Tsitsipás, la victoire de la jeunesse

Âgé de 21 ans, Stefanos Tsitsipas devient le plus jeune champion des Finales de l’ATP en 18 ans.
Photo: Kirsty Wigglesworth Associated Press Âgé de 21 ans, Stefanos Tsitsipas devient le plus jeune champion des Finales de l’ATP en 18 ans.

Après Alexander Zverev l’an dernier, c’est encore un joueur de 21 ans, Stéfanos Tsitsipás, qui a remporté dimanche les Finales de l’ATP de Londres, confirmant l’émergence de jeunes joueurs prêts à briguer les places des trentenaires Nadal, Djokovic ou Federer.

Face à Dominic Thiem, qui faisait presque office de « vieux » avec ses 26 ans et ses 4 participations au Masters, le Grec a traversé la finale avec la même insouciance maîtrisée et le même talent que le reste du tournoi pour l’emporter 6-7 (6), 6-2, 7-6 (4).

Vainqueur l’an dernier du Next Gen, qui fait office de Masters des moins de 21 ans, il a montré qu’il était tout aussi à l’aise dans la cour des grands. Son jeu toujours porté vers l’avant, avec beaucoup de rythme et de pression sur l’adversaire, a fait craquer Roger Federer samedi en demi-finale, avec des airs de passation de témoin entre deux générations.

Dimanche, opposé à Thiem, qui avait aussi battu le Suisse en poule, ainsi que Novak Djokovic et le tenant du titre, Zverev, en demie, l’affiche a tenu toutes ses promesses. « Cela a été comme dans un grand huit, tenir ce trophée est incroyable », a soupiré le vainqueur immédiatement après le match.

« Je suis tellement soulagé par cette performance et ce combat exceptionnel, et de tout avoir donné sur le court… » a-t-il ajouté, avant de se tourner vers son adversaire malheureux. « Cette finale qu’on a livrée sur le court a vraiment été magnifique, lui a-t-il dit. Je pense que c’est ce qui rend notre sport si grand, c’est de ça qu’est fait le tennis. »

Et c’est vrai que la finale a été intense et indécise, avec par moments un niveau de jeu incroyable, comme on a pu en voir cette semaine dans les matchs entre Medvedev et Nadal, ou ceux de Djokovic contre Federer et Thiem. Taux de premières balles, fautes directes, points gagnants : il n’y avait pas l’épaisseur d’une feuille de papier cigarette entre les deux finalistes à la première manche.

L’assurance affichée par Tsitsipás, avec son mélange d’audace et d’efficacité — 12 points gagnés sur 13 montées au filet lors de la première manche — a poussé Thiem dans ses derniers retranchements pour arracher les points décisifs du bris d’égalité de la première manche (8-6). Mais on sentait que l’ascendant de l’Autrichien, assuré de devenir 4e au prochain classement ATP après sa qualification pour la finale, ne tenait qu’à un fil.

Perturbé par un virus pendant la semaine et probablement entamé par un parcours exigeant cette semaine, Thiem se parlait souvent à lui-même pour s’encourager ou se sermonner et a connu un trou d’air terrible au début de la deuxième manche.

Ne gagnant que 2 des 18 premiers points, il s’est retrouvé derrière 4-0, préférant gérer la fin de la manche dans l’attente d’un hypothétique second souffle (6-2).

Déterminé et concentré, Tsitsipás a conservé son emprise sur le match jusqu’à 3-1 à la troisième manche, quand soudain la lumière est revenue dans l’oeil de Thiem, qui a retrouvé toute sa qualité de frappe.

Il a refait son retard au 6e jeu, infligeant au Grec seulement sa 4e perte de service de tout le tournoi et c’est encore au bris d’égalité que les deux hommes se sont expliqués.

Commettant moins d’erreurs directes que son adversaire (17 contre 3 à la dernière manche), Tsitsipás a enregistré la plus belle victoire de sa carrière et devient le quatrième vainqueur de suite à remporter le Masters pour la première fois après Andy Murray (2016), Grigor Dimitrov (2017) et Alexander Zverev (2018).

Mais le Grec, vainqueur à Estoril et à Marseille cette année, sait qu’il sera encore plus attendu la saison prochaine.

« Cette année a été ma meilleure année, mais je veux m’améliorer sans cesse. J’ai battu quelques-uns des meilleurs joueurs, ce qui m’a donné de la confiance et j’ai gagné des matchs dans des tournois Masters 1000 et du Grand Chelem, mais je pense que je peux faire mieux en Grand Chelem », a-t-il assuré.

Stéfanos Tsitsipás a défait Dominic Thiem en trois manches, dimanche, optant pour un jeu porté vers l’avant.