La quête du Grand Chelem en carrière de Jordan Spieth passe presque inaperçue

Jordan Spieth lors du Memorial Tournament en juillet dernier
Photo: Darron Cummings Associated Press Jordan Spieth lors du Memorial Tournament en juillet dernier

En principe cette semaine, le monde du golf devrait avoir les yeux tournés vers Jordan Spieth et sa quête d’un exploit historique au Championnat de la PGA.

Si Spieth l’emporte dimanche sur le parcours de Harding Park, il aura gagné au moins une fois chacun des quatre tournois du Grand Chelem. Seulement cinq autres joueurs — Tiger Woods, Jack Nicklaus, Gary Player, Ben Hogan et Gene Sarazen — ont réalisé pareil tour de force depuis la première édition du Tournoi des Maîtres en 1934.

Il s’agira de sa quatrième occasion pour le faire et chaque année, la tâche devient plus ardue. L’attente la plus longue menant à la réalisation d’un Grand Chelem pendant sa carrière est de trois ans, par Player et Nicklaus.

Et pourtant, presque personne n’en parle.

Ce n’est pas parce que Brooks Koepka tente de devenir le premier golfeur à gagner le Championnat de la PGA trois années consécutives en format « par coups ». Ni parce que Tiger Woods est à la recherche d’un cinquième triomphe à ce tournoi, ce qui lui permettrait d’égaler le record que partagent Nicklaus et Walter Hagen.

Ce n’est même pas parce que le golf est de retour pendant une pandémie de coronavirus qui laissera les spectateurs à l’écart du terrain pour la première fois dans l’histoire des tournois majeurs.

L’attention vers Spieth n’est plus aussi grande parce qu’il n’a pas gagné un seul tournoi depuis son triomphe à l’Omnium britannique en juillet 2017.

Qui aurait pu deviner pareil scénario ? Certainement pas le Texan de 27 ans.

« Si vous m’aviez raconté cela, je vous aurais probablement répondu que cette personne est une sorte d’imbécile, et j’aurais marché dans l’autre direction », a lancé Spieth, avec le sourire.

« Mais voilà, nous en sommes là. Et j’espère mettre fin à cela aussitôt que possible. »

Beaucoup de choses ont changé depuis sa dernière visite au TPC Harding Park. C’était en 2015, au Cadillac Match Play, un tournoi « par trous ». Spieth était le nouvel « enfant prodige » du golf après son triomphe au Tournoi des Maîtres.

Il a ensuite remporté l’Omnium des États-Unis, en juin, raté une série éliminatoire par un coup à l’Omnium britannique à St. Andrews, en juillet, et s’est classé deuxième au Championnat de la PGA, en août. Personne ne s’était lancé dans une quête aussi dynamique d’un Grand Chelem de calendrier.

Aujourd’hui, son classement mondial explique tout.

Spieth occupait le deuxième échelon après avoir gagné l’Omnium britannique à Royal Birkdale en 2017. Moins d’un mois plus tard, à sa première tentative de boucler le Grand Chelem de carrière, il s’est classé 28e au Championnat de la PGA.

L’année suivante, lorsqu’il s’est présenté pour le Championnat de la PGA sur le parcours de Bellerive, il avait glissé au huitième rang de l’échiquier mondial. Au tournoi, il a dû se contenter de la 12e place.

L’an dernier, avant d’entamer le Championnat de la PGA à Bethpage Black, il détenait la 39e place au classement mondial.

Le samedi du tournoi, il évoluait au sein du dernier groupe, en compagnie de Brooks Koepka, mais avec un recul de huit coups, et a rapidement perdu du terrain. Il a terminé troisième.

Voilà qu’il se retrouve au 62e rang du classement mondial, à l’extérieur du top 50 pour la première fois depuis son année recrue, alors qu’il n’était âgé que de 20 ans.

Plus inquiétant encore que le fait qu’il n’ait pas gagné, Spieth a rarement été au plus fort d’une lutte. Il ne s’est pas classé à trois coups ou moins du sommet depuis sa remarquable remontée lors du parcours final du Tournoi des Maîtres il y a deux ans, où il avait terminé à deux coups de Patrick Reed.

Y a-t-il de l’espoir ? Il n’en doute pas. Existe-t-il une chance à Harding Park ? Il a l’expérience.

« La forme du moment n’est pas l’unique facteur lors des tournois majeurs », note Spieth. « Il y a l’expérience et la capacité de se montrer patient et de savoir attaquer les parcours. Je dirais que j’ai probablement plus de confiance à l’aube d’un tournoi majeur, peu importe le niveau de mon jeu, qu’avant n’importe quel autre tournoi. »

Ce qui cloche chez Spieth pourrait faire l’objet de discussions. Il a été malade pendant tout le mois de décembre avant d’entamer le calendrier de 2018. Il a perdu ses repères. Son jeu sur les verts, son point fort, s’est détérioré.

Depuis, il ne cesse d’essayer de replacer les morceaux du casse-tête aux bonnes cases. Lors des deux dernières années, il n’a pas réussi à se qualifier pour le Championnat du circuit.

« J’ai presque l’impression, parfois, que le sport me teste un peu en ce moment », a-t-il fait remarquer.

Spieth affirme qu’il n’est pas pressé. À l’âge de 27 ans, il lui reste de nombreuses années. Et aussi spectaculaire qu’a été sa saison 2015, il aimerait croire que ses meilleures années sont devant lui.

Toutefois, il n’y a qu’un seul Championnat de la PGA cette année. Une seule chance à un Grand Chelem de carrière.

« C’est quelque chose que je veux vraiment. C’est probablement l’objectif numéro un au golf pour moi en ce moment. J’aimerais pouvoir détenir les quatre trophées. »

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