand-Fonds demeure encore inconnue au bataillon de bien des skieurs. Et pourtant...
Photo: Gary Lawrence Fondée dans les années 70, rachetée par Raymond Malenfant dans les années 80 puis par la Ville de La Malbaie dans les années 90, la station du mont Grand-Fonds demeure encore inconnue au bataillon de bien des skieurs. Et pourtant...
Cet hiver, notre journaliste prend la route avec sa tribu (maman, fiston de 10 ans et fillette de 6 ans) pour découvrir des stations de ski où il fait bon dévaler les pentes en famille. Voici le cinquième texte d’une série qui nous fera glisser jusqu’au printemps.
 

Depuis que Daniel Gauthier, cofondateur du Cirque du Soleil, a décidé de faire du Massif de Charlevoix une destination de ski internationale, on ne parle plus que de ce centre — au demeurant l’un des plus épatants de l’est du continent —, a fortiori en ces temps où le Club Med envisage de planter ses tridents non loin de là.

Mais à environ une heure de voiture — époustouflante, la route du fleuve —, un autre centre de glisse mérite qu’on s’offre quelques bornes supplémentaires, surtout en famille: le mont Grand-Fonds.

Fondée dans les années 70, rachetée par Raymond Malenfant dans les années 80 puis par la Ville de La Malbaie dans les années 90, cette station nichée sur la montagne Noire est gratifiée de tombereaux d’or blanc chaque fois que l’hiver recouvre les hauteurs de Charlevoix. Mais elle demeure encore et toujours inconnue au bataillon de bien des skieurs.

Et pourtant...

Malgré un dénivelé modeste de 335 mètres (la moitié du Massif de Charlevoix), plusieurs de ses 18 pistes donnent lieu à de longues descentes peinardes, sans faux-plat et tout en ravissement, qu’on observe de loin le Saint-Laurent cuivré par le zénith ou qu’on zigzague entre les bouleaux plantés çà et là au milieu de la jolie descente du même nom.

Même si moins du tiers des pistes est dédié aux novices et qu’un autre tiers l’est aux skieurs et planchistes intermédiaires, nul besoin d’être maître-braveur pour débouler dans La Menaud: ses 2,5 kilomètres coulent tout doucement jusqu’à la base, tout comme les 2,3 kilomètres de La Rivière ou le 1,9 kilomètre de La Ti-Bé.

Par contre, pour se flanquer une Pétoche (un diamant noir) ou jouer le jeu de La Nagano (2 diamants noirs), mieux vaut avoir le mollet, le quadriceps et la rotule aguerris.

Comme au mont Olympia (Laurentides), toutes les pistes de Grand-Fonds convergent vers le mignon chalet de bois, histoire de retrouver immanquablement tous les membres de la famille à l’heure de la soupe chaude; comme au mont Sutton (Cantons-de-l’Est), le niveau de difficulté des pistes augmente à mesure qu’on passe de la droite à la gauche de la station.

C’est d’ailleurs dans cette dernière section de la montagne qu’on vient d’inaugurer le versant du Lynx, un bloc de quatre pistes non damées et aménagées dans une forêt ouverte, où seuls sont présents la neige naturelle et les adeptes de ski hors piste.

Le week-end dernier, tandis que la pluie s’abattait sur le sud du Québec, Grand-Fonds a d’ailleurs hérité d’un pactole neigeux de 30 centimètres, en ces lieux où on enregistre en moyenne 5,5 mètres de précipitations annuelles — on se demande bien pourquoi 40 % de l’enneigement de la station demeure artificiel, d’ailleurs.

S’il peut faire frisquet au sommet qui culmine à 735 mètres, peu de skieurs fulminent en raison des plaques de glace, qui se font rarissimes: entouré par une mer de ravissantes montagnes de 1000 mètres, Grand-Fonds ne souffre pas de l’humidité du fleuve Saint-Laurent. «Sans compter qu’il arrive très souvent qu’il pleuve à La Malbaie et qu’il neige ici», assure Alain Goulet, directeur de la station.

Du reste, l’orientation plein sud des pentes leur permet d’être baignées de lumière — et de chaleur, le cas échéant — toute la journée. Bien qu’il n’y ait que trois remontées (un télésiège quadruple et deux arbalètes, dont un pour juniors), on n’attend pratiquement jamais pour regagner le sommet et on ne se bouscule nullement dans les allées enneigées, assez larges pour ne pas jouer du coude et assez étroites pour que les hauts sapins absorbent une partie des vents.

Plus qu’un centre de glisse, le mont Grand-Fonds s’affiche comme une sorte de plaque tournante de sports d’hiver.

Outre son parc à neige avec accès direct par arbalète et son couloir de glisse sur chambres à air, la station est reliée à un splendide réseau de 140 kilomètres de sentiers de ski de fond (dont 44 pour le pas de patin), avec quatre relais chauffés où chocolat chaud et bouillon de poulet sont servis à l’oeil.

Une fois par mois, les raquetteurs partent quant à eux à l’assaut de la vingtaine de kilomètres de sentiers — dont un qui mène au sommet — lors de lumineuses sorties à la pleine lune.

Enfin, l’esprit familial de Grand-Fonds s’étend jusque chez le personnel, dont certains membres (le dameur et la cuisinière, notamment) y travaillent depuis son inauguration, ainsi que dans l’ambiance qui prévaut lors des après-ski, au chalet.

«Même si nous allons en rénover l’intérieur en avril prochain, nous voulons y préserver le côté rustique et authentique pour que les skieurs continuent de se sentir à l’aise, comme chez eux, bien enfoncés dans les divans ou en pied-de-bas près du feu de foyer», assure Alain Goulet.

En vrac

S’y rendre De Québec, gagner La Malbaie par les routes 138 et 362, traverser le pont de la rivière Malbaie puis tourner à gauche sur le chemin de la Vallée. De là, tourner à droite sur le chemin des Loisirs, jusqu’à la station. Location d’équipement et service de garderie sur place (sur réservation).

 

Hébergement et restauration Plusieurs auberges et hôtels de La Malbaie et Pointe-au-Pic offrent des forfaits avec ski, dont le Fairmont Manoir Richelieu. Même quand on n’y séjourne pas, on peut accéder à la piscine extérieure chauffée (23 $ - adultes, 11,50 $ - 6-17 ans, si l’hôtel n’est pas complet) et surtout se régaler à l’excellente table Le Charlevoix, entre autres restaurants de l’établissement.

 

Événements Du 13 au 15 février, le mont Grand-Fonds figurera sur l’itinéraire de la deuxième édition de la Virée nordique, un événement familial amalgamant ski de fond, raquette et patin à glace.

 

À faire dans les environs De retour vers Québec, la piste de luge du Massif de Charlevoix, qui s’étire sur 7,5 kilomètres, mérite un arrêt. Ouverte du jeudi au dimanche (et toute la semaine de relâche), sur réservation; 36 $ - 10 à 17 ans; 40 $ - adultes.

 

Renseignements montgrandfonds.com, tourismecharlevoix.com.