Des défis importants attendent Bergevin

Phillip Danault a connu sa saison la moins productive depuis son arrivée chez le Canadien en février 2016. Il a toutefois prouvé une fois de plus sa valeur en séries, notamment face aux Golden Knights de Vegas.
Photo: Ethan Miller/Getty Images/AFP Phillip Danault a connu sa saison la moins productive depuis son arrivée chez le Canadien en février 2016. Il a toutefois prouvé une fois de plus sa valeur en séries, notamment face aux Golden Knights de Vegas.

Quelques minutes après la défaite du Canadien de Montréal en finale de la Coupe Stanley, l’entraîneur-chef par intérim, Dominique Ducharme, a affirmé vouloir retourner en finale en 2022 et terminer sur une bonne note. Il a aussi admis qu’il était conscient que la tâche ne sera pas facile.

Mené par des vétérans comme le capitaine Shea Weber, Brendan Gallagher et Carey Price, ainsi que les anciens champions de la Coupe Stanley Corey Perry et Eric Staal, le Canadien a aussi été porté ce printemps par le brio des jeunes Nick Suzuki et Cole Caufield, sans oublier Jesperi Kotkaniemi et Alexander Romanov, qui ont également marqué des buts importants en cours de route.

La douleur était vive après la défaite de 1-0 lors du cinquième match de la grande finale, mercredi soir à l’Amalie Arena. Pendant que le Lightning de Tampa Bay célébrait autour du gardien Andrei Vasilevskiy, quelques joueurs du Canadien essayaient de consoler Weber, qui participait à une finale de la Coupe Stanley pour une première fois après 16 saisons dans la LNH.

Le parcours du Canadien a fait rêver une nouvelle génération de partisans. Pourra-t-il confirmer sa place dans l’élite de la LNH la saison prochaine ?

Le directeur général, Marc Bergevin, n’a jamais voulu admettre qu’il avait joué le tout pour le tout cette saison, mais après quelques campagnes à se garder une marge de manœuvre sous le plafond salarial, il a enfin eu l’occasion d’utiliser cet argent pour assembler le groupe le plus performant de son règne de neuf saisons à la tête du Tricolore. La profondeur du Canadien a fait son succès en saison régulière et en séries. Sans le gardien Jake Allen, le Canadien glisse peut-être hors du portrait des séries en l’absence de Price en fin de saison. L’arrivée de Joel Edmundson a consolidé un top 4 intimidant en défensive. Les acquisitions de Corey Perry, de Tyler Toffoli et de Josh Anderson ont ajouté du punch à l’attaque.

Bergevin aura pour mission cet été de conserver cette profondeur pour permettre à ses troupes de répondre aux nouvelles attentes.

Danault sans contrat

Le premier défi de Bergevin sera de s’entendre avec le centre Phillip Danault, qui pourrait devenir joueur autonome sans compensation le 28 juillet prochain. Même si le Québécois a connu sa saison la moins productive depuis son arrivée chez le Canadien en février 2016, il a prouvé une fois de plus sa valeur en séries.

Danault a pivoté le trio qui a neutralisé tour à tour les meilleurs éléments offensifs des Maple Leafs de Toronto, des Jets de Winnipeg et des Golden Knights de Vegas.

Certaines comparaisons ont été faites au cours des dernières semaines afin de donner une idée du contrat que Danault pourrait obtenir. Les comparaisons allaient d’Adam Lowry, des Jets, qui a signé une prolongation de contrat de cinq saisons à une valeur moyenne annuelle de 3,25 millions de dollars américains, à Jordan Staal, des Hurricanes de la Caroline, à qui il reste deux saisons à écouler à un contrat de 10 campagnes lui rapportant un salaire moyen annuel de 6 millions.

Une bonne part de la marge de manœuvre sous le plafond salarial cet été sera donc consacrée au renouvellement du contrat de Danault — ou à dénicher un autre centre pour le remplacer si les deux parties n’arrivent pas à s’entendre. Le Canadien pourrait aussi être tenté de placer Jake Evans dans la chaise de Danault si ce dernier quittait l’organisation.

La profondeur de l’attaque pourrait être également affectée par les départs possibles de Joel Armia, Tomas Tatar, Perry et Staal, qui pourraient tous profiter de l’autonomie complète.

Bergevin devra aussi consentir de nouveaux contrats à Artturi Lehkonen et Jesperi Kotkaniemi, tous deux joueurs autonomes avec compensation. Il devra également garder en tête les prochains contrats à donner à Suzuki (en 2022) et Caufield (en 2023).

Repêchage d’expansion

De plus, le repêchage d’expansion pourrait faire un trou dans la formation du Canadien. Bergevin devra choisir entre protéger les membres de son top 4 défensif et exposer un attaquant de qualité ou protéger sept attaquants, mais être prêt à perdre Ben Chiarot ou Joel Edmundson. Devant le filet, Allen pourrait également être une option intéressante pour le Kraken de Seattle.

Les membres du Lightning l’ont souligné après leur victoire mercredi : il n’est pas facile de remporter la Coupe Stanley deux saisons de suite à l’ère du plafond salarial. Le défi est le même pour l’équipe qui a rendu les armes en grande finale.

La tâche ne sera pas facile pour le Canadien. Mais l’équipe a fait preuve de caractère tout au long de la saison et les choses ont cliqué une fois en séries éliminatoires.

Bergevin a répété au fil des ans que l’objectif premier est de se qualifier pour les séries, et que tout est possible ensuite avec Carey Price devant le filet. Il a eu raison en 2021. L’histoire se répétera-t-elle en 2022 ? À suivre.

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