Les Jeux olympiques de Tokyo sont reportés

Les Jeux olympiques de Tokyo sont reportés en 2021.
Photo: Charly Triballeau Agence France-Presse Les Jeux olympiques de Tokyo sont reportés en 2021.

Initialement programmés en juillet-août 2020, les Jeux olympiques de Tokyo ont été officiellement reportés mardi à 2021, « au plus tard à l’été », une première en temps de paix pour les Jeux de l’ère moderne.

Auparavant, seuls les deux conflits mondiaux du 20e siècle avaient entraîné le report technique, puis l’annulation des Jeux, dont la première édition « moderne » remonte à 1896.

« Dans les circonstances actuelles et sur la base des informations fournies (mardi) par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le président du CIO et le premier ministre du Japon ont conclu que les Jeux olympiques de Tokyo doivent être reprogrammés après 2020 et au plus tard à l’été 2021, afin de sauvegarder la santé des sportifs et de tous ceux qui sont impliqués dans les JO ainsi que la communauté internationale », a annoncé le CIO dans un communiqué.

Peu avant, à Tokyo, à l’issue d’une conférence téléphonique avec le président du CIO, Thomas Bach, le premier ministre japonais, Shinzo Abe, avait annoncé qu’il avait « proposé de reporter [les JO] d’environ un an » et que le président du CIO avait « accepté à 100 % ».

Ces Jeux olympiques, qui s’appelleront toujours JO-2020, seront « le témoignage de la défaite du virus » contre l’humanité, a lancé Shinzo Abe.

En attendant, le relais de la flamme olympique, qui devait débuter jeudi, a été lui aussi reporté.

« Protéger des vies »

C’est un énorme coup dur pour la ville de Tokyo et le Japon, qui se préparaient minutieusement depuis des années à accueillir le plus grand événement sportif de la planète du 24 juillet au 9 août, suivi des Paralympiques du 25 août au 6 septembre. Une malédiction des anneaux olympiques semble frapper la capitale japonaise, qui avait déjà dû renoncer il y a 80 ans à accueillir l’édition de 1940.

Les conséquences vont être lourdes également pour l’économie japonaise cette année, mais aussi pour les différentes fédérations sportives. Mais l’impact financier « n’a pas été évoqué et n’est pas la priorité », a assuré Thomas Bach. « Il s’agit de protéger des vies », a-t-il affirmé.

Avant de s’y résoudre, les autorités japonaises et le CIO avaient été longtemps réticents à envisager officiellement de modifier le calendrier des JO.

Le CIO avait indiqué dimanche qu’il se donnait quatre semaines pour prendre une décision, mais la pression d’athlètes, puis de fédérations sportives nationales et internationales, devenait de jour en jour plus forte avec la propagation inexorable du coronavirus, apparu en Chine fin 2019 et qui sévit désormais massivement ailleurs dans le monde, notamment en Europe.

Cette décision sans précédent, qui va entraîner un grand bouleversement du calendrier sportif à travers le monde, a été bien accueillie par la plupart des acteurs du sport, dont certains avaient vivement critiqué l’attentisme du CIO.

Du répit pour les athlètes

La très puissante fédération internationale d’athlétisme, sport numéro un aux JO, a « salué » mardi cette décision, qui permet selon elle de donner « du répit et de la clarté dans cette situation inédite et incertaine ».

Son président, Sebastian Coe, qui avait pris clairement position, estimant qu’organiser les Jeux cet été n’était « ni faisable ni souhaitable », avait déjà indiqué lundi qu’il était prêt à reporter d’un an les Mondiaux prévus à Eugene (Oregon) à l’été 2021.

Le comité national olympique allemand s’est félicité d’une décision « juste et d’une importance énorme ». Les Britanniques ont de leur côté reconnu que le CIO « n’avait pas d’autre option dans les conditions actuelles que de prendre cette décision », tandis que le comité français a estimé que le report était « probablement la meilleure des options ».

Cette annonce survient au moment où la plupart des compétitions sportives sont à l’arrêt sur l’ensemble des continents, où plus d’un milliard de personnes doivent rester chez elles, avec des mesures de confinement souvent draconiennes.

Au-delà des questions de santé, la pandémie actuelle de coronavirus pose d’énormes difficultés pour les sportifs qui ne peuvent ni s’entraîner en vue des JO, ni même, dans un certain nombre de disciplines, tenter de se qualifier, faute de compétition.

Un report d’un événement aussi gigantesque est toutefois une « opération très complexe », a prévenu samedi le président du CIO, Thomas Bach, dans un entretien avec le média régional allemand SWR. « Reporter les Jeux olympiques n’est pas comme décaler un match de football au samedi suivant. » Voilà le défi auquel le CIO et le Comité organisateur vont devoir s’atteler.

Changer les dates ?

Par ailleurs le président de la Fédération internationale d’équitation (FEI), Ingmar de Vos, a salué mardi le report des Jeux de Tokyo et y voit une occasion à saisir pour fixer de nouvelles dates dans une période moins caniculaire que celle de juillet/août. « On était prêts, bien préparés, on avait fait toutes les recherches scientifiques pour bien comprendre l’impact de la chaleur et de l’humidité sur nos chevaux. Mais pourquoi pas, pour le CIO [Comité international olympique], revoir ça et choisir des dates qui sont meilleures d’un point de vue climatique ? C’est peut-être une occasion», a-t-il indiqué.

Les Jeux de Tokyo étaient initialement programmés du 24 juillet au 9 août, une période particulièrement chaude et humide, qui a posé beaucoup de problèmes aux athlètes lors d’événements tests organisés en août 2019.

Mentionnons qu’après l’Euro de football et les Jeux olympiques, le Tour de France reste le dernier des événements géants du sport à rester debout. Mais la pandémie du coronavirus pose des questions à moins de 100 jours du grand départ de l’édition 2020, programmé le 27 juin à Nice.

« S’il n’y a pas de Tour de France, tout le modèle du cyclisme pourrait s’effondrer », estime le Belge Patrick Lefevere, le patron de l’équipe Deceuninck, en qualifiant de « désastre total » l’hypothèse d’une annulation. « Le point d’ancrage de la saison, c’est le Tour », confirme à l’AFP Marc Madiot, à la tête de l’équipe française Groupama-FDJ et président de la Ligue nationale du cyclisme.