La quotidienne électorale: à quoi s'attendre du gouvernement caquiste?

Le Québec a élu lundi un gouvernement caquiste majoritaire, dirigé par François Legault. Karl Rettino-Parazelli discute de la suite des choses avec notre chroniqueur politique Michel David.

Voici un aperçu des échanges en trois questions :

Ce midi, François Legault a dit qu’il veut « rassembler les Québécois ». Est-ce vraiment nécessaire après la majorité qu’il a obtenue hier ?

C’est toujours bien de rassembler, compte tenu du fait qu’il n’a pas été élu avec une majorité de voix, mais le mandat est tellement clair que M. Legault n’a pas besoin de faire de grandes négociations avec les partis d’opposition. Il est majoritaire et il va pouvoir mettre en œuvre son menu législatif. Ce M. Legault a dit, par exemple au sujet des maternelles 4 ans, c’est qu’il est prêt à examiner les propositions des autres partis, mais il n’a pas dit qu’il allait négocier son programme avec les autres. Ça relève davantage de la figure de style que d’une volonté réelle de partager le pouvoir. M. Legault est bien en selle et a toute la légitimité pour agir comme bon lui semble pendant quatre ans.

Concernant la réforme du mode de scrutin, est-ce que le fait qu’il ait réitéré sa promesse mardi permet de croire qu’il ira de l’avant ?
Au moins, nous sommes certains qu’il y aura un projet de loi dans la première année. Avec ce qu’il a dit aujourd’hui, je n’ai aucune raison de croire que ce ne sera pas le cas. Maintenant, il faudra voir quel sera le projet de loi et quelles seront les étapes ultérieures. Est-ce que M. Legault veut soumettre ça à une grande consultation ? Est-ce qu’il veut absolument que ce nouveau mode de scrutin soit opérationnel pour la prochaine élection ? C’est ce qu’on a tous compris lors de la campagne électorale.

Est-ce que la composition du conseil des ministres comporte des défis pour M. Legault ?
Former le conseil des ministres, ce ne sera pas le plus compliqué. [...] Ce qui va être plus compliqué pour M. Legault, c’est de trouver tout le personnel pour entourer ce monde-là. On nomme des ministres, mais les chefs de cabinet de tous ces ministres-là, on ne les a pas sous la main. La CAQ n’a jamais gouverné, elle n’a pas un réservoir d’attachés politiques comme les autres partis. [...] C’est pour cette raison que M. Legault n’a pas intérêt à précipiter ses ministres dans la fournaise de l’Assemblée nationale trop vite.