Mikaël Kingsbury prépare son retour

Mikaël Kingsbury lors de la Coupe du monde de ski acrobatique à Lake Placid en janvier 2019
Photo: Hans Pennink Associated Press Mikaël Kingsbury lors de la Coupe du monde de ski acrobatique à Lake Placid en janvier 2019

La rééducation de Mikaël Kingsbury à la suite d’une importante blessure au dos se déroule si bien qu’il vise maintenant un retour à la compétition dans le cadre de la Coupe du monde de ski acrobatique de Deer Valley, en Utah, du 4 au 6 février.

Kingsbury a pris cette décision après que la Fédération internationale de ski eut procédé à une série de changements à son calendrier. Ainsi, après Deer Valley, la FIS a annulé les épreuves de Calgary, du 19 au 21 février, et de Tazawako, au Japon, du 6 au 7 mars.

Le « King des bosses » visait un retour à la Coupe du monde de Calgary, initialement prévue à la fin janvier, puis déplacée en février à cause des restrictions relatives à la pandémie de coronavirus. Ses plans ont changé à la suite des annonces de la FIS.

« Mon objectif, c’est de revenir au portillon de départ à Deer Valley et d’être compétitif. […] Je ne suis pas loin de pouvoir pousser à 100 %, mais je dois rester intelligent et me concentrer sur les petits détails afin d’éviter une nouvelle blessure », a dit le bosseur lors d’un entretien téléphonique jeudi, en ajoutant qu’il avait l’impression d’être en avance sur son programme de rééducation.

Kingsbury est sur la touche depuis qu’il s’est fracturé les vertèbres T4 et T5 — celles situées entre les omoplates —, au début du mois de décembre lors d’un entraînement en marge de la Coupe du monde de ski acrobatique de Ruka, en Finlande. En conséquence, il a dû s’absenter des pistes pendant près de six semaines.

« Si je compare la douleur actuelle avec celle que je ressentais immédiatement après ma chute, elle se situe à 1 [sur une échelle de 10]. Je me sens super bien, car on a fait les affaires de la bonne manière », a-t-il assuré.

Je ne suis pas loin de pouvoir pousser à 100 %, mais je dois rester intelligent et me concentrer sur les petits détails afin d’éviter une nouvelle blessure

 

« J’ai commencé à faire de la rééducation chez moi avec mon préparateur physique après quatre semaines, puis une radiographie a démontré lors de la sixième semaine que mes fractures étaient très bien ressoudées, a précisé Kingsbury. J’ai ensuite recommencé à skier, sans impact, vers le 5 ou le 6 janvier à Saint-Sauveur, et là je suis de retour dans les bosses. »

Kingsbury se dirigera ce week-end vers Calgary pour participer à un mini-camp d’entraînement. La perspective de négocier une piste réputée très difficile à Deer Valley, alors qu’il n’a toujours pas disputé d’épreuve officielle depuis le début de la saison, ne semble toutefois pas l’effrayer.

« En fait, je préfère reprendre la compétition à Deer Valley, un endroit où j’ai connu beaucoup de succès en carrière. C’est un endroit qui est difficile pour tout le monde, et j’aime bien relever des défis. Il va maintenant falloir que je poursuive ma préparation afin d’être en confiance dans le portillon de départ là-bas », a évoqué le principal intéressé.

« Mais pour l’instant, la confiance est là ; j’ai cassé la glace en effectuant le saut avec lequel je me suis blessé, et je ne pense pas trop à ma blessure quand je skie. C’est vraiment ça l’important — vivre dans le moment présent », a-t-il poursuivi.

« Une année avec un astérisque »

La saison de la Coupe du monde de ski acrobatique pourrait par la suite se terminer à Almaty, au Kazakhstan, les 13 et 14 mars, bien que cette étape n’ait pas de statut actuellement. Elle remplacerait l’étape finale de Krasnoïarsk, en Russie, prévue aux mêmes dates.

« C’est sûr que c’est plate, car il n’y aura pas beaucoup d’événements sur le circuit après mon retour à la compétition, a noté Kingsbury. Je peux juste faire de mon mieux, et essayer d’être celui qui marque le plus de points à partir de mon retour. Mais de manière réaliste, il n’y aura pas assez d’événements pour me permettre de remonter dans le classement général. »

Le médaillé d’or des Jeux olympiques de Pyeongchang en 2018, qui n’avait manqué qu’une seule épreuve en carrière avant cet incident, devra donc faire une croix sur la conquête d’un 10e globe de cristal consécutif. L’athlète de Deux-Montagnes prend néanmoins le tout philosophiquement.

« Mon objectif, ce n’est pas de gagner le globe de cristal. C’est de revenir et de retrouver mes sensations et d’offrir les meilleures performances possible, compte tenu de mon état de santé », a-t-il résumé.

« C’est une année avec un astérisque à côté ; c’est une année qui comptera très peu de Coupes du monde. C’est une année bizarre, avec la COVID-19 et ma blessure. Tout ce que je peux faire maintenant, c’est me préparer en vue [des Jeux olympiques de Pékin] de 2022 », a ajouté Kingsbury.

Ainsi, Kingsbury a indiqué qu’après la Coupe du monde d’Almaty, si elle a lieu, il compte participer aux Championnats canadiens de ski acrobatique vers la fin du mois de mars.

« Je n’accrocherai pas mes skis. Je veux participer à tous les événements disponibles, afin d’avoir le plus de “millage” possible. Ce sera en quelque sorte une répétition afin de commencer la saison 2022 du bon pied », a-t-il conclu.

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