Les duos canadiens brillent à la Série mondiale de plongeon de Montréal

Meaghan Benfeito et Caeli McKay ont conquis l'or à la tour synchro chez les dames.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Meaghan Benfeito et Caeli McKay ont conquis l'or à la tour synchro chez les dames.

Quand le chat n’est pas là, les souris dansent. C’est en quelque sorte ce qu’ont fait les duos canadiens vendredi à la Série mondiale de plongeon de Montréal, en l’absence de la Chine.

Les Canadiens ont conclu la première journée de compétitions au Centre sportif du Parc olympique avec une solide récolte de deux médailles d’or et d’une de bronze.

Cette compétition est cependant un peu moins relevée qu’initialement prévu, notamment à cause de la menace associée à la propagation du coronavirus. Après avoir confirmé la semaine dernière que l’équipe chinoise ferait l’impasse sur la compétition, Plongeon Canada a indiqué jeudi que d’autres pays, dont le Japon, la Corée du Sud, l’Italie et la France seraient absents ce week-end.

Ainsi, après la conquête de l’or de Meaghan Benfeito et Caeli McKay à la tour synchro chez les dames en début d’après-midi, leurs compatriotes Jennifer Abel et Mélissa Citrini-Beaulieu ont doublé la mise en début de soirée, au tremplin de 3 m synchro.

Puis, pour terminer la journée, Zsombor-Murray et Vincent Riendeau ont mis la main sur le bronze à la tour synchro, grâce à un pointage cumulatif de 407,76. La Russie (412,44) et le Mexique (407,94) les ont devancés.

Benfeito et McKay ont ainsi pu tourner la page à la suite de leur contre-performance l’été dernier aux Championnats du monde de la FINA à Gwangju.

En Corée du Sud, Benfeito et McKay avaient obtenu une quatrième place crève-coeur, tout juste derrière les Américaines, à la tour synchro chez les dames aux Mondiaux. Elles avaient ainsi échoué à leur première tentative de se qualifier dans cette épreuve pour les Jeux olympiques de Tokyo.

« C’est sûr que ça fait du bien, parce que nous étions un peu déçues de notre épreuve en Corée du Sud, a expliqué Benfeito, qui participait à une première compétition depuis les Jeux panaméricains de Lima en août dernier. Les Américaines ont plongé après nous, mais ça ne voulait rien dire. Nous sommes maintenant en 2020, c’est une nouvelle année et une nouvelle compétition.

« On s’entraîne fort — oui, c’était une erreur de notre part en Corée du Sud —, mais aujourd’hui ça montrait qu’on travaille fort et qu’on méritait d’être sur le podium », a poursuivi la triple médaillée olympique.

Benfeito, de Montréal, et McKay, de Calgary, ont conclu la compétition avec 313,02 points, loin devant leurs plus proches poursuivantes. L’équipe malaisienne a récolté l’argent, à 15,36 points, tandis que la formation russe a complété le podium, à 24,72.

Les représentantes de l’unifolié ont occupé le deuxième rang à l’issue des deux premières manches, derrière les Malaisiennes, avant de dégringoler d’un rang après avoir été brouillonnes sur leur triple saut périlleux arrière et demi retourné.

Elles ont retrouvé leur aplomb lors de la quatrième manche, avant de couronner leur remontée en réussissant leur double saut périlleux arrière et demi avec une vrille et demie, lors de leur cinquième et dernier passage. Benfeito et McKay ont ainsi obtenu leur première médaille ensemble en Série mondiale.

« Nous n’avons pas regardé le tableau pendant toute l’épreuve. Nous étions tout de même assez confiantes de gagner cette compétition — nous nous battons très souvent contre les Malaisiennes, donc ça fait du bien de les dépasser aujourd’hui, à la maison », a résumé Benfeito.

Ce résultat est encourageant pour Benfeito, qui avait indiqué jeudi qu’elle est toujours incommodée par une blessure à un coude subie l’an dernier. Cette dernière a d’ailleurs choisi de faire une croix cette saison sur l’épreuve mixte à la tour, en compagnie de son partenaire Nathan Zsombor-Murray, afin d’éviter d’aggraver sa blessure. Vendredi, elle s’est voulue rassurante.

« Ç’a super bien été aujourd’hui. J’ai mis un sac de glace sur mon coude tantôt, mais j’ai réussi mes entrées à l’eau, donc ça, c’est motivant pour demain », a évoqué la plongeuse âgée de 30 ans, qui sera de retour en action samedi à l’occasion de l’épreuve individuelle à la tour.

Quant à Abel et Citrini-Beaulieu, elles ont dominé leurs adversaires d’un bout à l’autre au tremplin de 3 m synchro, concluant la compétition avec un coussin de 12 points en tête. Les représentantes de l’unifolié ont récolté un total de 298,83 points et devancé le Mexique (286,20) et la Russie (285,60).

« La foule nous a inspirées ce soir, a d’abord évoqué Abel. C’est un bon départ, et nous voulons maintenant nous améliorer en vue de la prochaine compétition, et pour le reste de la saison. »

Un problème de constance

Les coéquipiers de Zsombor-Murray et Riendeau ont toutefois connu moins de succès qu’eux, au tremplin de 3 mètres synchro.

Les Québécois Philippe Gagné et François Imbeau-Dulac ont abouti au quatrième rang grâce à 380,19 points. La compétition a été remportée par la Russie avec 421,95 points, suivie de la Grande-Bretagne (415,74) et du Mexique (407,22).

« J’ai commis une erreur sur mon cinquième plongeon, mais même si je l’avais évitée, l’écart de 27 points (derrière les Mexicains) était trop imposant », a souligné Imbeau-Dulac.

« Nous ne pouvons pas être très déçus, parce qu’on savait que les trois premières équipes sur le podium ont des degrés de difficulté excessivement élevés. On va vraiment essayer de jouer sur la constance pour rétrécir l’écart cette saison », a-t-il ajouté.

La Série mondiale de plongeon de Montréal se poursuivra samedi et dimanche, et elle sert en quelque sorte de répétition aux athlètes en vue des Jeux olympiques de Tokyo, qui doivent avoir lieu l’été prochain.