La WTA à l’AP: la suspension des tournois en Chine pourrait aller au-delà de 2022

Peng, qui a participé trois fois aux Jeux olympiques et qui a occupé le premier rang mondial en double, n’a pas été revue pendant plusieurs semaines après avoir accusé un ex-haut dirigeant du Parti communiste chinois d’agression sexuelle.
Photo: Adrian Dennis Agence France-Presse Peng, qui a participé trois fois aux Jeux olympiques et qui a occupé le premier rang mondial en double, n’a pas été revue pendant plusieurs semaines après avoir accusé un ex-haut dirigeant du Parti communiste chinois d’agression sexuelle.

La suspension de tous les tournois de tennis de la WTA en Chine à cause d’inquiétudes entourant la sécurité de Peng Shuai, une championne en double de tournois du Grand Chelem qui a accusé un ancien responsable du gouvernement de ce pays d’agression sexuelle, pourrait mener à l’annulation de ces événements au-delà de 2022.

C’est ce qu’a déclaré le grand patron du circuit de tennis professionnel féminin à l’Associated Press, mercredi.

« Nous avons l’espoir d’arriver au bon endroit, mais nous sommes prêts, si la situation continue comme ça — ce qui n’a pas été productif jusqu’à présent — à ne pas opérer dans la région », a déclaré Steve Simon, président et chef de la direction de la WTA, dans une visioconférence depuis la Californie.

« Il s’agit d’un effort organisationnel qui porte véritablement sur ce qui est bien et mal. »

Simon a ajouté que la décision de suspendre les tournois du circuit en Chine, incluant Hong Kong, a été prise avec l’appui du bureau des gouverneurs de la WTA, des joueuses, des tournois et des commanditaires.

Il s’agit de la plus forte prise de position publique d’un organisme sportif contre la Chine, et elle pourrait coûter des millions de dollars à la WTA.

La décision a été prise au lendemain de la sortie de l’Union européenne, qui a exigé de la Chine qu’elle offre des « preuves vérifiables » que la joueuse de tennis chinoise est saine et sauve et qu’elle mène une enquête exhaustive et transparente sur ses allégations d’agression sexuelle.

Inquiétante disparition

Peng, qui a participé trois fois aux Jeux olympiques et qui a occupé le premier rang mondial en double, n’a pas été revue pendant plusieurs semaines après avoir accusé un ex-haut dirigeant du Parti communiste chinois d’agression sexuelle.

Elle n’a eu que quelques contacts avec des gens de l’extérieur de la Chine depuis qu’elle est disparue de la sphère publique plus tôt ce mois-ci. Elle a déclaré aux dirigeants olympiques, lors d’une visioconférence de Pékin, le 21 novembre, qu’elle était en sécurité.

« Sa récente réapparition publique ne diminue en rien les inquiétudes au sujet de sa sécurité et de sa liberté », a déclaré un porte-parole de l’UE.

Peng a allégué en ligne que Gaoli Zhang l’avait forcée à avoir des relations sexuelles avec lui il y a trois ans. La publication a été retirée après quelques minutes seulement et Peng n’a plus été vue en public par la suite.

« L’Union européenne se joint à un large mouvement international, dont des professionnels du sport, pour demander des preuves de sa liberté et de sa sécurité, a indiqué l’UE par communiqué. C’est pourquoi l’UE exige de la Chine qu’elle fournisse des preuves vérifiables de la sécurité, du bien-être et de la liberté de mouvement de Peng Shuai. L’UE prie aussi les autorités chinoises de mener une enquête exhaustive, juste et transparente au sujet de ses allégations d’agression sexuelle. »

Peng s’ajoute à la liste de plus en plus importante de gens d’affaires, manifestants et citoyens ordinaires de la Chine qui sont disparus de la vie publique au cours des dernières années après avoir critiqué des dirigeants du Parti, ou encore lors de répression de campagnes contre la corruption, prodémocratie ou sur les droits des travailleurs.

« L’UE s’oppose fortement aux pratiques de disparition forcée et de détention arbitraire […] et demande à la Chine de se conformer à ses obligations en lien avec les droits de la personne en vertu des lois nationales et internationales », a ajouté l’organisme.

À voir en vidéo