Le flanc caché du mont Royal

Le sommet Outremont a accueilli des skieurs de 1944 à 1979.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Le sommet Outremont a accueilli des skieurs de 1944 à 1979.
Du haut du flanc nord du mont Royal, le ciel semble se perdre entre les arbres touffus d’Outremont et les contreforts des Laurentides, qu’on voit poindre à l’horizon. Si l’accès est un peu difficile, ce sommet méconnu mérite le détour et fait d’ailleurs partie d’une randonnée qui explore les trois cimes de la montagne des Montréalais.
 

Le sommet nord du mont Royal est un lieu encore peu fréquenté du public, où s’aventurent quelques joggeurs et des étudiants de Polytechnique ou de l’Université de Montréal, le temps de souffler. « C’est méconnu, mais c’est un endroit magnifique. Ici, on a un regard complètement différent sur la métropole, à l’opposé du centre-ville. On voit bien que Montréal, c’est autre chose que du béton », avance Jean-Michel Villanove, responsable des services éducatifs des Amis de la montagne.

Fixant un morceau de remonte-pente recouvert de rouille, M. Villanove rappelle que, de 1944 à 1979, le sommet Outremont, aussi surnommé « troisième sommet », était utilisé comme piste de ski. Depuis ce temps, la nature a repris ses droits, tout en laissant une vue assez dégagée qui permet d’apprécier les 211 mètres du deuxième plus haut sommet de la montagne (le premier faisant 233 mètres, près de la croix).

Une constante évolution

Partir à la découverte des trois sommets du mont Royal durant près de sept heures, c’est ce qu’offrent ce dimanche et plusieurs fois par année les Amis de la montagne, un organisme voué à la protection et à la mise en valeur du mont Royal depuis 1986. « Ça fait près de 25 ans que nous offrons cette randonnée, mais elle évolue constamment. Le but est d’établir un parcours qui aborde la montagne par l’histoire, l’écologie, l’urbanisme et l’architecture », explique M. Villanove, qui est aussi un guide.

C’est environ 15 kilomètres que les participants sont appelés à parcourir durant la journée, où plusieurs montées et descentes sont prévues.

L’avant-midi est consacré à l’exploration de lieux inusités dans le parc du Mont-Royal, où se trouve le premier sommet, puis direction Westmount vers le second sommet, et enfin une longue promenade à travers les cimetières Notre-Dame-des-Neiges et Mont-Royal permet de rejoindre le flanc nord, où se trouve le parc du troisième sommet avec le charmant boisé Saint-Jean-Baptiste.

M. Villanove explique que, depuis quelques années, la mise sur pied progressive du chemin de ceinture du mont Royal rend la promenade de plus en plus agréable. Rappelons que la Ville de Montréal vise l’aménagement d’un sentier d’une dizaine de kilomètres accessible aux piétons et aux cyclistes, qui permettra de faire un tour complet de la montagne sans interruption. Repoussé à plusieurs reprises, le projet doit être complété pour 2017. « Déjà, quelques portions de la ceinture sont fonctionnelles, comme le sentier qui longe le chemin de la Côte-des-Neiges, et il est très populaire », souligne le guide.

Le patrimoine funéraire

Jean-Michel Villanove apprécie particulièrement la traversée des deux grands cimetières de la montagne. « Ces lieux offrent des paysages magnifiques et on y découvre des aménagements jardiniers et des oeuvres artistiques funéraires à couper le souffle », lance-t-il.

Au cours de la visite du cimetière Notre-Dame-des-Neiges, les visiteurs s’arrêtent notamment pour voir les tombes du poète Émile Nelligan et du cinéaste Pierre Falardeau. Ce dernier repose sous une impressionnante pierre tombale conçue par le sculpteur Armand Vaillancourt.

Si moins de personnalités publiques sont enterrées au cimetière catholique Mont-Royal, il n’en reste pas moins un lieu fascinant, poursuit M. Villanove. Il abrite des dizaines d’arbres majestueux, parfois âgés de près de 200 ans.

Non loin de la porte d’accès au troisième sommet se trouve une sculpture étonnante baptisée Le saut de l’ange, de l’artiste Edith Croft, où un homme à la longue silhouette semble émerger de la terre.

Les grands cimetières de la montagne ont vu le jour au milieu du XIXe siècle, rappelle M. Villanove, plus de deux décennies avant la création du parc du Mont-Royal, en 1876. « Ce sont les premiers lieux où les habitants de Montréal ont pu accéder à la montagne. Nous avons tort de délaisser nos cimetières, ce sont des endroits émouvants et magnifiques qui méritent d’être visités. »

Randonnée guidée «Les trois sommets du mont Royal». Dimanche de 9 h à 16 h. Départ du monument Sir Georges-Étienne-Cartier. Réservation requise. $

Consulter la carte interactive du mont Royal

1 commentaire
  • Guy Lafond - Inscrit 17 octobre 2014 06 h 54

    Une randonnée urbaine vivifiante et nostalgique


    Très informatif. Merci aussi pour la carte interactive.

    J'ai bien hâte de parcourir la boucle en entier.

    :-)