L'olympisme canadien est ébranlé par la pandémie

Le bobeur canadien Justin Kripps et son équipier Cameron Stones, le 22 février dernier, en Allemagne
Photo: Jens Meyer Associated Press Le bobeur canadien Justin Kripps et son équipier Cameron Stones, le 22 février dernier, en Allemagne

Le bobeur canadien Justin Kripps espère pouvoir trouver son erre d’aller pendant la prochaine saison. Mais ce qu’il en tirera sera essentiellement dicté par la pandémie de COVID-19.

« J’ai l’impression que de nombreuses options s’offrent à nous, mais il faudra en choisir une », a évoqué le champion olympique qui est originaire de Summerland, en C.-B.

«Ce que nous tentons de garder en tête, comme la plupart des gens, c’est notre flexibilité, car nous devrons être prêts à toute éventualité en très peu de temps », a-t-il ajouté.

La pandémie a mis à l’épreuve la capacité du Canada à demeurer parmi l’élite mondiale dans les sports d’hiver, en vue des Jeux olympiques de Pékin en 2022.

Le Canada fait partie du top 5 au tableau des médailles de chaque édition des Jeux olympiques d’hiver depuis 1998, et du top 3 au chapitre des médailles d’or aux Jeux paralympiques d’hiver depuis 2010.

Et la troisième saison d’un cycle olympique qui en compte quatre est toujours déterminante.

C’est une saison au cours de laquelle les athlètes peuvent se qualifier pour les JO en enregistrant des résultats en Coupe du monde ou aux Championnats du monde.

Cette saison permet souvent de repérer les athlètes qui peuvent aspirer au podium olympique ou paralympique, et ce qu’il manque à certains d’entre eux afin d’y accéder.

« C’est une saison assez cruciale », a répété le directeur général de Ski acro Canada Peter Judge.

L’accès à des séances d’entraînement et à des sites de qualité, alors que des restrictions de voyage sont en vigueur un peu partout sur la planète — sans compter les quarantaines obligatoires, les délais et les nombreuses compétitions internationales annulées —, rendent la situation très difficile pour les athlètes.

« Chaque situation est très complexe présentement », a reconnu le directeur sportif du Comité olympique canadien Eric Myles.

Les fédérations internationales de sports de glisse et sur neige sont pratiquement toutes situées en Europe, où se sont déroulées la plupart des compétitions internationales pendant la pandémie.

La plupart des escales nord-américaines ont été rayées des calendriers internationaux. Le Canada a perdu l’avantage du terrain dans plusieurs disciplines, dont le patinage de vitesse, la luge, le ski alpin, le ski cross et le patinage artistique.

Le ski acrobatique, le surf des neiges, le patinage artistique, le patinage de vitesse et les sports de glisse ont généré 26 des 29 médailles canadiennes aux Jeux d’hiver de Pyeongchang, en Corée du Sud, en 2018.

Mais les mauvaises nouvelles continuent de s’accumuler.

Toutes les épreuves de patinage de vitesse pour le reste de 2020 ont été annulées, ce qui signifie que les patineurs canadiens seront confinés à la maison jusqu’en 2021.

La Fédération internationale de patinage songe à établir des « bulles » européennes afin de terminer la saison en 2021.

L’équipe canadienne de ski alpin a pris part à la première étape de la saison de Coupe du monde le week-end dernier à Sölden, en Autriche.

Les planchistes et les bosseurs ont participé à leurs camps d’entraînement respectifs à Saas-Fee et Zermatt, en Suisse, avant que le pays ne décrète que tous les Canadiens qui y entrent doivent obligatoirement respecter une quarantaine de 10 jours.

Heureusement pour les représentants de l’unifolié, le Canada compte sur un riche héritage en termes d’infrastructures à cause des Jeux olympiques de Calgary en 1988 et ceux de Vancouver et Whistler en 2010.

Ces sites pourraient devenir le plan B de nombreux athlètes s’ils restent coincés au pays pour une partie de la prochaine campagne.

Snowboard Canada et Ski acro Canada travaillent présentement avec WinSport, situé à Calgary, afin que ce site devienne le lieu d’entraînement des équipes nationales, si nécessaire.

« Si tout éclate cet hiver, même si nous sommes coincés ici, et même si nous ne pouvons participer à des compétitions à l’étranger, alors nous nous rabattrons sur nos infrastructures de classe internationale », a expliqué Judge.

Ces fédérations tentent également de faire de WinSport une « bulle » internationale en vue des épreuves de Coupe du monde de surf des neiges et de ski acrobatique, en mars 2021.

Par ailleurs, les installations des équipes canadiennes de patinage de vitesse de courte piste situées à Montréal ont été fermées à cause de la recrudescence du nombre de cas de COVID-19 au Québec.

« C’est épeurant de constater que nos équipes ne peuvent patiner en ce moment, a évoqué la directrice générale de Patinage de vitesse Canada Susan Auch. C’est un véritable problème.

« C’est une autre pause forcée, après une période de six à huit mois qui a été très difficile pour nous », a-t-elle ajouté.

Des solutions sont présentement étudiées pour accueillir ces deux équipes, qui comptent au total environ 80 personnes, et on songe notamment à l’anneau de glace couvert de Fort St. John, en C.-B.