Verstappen obtient la position de tête dans la pluie, le froid et le vent

Verstappen a le vent dans les voiles depuis un certain temps, après avoir gagné quatre des cinq dernières épreuves.
Jim Watson Pool Photo via Associated Press Verstappen a le vent dans les voiles depuis un certain temps, après avoir gagné quatre des cinq dernières épreuves.

La pluie, le froid et le vent sont venus jouer les trouble-fête lors des qualifications du Grand Prix du Canada samedi sur l’île Notre-Dame à Montréal.

Meneur au championnat des pilotes, mais ayant eu moins de succès en qualifications depuis le début de l’année, le Néerlandais et champion du monde en titre, Max Verstappen, a signé sa deuxième position de tête en neuf occasions cette saison en bouclant les 4,361 kilomètres du circuit Gilles-Villeneuve en 1 min 21,299 s au volant de sa Red Bull.

En première ligne pour la première fois depuis 2012, le double champion du monde et vétéran du sport Fernando Alonso a profité des conditions difficiles pour déployer tout son talent pour se hisser à ses côtés avec son Alpine, avec plus d’une demi-seconde de retard. Le trio de tête sera complété par l’autre Espagnol et pilote de Ferrari, Carlos Sainz.

« Face aux conditions piégeuses, nous avons su rester calmes et éviter les erreurs. C’est super de remporter la position de tête », a expliqué Max Verstappen, une fois sorti de son bolide.

Fernando Alonso, âgé de 40 ans, était tout sourire. « C’est un week-end incroyable pour nous jusqu’à présent. Grâce à la piste mouillée, la voiture était tellement facile à piloter. Je crois que je vais attaquer Max dès le premier virage demain », a-t-il promis au plus grand plaisir de la foule.

Il a toutefois rapidement révisé à la baisse les attentes quelques minutes plus tard en conférence de presse, rappelant que les Red Bull, les Ferrari et les Mercedes ont dominé le championnat jusqu’à présent et qu’on voit souvent en course les voitures des meilleures équipes remonter tout le peloton après avoir connu des problèmes. « Franchement, nous ne sommes pas dans les mêmes ligues », a-t-il reconnu. « Le mieux qu’on puisse espérer, c’est peut-être se battre pour la cinquième place. »

Carlos Sainz avait plus d’ambition de son côté. « L’important est d’avoir un bon départ. Nous aurons la vitesse pour faire la lutte à Max. Ça devrait être serré. »

Une grille mélangée

 

Le manque d’adhérence et de visibilité est venu compliquer la vie des pilotes qui devaient déjà rapprivoiser un circuit sur lequel ils n’étaient pas venus depuis trois ans, et ce, au volant de toutes nouvelles voitures plus grosses, plus lourdes, et affligées de problèmes de tenue de route cette saison.

Habitués à se trouver beaucoup plus loin à la grille de départ, les pilotes de l’écurie Haas, Kevin Magnussen et Mick Schumacher, se pinceront dimanche lorsqu’ils se verront tout juste derrière le septuple champion du monde Lewis Hamilton qui a inscrit le 4e temps, et devant son coéquipier chez Mercedes, George Russell (8e).

Victime d’une sortie de piste, l’autre pilote Red Bull, Sergio Perez, n’a pas pu faire mieux que le 13e temps. Titulaire, jusque-là, de six positions de tête en huit séances de qualifications cette saison, l’autre pilote Ferrari, Charles Leclerc, a été encore moins performant (15e) et partira finalement de la dernière ligne s’étant fait infliger une pénalité pour avoir dû effectuer un changement de moteur.

Le Monégasque aura juste devant lui les deux pilotes locaux, les Montréalais Lance Stroll (Austin Martin) et Nicholas Latifi (Williams).

 

Attention aux murs

À en croire les prévisions météorologiques, les pilotes devraient avoir droit à de meilleures conditions de piste pour la course d’un peu plus de 305 km de dimanche.

Fait de longues ligues droites et des courbes rapides interrompues par de courts virages plus marqués, le circuit Gilles-Villeneuve est « une piste à part avec beaucoup de caractère », avait expliqué vendredi le pilote australien de l’écurie McLaren, Daniel Ricciardo. « À certains endroits, on dirait presque une piste de karting où l’on essaie de couper les virages autant que possible. »

« C’est une piste très difficile. On doit beaucoup y attaquer et chevaucher les vibreurs, et on s’y retrouve rapidement dans un mur en cas d’erreur », a observé à son tour le Canadien Lance Stroll.

Depuis 2014, l’épreuve montréalaise a toujours été remportée par l’un des pilotes qui partaient de l’une ou l’autre des deux premières places sur la grille de départ. Théâtre de nombreux rebondissements en raison de la météo et d’incidents de course nécessitant le regroupement du peloton derrière la voiture de sécurité, le circuit de l’île Notre-Dame n’en offre pas moins « une piste où il est relativement facile de dépasser », a dit Charles Leclerc. « C’est un endroit où les pilotes peuvent faire changer les choses », a confirmé l’Allemand Sebastian Vettel.

Des pilotes trop délicats ?

Cette année, ces pilotes doivent composer avec une nouvelle réglementation qui a rendu leurs voitures plus grosses et plus lourdes, mais sujettes aussi à un phénomène aérodynamique appelé « marsouinage » qui se traduit par des oscillations de haut en bas plus ou moins rapides et violentes de leurs voitures. Comme plusieurs d’entre eux se sont plaints de maux de tête et de dos en plus de problèmes de vision, la Fédération internationale de l’automobile du sport a annoncé cette semaine qu’elle se pencherait sur la question et imposerait peut-être de nouvelles règles pour protéger la sécurité des pilotes.

Même si toutes les équipes disent avoir à coeur la sécurité de leurs pilotes et vouloir coopérer, toutes n’éprouvent pas autant de problèmes. Cela en amène certaines à accuser à mots couverts les autres de se servir de ce prétexte pour essayer de gommer leurs mauvais choix techniques.

« Nous faisons tous face aux mêmes contraintes que les autres équipes, a fait valoir samedi le patron de l’écurie Alpine, Otmar Szafnauer. Nous avons choisi de garder nos voitures à une hauteur suffisante qui nous permet d’obtenir de la performance sans risquer de blesser nos pilotes ou casser nos voitures. [Mais] certaines équipes ont décidé d’exercer des pressions sur la FIA pour changer les règles à la place. »

Connu pour ses propos d’une franchise parfois brutale, le directeur d’AlphaTauri, Frantz Tost, s’en est pris, quant à lui, aux pilotes eux-mêmes. « Cela a toujours été difficile de piloter ces voitures. […] Ce sont des formules 1, pas des Rolls-Royce. Les pilotes devraient le savoir. Si les voitures sont trop inconfortables et trop difficiles à conduire pour eux, ils devraient rentrer à la maison, se trouver un bon fauteuil dans leur salon et faire des courses sur des jeux vidéo. »

Avantage Red Bull

 

Après huit épreuves sur une saison qui en compte un total de 22, Max Verstappen mène le championnat des pilotes avec 150 points, devançant son coéquipier chez Red Bull, Sergio Perez (129 points), le pilote Ferrari Charles Leclerc (116) et le pilote Mercedes George Russell (99). Aux volants de voitures beaucoup moins compétitives, les deux Québécois en lice, Lance Stroll (17e) et Nicholas Latifi (21e) arrivent beaucoup plus loin derrière.

30

À voir en vidéo