Mikaël Kingsbury, maître chez lui

Mikaël Kingsbury, médaillé d’or aux Jeux olympiques de Pyeongchang en 2018, tentera de retrouver le sentier de la victoire.
Photo: Tom Pennington Getty Images via AFP Mikaël Kingsbury, médaillé d’or aux Jeux olympiques de Pyeongchang en 2018, tentera de retrouver le sentier de la victoire.

Mikaël Kingsbury tentera ce week-end de défendre avec succès son titre acquis l’an dernier à la Coupe du monde de ski acrobatique de Mont-Tremblant. Et pour y parvenir, il n’a pas lésiné sur les efforts ces derniers temps.

Kingsbury, de Deux-Montagnes, a admis qu’il avait travaillé sur quelques aspects de son ski il y a deux semaines à Val Saint-Côme, en compagnie des autres membres de l’équipe canadienne.

« Le camp [à Val St-Côme] a bien été ; ç’a été un bon break après la dernière épreuve à Thaiwoo en décembre. Ça m’a permis de peaufiner quelques petits détails — des choses dont je n’ai habituellement pas le temps de m’occuper pendant une saison —, mais je suis bien reposé et je suis prêt pour la course », a dit Kingsbury avec aplomb.

« J’ai surtout travaillé mes sauts, des choses que je n’avais jamais essayées. Et sur des petits trucs techniques au niveau de mon ski. Je recherchais des sensations, afin qu’elles me permettent de continuer ma progression. Et là-bas [à Val Saint-Côme], j’ai pu faire un bon saut en avant », a ajouté l’athlète âgé de 27 ans.

Je suis un gars stratégique, et j’aime ça, jouer avec mes stratégies, donc ça va dépendre de l’allure de la compétition samedi

Le « King » des bosses est toutefois conscient que la piste Flying Mile, sur laquelle sera présentée l’épreuve samedi, est plus « accessible » aux bosseurs un peu moins prolifiques que lui, ce qui pourrait causer bien des surprises.

« Ce n’est pas qu’elle n’est pas rapide, c’est seulement que les sauts sont construits différemment. Oui, j’ai pratiqué un nouveau saut aujourd’hui, mais on va voir. Je suis un gars stratégique, et j’aime ça jouer avec mes stratégies, donc ça va dépendre de l’allure de la compétition samedi », a dit celui qui avait terminé deuxième à Mont-Tremblant en 2018, derrière le Japonais Ikuma Horishima.

Le médaillé d’or aux Jeux olympiques de Pyeongchang en 2018 tentera par la même occasion de retrouver le sentier de la victoire, après avoir terminé deuxième — encore derrière Horishima ! — lors de la plus récente épreuve à Thaiwoo, en Chine, en décembre. N’allez toutefois pas lui demander s’il est inquiet de le voir lui ravir le titre ce week-end.

« Il [Horishima] est là à toutes les courses. Il a beaucoup développé sa constance ; avant, c’était plutôt un gars qui allait chercher des victoires, des podiums, avant d’offrir des contre-performances. Cette saison, il ne fait plus d’erreurs, il se rend en bas. Il reproduit un peu ce que je fais, et c’est bon pour lui », a expliqué le lauréat du trophée Lionel-Conacher, remis à l’athlète masculin par excellence au Canada, en 2018 et 2019.

« Mais je ne me méfie de personne. Je sais qu’il va tenter d’appliquer de la pression, et j’essaierai de faire de même. C’est une belle compétition avec les meilleurs au monde. »

Dumais à 90 % de sa forme

Dans l’ombre de Kingsbury, qui compte 58 victoires et 84 podiums en 102 départs en carrière sur le circuit de la Coupe du monde, se dresse maintenant son compatriote Laurent Dumais, qui pointe au septième rang du classement général.

Le bosseur âgé de 23 ans a indiqué jeudi qu’il souffrait d’une contusion osseuse au genou gauche, une blessure qu’il a subie lors de la Coupe du monde de Thaiwoo.

« Dès que je suis revenu de là-bas, j’ai ressenti un petit problème avec un genou, a expliqué Dumais. Donc, j’ai pris un petit peu plus de temps off que les autres — même si j’ai essayé de skier pendant deux jours (à Val Saint-Côme) — parce que je ne voulais pas être sur la touche pendant cinq semaines. Et donc, je suis arrivé ici complètement à froid. Mais il n’y a rien de grave. »

Le principal intéressé a assuré que cette pause forcée lui avait fait le plus grand bien. « Je ne suis pas à 100 %, mais je suis confiant d’être à environ 90 %, a-t-il dit. Je le sens encore, parce que j’encaisse encore beaucoup d’impacts afin de rester au niveau pour le reste de la saison. En ce moment, je suis confiant. »

«Et aujourd’hui, à l’entraînement, ç’a bien été. C’est comme du vélo ; ça ne se perd pas, mais mes réflexes étaient peut-être un peu moins aiguisés. Sinon, ç’a bien été. »

Celui qui a réussi son seul podium en carrière à Val Saint-Côme en 2016 jure qu’il n’est pas inquiet pour ce week-end. Et ses objectifs sont très ambitieux, après sa 15e place à Ruka, en Finlande, et sa septième à Thaiwoo plus tôt cette saison. « Je vise tout. Mon véritable objectif, c’est d’atteindre la finale, et possiblement de faire un top-10, ou top-8 », a -t-il conclu.

Au total, 16 bosseurs canadiens participeront ce week-end à la Coupe du monde de Mont-Tremblant, la troisième étape de la saison. En plus de Kingsbury et Dumais, les soeurs Justine et Chloé Dufour-Lapointe seront de la partie.

Les qualifications se mettront en branle samedi matin. Les finales suivront en début d’après-midi.