Le Lightning de Tampa Bay remporte la Coupe Stanley

Le Lightning a mis la main sur le précieux trophée lors d’une deuxième saison d’affilée.
Photo: Gerry Broome Associated Press Le Lightning a mis la main sur le précieux trophée lors d’une deuxième saison d’affilée.

À l’interne, le Canadien de Montréal a toujours cru avoir l’équipe pour atteindre la finale de la Coupe Stanley et soulever le précieux trophée cette saison. C’est pourquoi l’échec à la dernière étape faisait si mal, mercredi soir à l’Amalie Arena.

La belle aventure du Tricolore a pris fin à la suite d’un revers de 1-0 contre le Lightning de Tampa Bay lors du cinquième match de la finale de la Coupe Stanley.

Le Lightning a ainsi remporté la série 4-1 et a mis la main sur le précieux trophée lors d’une deuxième saison d’affilée et pour une troisième fois dans son histoire.

De l’autre côté, la disette du Canadien a officiellement atteint les 28 ans. L’équipe la plus titrée de l’histoire de la LNH n’a pas soulevé la Coupe Stanley depuis 1993, lors de son 24e championnat.

« C’est difficile d’être si près et en même temps si loin, a dit l’entraîneur-chef par intérim du Canadien, Dominique Ducharme. Nous aurions aimé finir ça d’une autre façon, mais je suis fier de mes joueurs, de notre équipe. Nous nous sommes battus, nous n’avons jamais abandonné, nous avons fait preuve de caractère. »

« Les attentes externes n’étaient pas élevées, mais pour nous, elles étaient plus grandes, a-t-il ajouté. Nous voulions être ici. Si nous l’avions dit avant le début des séries, nous nous serions fait traiter d’idiots, mais nous pensions être ici. Nous aurions aimé trois victoires de plus. »

Ross Colton a inscrit l’unique but de la rencontre, mercredi, sur une passe de David Savard.

Andrei Vasilevskiy s’est chargé du reste devant le filet du Lightning, qui n’a jamais perdu deux matchs de suite lors des deux derniers parcours des siens en éliminatoires. Il a stoppé 22 tirs, mercredi soir.

Vasilevskiy a été nommé lauréat du trophée Conn-Smythe, en tant que joueur par excellence des séries.

À l’autre bout de la patinoire, Carey Price a effectué 29 arrêts. Il poursuivra sa quête d’une première Coupe Stanley l’automne prochain, quand il en sera à sa 15e saison dans la LNH.

Plusieurs vétérans du Canadien avaient souligné l’importance de profiter de chaque occasion en séries. Cela a semblé inspirer l’équipe pendant son parcours ce printemps.

« C’est la raison pour laquelle nous ne nous arrêterons pas, a dit Ducharme au sujet des vétérans toujours en quête d’une première Coupe Stanley. Pour nous, pour moi, pour le groupe, il n’est pas question que ces gars-là partent un jour sans trophée. Le chemin sera long, mais je pense que tous les joueurs dans l’équipe méritent une autre chance. C’est à nous de nous la donner. Il n’y a rien de garanti ou de facile, mais nous allons travailler. »

Mené par Price, Shea Weber, Corey Perry, Jeff Petry, Phillip Danault, Brendan Gallagher et les jeunes Nick Suzuki, Cole Caufield et Jesperi Kotkaniemi, le Canadien a finalement frappé un mur en finale contre le Lightning.

Le Tricolore a payé pour chacune de ses erreurs en début de finale. La pente était trop difficile à remonter une fois en retard 3-0.

Le Canadien a réussi à éviter le balayage avec une victoire en prolongation de 3-2 à Montréal, lundi. En fin de compte, cela aura permis au Lightning de célébrer devant ses partisans.

« Je pense que nous aurions mérité un meilleur résultat lors du deuxième match, a affirmé Ducharme. Ça fait partie de notre apprentissage. […] Nous affrontions une équipe qui a fait face à beaucoup d’adversité par le passé, qui a eu besoin de temps avant de se rendre ici et gagner, qui a dû apprendre à gagner ensemble. Je pense que nous avons fait un pas dans la bonne direction. »

« Nous avons démontré beaucoup de résilience. Nous avons grandi comme groupe. Nous devrons nous en servir de la bonne façon. Ce n’est pas avec cette sensation-là que nous voulons terminer la prochaine fois », a conclu Ducharme.

Le plus fort gagne

Le Lightning a contrôlé le jeu en première période, alors qu’il a profité notamment de deux avantages numériques.

Price a dû garder le fort, effectuant 13 arrêts. Il a aussi joué de chance, quand Tyler Johnson a atteint la barre transversale avec un peu plus de cinq minutes à faire à la période.

Les coups d’épaule ont également été nombreux lors du premier vingt. Blake Coleman a encaissé une sévère mise en échec de Joel Edmundson, mais il s’est vengé avec de solides coups à l’endroit de Tyler Toffoli et Nick Suzuki. Les trois gestes n’étaient pas nécessairement légaux, mais les arbitres ont décidé de ne pas sévir.

Le Canadien a joué du meilleur hockey en deuxième période. Cette fois, c’est Vasilevskiy qui a fermé la porte.

Cole Caufield a réussi à déjouer le gardien russe à mi-chemin de la période, lors d’un avantage numérique, mais il a à son tour atteint la barre transversale.

Colton a finalement ouvert la marque avec 6:33 à écouler au deuxième vingt. Il a fait fi de la couverture d’Edmundson devant le filet et a fait dévier la remise de Savard dans l’ouverture.

Un peu avant que les spectateurs commencent à scander « We want the Cup ! » (Nous voulons la coupe), Josh Anderson a obtenu une belle occasion de niveler la marque en s’échappant après un peu plus de trois minutes de jeu en troisième période. Vasilevskiy a toutefois réussi l’arrêt et Anderson a chuté avant de donner violemment contre le poteau. L’attaquant du Canadien a brièvement retraité au vestiaire avant de revenir au jeu.

Le Canadien a remplacé Price par un attaquant supplémentaire en fin de rencontre, mais il n’a pas été en mesure de créer l’égalité. La fête a pu commencer à l’Amalie Arena.

Échos de vestiaire

Brendan Gallagher a eu de la difficulté à contenir ses émotions en visioconférence.

« J’ai joué au sein de nombreuses bonnes équipes, avec de bons gars. C’est difficile présentement. Nous comptions sur de nombreux joueurs qui ont travaillé toute leur carrière pour en arriver ici. C’est pour cette raison que la pilule est difficile à avaler. »

Gallagher a ajouté que l’expérience ne pourra être que bénéfique pour les jeunes joueurs du groupe.

« Je crois avoir appris de chacun de mes échecs en séries. Nous comptons sur plusieurs jeunes joueurs qui auront un rôle important dans l’avenir de l’équipe. Parfois, vous devez vivre un moment comme celui-ci avant de pouvoir devenir un champion. J’aimerais quand même que ce ne soit pas nécessaire ! »

Phillip Danault a résumé les qualités démontrées par le Canadien cette saison en quelques mots.

« Le caractère, la compétition sur la glace, ne jamais abandonner. Ce sont des mots à l’image de l’équipe. »

Carey Price a souligné ne ressentir que de la déception après cette défaite en finale.

« Ce n’est pas amusant de voir quelqu’un d’autre faire ce que vous vouliez faire. Que ce soit en regardant à la télévision ou en étant assis sur le banc, c’est la même sensation. »

Shea Weber se rappellera des bons moments en groupe vécus pendant la saison 2021.

« Nous comptions sur un bon groupe de gars, un des meilleurs dans mes 16 saisons en carrière. Ç’a été une saison étrange et les difficultés ont aidé à nous unir. Nous avons eu beaucoup de plaisir avec ce que nous pouvions faire. »

Weber s’est aussi porté à la défense de Price après que le gardien déclaré que la différence dans la série avait été son jeu lors des premiers matchs.

« Je ne crois pas que ce fut le cas. C’est nous qui n’avons pas été assez bons devant Carey. Il faut aussi donner crédit (au Lightning). Ils ont une excellente équipe. »

Déception chez les partisans du Canadien

«Crève-coeur», «terriblement triste», «sans mot»… les partisans du Canadien réunis une dernière fois au centre-ville de Montréal ne cachaient pas leur déception dans les minutes suivant la défaite de leurs Glorieux. «On s’est fait dominer, mais le Canadien a quand même donné espoir aux partisans», se console Jerry James. «On aurait aimé ça aller plus loin que ça, mais, au moins, le Lightning n’a pas gagné à la maison. Ils n’ont pas gagné la coupe chez nous. On a au moins l’honneur, on ne s’est pas fait balayer, puis, c’est nous qui avons le plus de coupes, pas eux! » C’est la mine déconfite, mais dans le calme, que les centaines de supporters ont évacué le Quartier des spectacles et les abords du Centre-Bell, sous l’œil un peu hagard des policiers. «On y a cru, lance Benjamin Robert, l’air résigné, sur le chemin du retour. Mais le développement n’était pas là, on n’est pas encore capable de battre des équipes comme Tampa Bay. Ça augure bien pour les prochaines années.» 

Jean-Louis Bordeleau

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