Laurent Duvernay-Tardif prolonge la fête à Montréal

Lors de l'évènement, l’animateur des festivités a remis à Laurent Duvernay-Tardif une réplique du trophée Vince-Lombardi faite de glace.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Lors de l'évènement, l’animateur des festivités a remis à Laurent Duvernay-Tardif une réplique du trophée Vince-Lombardi faite de glace.

Une semaine après la victoire de son équipe au Super Bowl, Laurent Duvernay-Tardif a continué de savourer sa victoire, dimanche, mais à la maison cette fois. Malgré les températures froides, des centaines de personnes sont venues célébrer avec lui au parc Jean-Drapeau, à Montréal.

C’est au son du « tomahawk chop » de l’équipe des Chiefs de Kansas City que le joueur de ligne offensive est monté sur scène. « J’avais peur qu’il n’y ait pas de monde qui vienne, mais regardez ça aujourd’hui ! » s’est-il exclamé devant une foule enthousiaste.

L’athlète, revenu au Québec samedi soir, a été invité à célébrer par la mairesse de Montréal, Valérie Plante, lors d’un événement public tenu dans le cadre de la Fête des neiges.

Le gars que vous voyez à la télé, là, il est incroyablement sympathique

À cette occasion, l’animateur des festivités, Kevin Raphaël, lui a remis une réplique du trophée Vince-Lombardi faite de glace. « Je ne sais pas si je peux lui donner un bec parce que mes lèvres vont peut-être coller dessus », a dit en plaisantant le joueur étoile qui est devenu la semaine dernière le premier Québécois à mettre la main sur la prestigieuse récompense.

Duvernay-Tardif a remercié le public québécois en évoquant un adage qui court dans les vestiaires de la NFL. « Il y a un dicton qui dit dans la NFL que, quand tu as besoin de confirmer si tu as eu une bonne game ou pas, ne regarde jamais les réseaux sociaux parce qu’ils vont te ramener à l’ordre assez vite ! a-t-il confié. Ce n’est pas vrai pour moi parce que, peu importe ce qui arrive […], les messages positifs continuaient d’arriver et, sincèrement, c’est indescriptible. »

La mairesse de la métropole a avoué être une « fan finie » du joueur de ligne offensive. Elle a d’ailleurs dit de Duvernay-Tardif qu’il faisait « notre fierté, ici à Montréal, au Québec, au Canada ». « Le gars que vous voyez à la télé, là, il est incroyablement sympathique. Ce que vous voyez, c’est ce qu’il est », a-t-elle dit en résumé.

La belle-soeur du joueur, Sophie-Charlotte Dubé-Moreau, présente dans la foule, abonde en ce sens. Elle confirme au Devoir que l’homme que l’on voit à l’écran est « un peu plus maquillé, mais sinon, c’est la même personne ». « Il reste authentique autant dans l’oeil du public que quand on est avec lui, et je pense que c’est vraiment sa plus grande qualité », ajoute celle qui portait une tuque aux couleurs de l’équipe de Kansas City.

Duvernay-Tardif, qui est diplômé de la Faculté de médecine de l’Université McGill, inspire également ceux qui sont encore sur les bancs d’école. L’un d’entre eux, Mathieu Châteauvert, qui étudie le génie à l’École polytechnique, arborait fièrement dimanche son chandail des Chiefs, même s’il avouait « aimer plus Laurent » que le reste de l’équipe. « J’ai acheté le chandail quand il a commencé à jouer », a-t-il confié, indiquant que son joueur favori est « un exemple à suivre dans la vie en général, mais aussi dans le sport ».

Et être un modèle pour les jeunes est l’une des choses qui comptent le plus aux yeux du joueur chouchou des Québécois. « S’il y a bien une chose que la NFL m’a apprise, c’est qu’il ne faut pas avoir peur de viser haut, a-t-il dit devant ses admirateurs. Il ne faut pas avoir peur de viser haut, il ne faut pas avoir peur de rêver. Et si je peux transmettre ça aux jeunes, ce sera mission accomplie. »

Larmes de joie

Une heure auparavant, Duvernay-Tardif est revenu sur les moments qui ont suivi la victoire de son équipe, lors d’une conférence de presse. Les Chiefs l’ont emporté par la marque de 31-20 contre les 49ers de San Francisco lors du 54e Super Bowl, à Miami.

« Quel beau moment ! Je n’avais jamais vu ma mère pleurer de joie comme ça et mon père était ému de voir Florence [Dubé-Moreau, sa copine] aussi. En un instant, tu te rends compte que tous ces efforts-là ont payé pour ce moment-là. Et de le vivre avec ma famille et avec Florence, c’était vraiment émouvant », a-t-il reconnu.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Duvernay-Tardif a pu mesurer dimanche sa cote de popularité, en hausse, au Québec.

Il a également parlé de son retour à Kansas City, où son équipe a défilé dans les rues devant des centaines de milliers de partisans. « Pour une ville de 400 000 habitants, c’est émouvant de voir plus d’un million de personnes se déplacer pour te supporter », a-t-il souligné.

Il s’est également exprimé au sujet de la blessure au mollet qu’il a subie durant le match historique, en concédant que « ça n’a pas été facile. Je ne voulais pas en parler parce que je voulais célébrer la victoire sans nécessairement me pencher sur mon jeu individuel ou sur ma blessure », a-t-il avoué. « Ça m’a quand même hypothéqué tout au long de la rencontre, mais c’est le genre de situation que tu prépares. Avec mon préparateur mental, on avait travaillé sur plusieurs scénarios au courant de l’année et on dirait que j’ai utilisé toutes les astuces que j’avais dans ma poche arrière lors de cette rencontre », a-t-il ajouté.

Une photo de lui arborant un drapeau du Canada datant du 1er juillet dernier avait refait surface dans la foulée de la victoire des Chiefs. Un photomontage où l’unifolié avait été remplacé par un drapeau québécois a également largement circulé sur les réseaux sociaux. Au Super Bowl, «il y a quelqu’un qui m’a offert un drapeau du Québec et quelqu’un qui m’a offert un drapeau du Canada en dedans de deux heures. Et c’est là que je me suis rendu compte qu’il y a un problème, que ce n’est peut-être pas la place pour le faire », a-t-il constaté. « Je ne vois pas le football comme une tribune politique. Je le vois comme une passion. » Il a également déclaré qu’il se rendrait à la Maison-Blanche avec son équipe si elle y était invitée.

Même s’il a obtenu son diplôme de médecine, Duvernay-Tardif ne compte pas entamer sa résidence avant la fin de sa carrière de sportif. « J’ai décidé que c’était mieux pour ma future carrière [en médecine] de prendre le temps, de profiter du football, de focusser sur le football et de vraiment [m’y consacrer] à 100 % une fois que ma carrière [sportive] sera terminée », a-t-il annoncé

En attendant, l’athlète n’a pas voulu préciser son avenir professionnel comme footballeur. « Je retourne à Kansas City l’année prochaine. Après ça, on verra », a-t-il dit.