Ferrari fait figure de favorite à Mexico, mais doit tempérer ses pilotes

Sebastian Vettel s’est révélé le plus rapide lors de la deuxième séance d’essais libres du Grand Prix du Mexique.
Photo: Marco Ugarte Associated Press Sebastian Vettel s’est révélé le plus rapide lors de la deuxième séance d’essais libres du Grand Prix du Mexique.

Dans le paddock de la Formule 1, l’écurie Ferrari est considérée comme la favorite pour le Grand Prix du Mexique.

Le défi consistera à le transposer en victoire tout en évitant un autre duel entre ses deux pilotes.

Ferrari est l’équipe à battre depuis la pause estivale avec trois victoires. Ses voitures ont occupé la position de tête lors des cinq dernières courses. Et la Scuderia l’a rappelé vendredi pendant les essais libres.

Sebastian Vettel s’est révélé le plus rapide de la deuxième séance d’essais libres, en 1 min et 16,607 secondes. L’Allemand a devancé le pilote Red Bull Max Verstappen de 0,115 seconde, et son coéquipier chez Ferrari, Charles Leclerc, de 0,465.

Quant à Lance Stroll, il a propulsé sa Racing Point en 11e place, à 1,755 seconde de Vettel. Son coéquipier, Sergio Perez, a suivi au 12e échelon.

L’éternel rival de Vettel, Lewis Hamilton, s’est contenté du cinquième rang, à 0,963. En matinée, le pilote Mercedes s’était pourtant révélé le plus rapide de la première séance d’essais libres.

La question n’est donc plus de savoir si Ferrari a finalement devancé Mercedes en piste, mais si l’équipe peut gérer la relation entre Vettel et Leclerc d’ici la fin de la saison, tout en envisageant 2020.

Car il y a eu quelques frictions.

Vettel, âgé de 32 ans, quadruple champion, est le leader de facto depuis son arrivée chez Ferrari en 2015. Mais son association avec l’équipe italienne a été marquée par des revers dans ses bagarres pour le championnat avec Hamilton en 2017 et 2018. Hamilton est une nouvelle fois sur le point de remporter le championnat, soit à Mexico ou la semaine prochaine au Grand Prix des États-Unis.

Leclerc, une étoile montante de 22 ans, a bouleversé l’équilibre de l’équipe. Il a remporté les deux premières victoires de sa carrière lors de courses consécutives en Belgique et en Italie et pourrait peut-être en compter plus.

Les deux pilotes se sont affrontés en Russie quand Vettel est rapidement passé en tête en prenant l’avantage de l’aspiration de Leclerc au départ, ce qui faisait partie d’une stratégie d’équipe. Mais Vettel a ensuite ignoré les consignes de l’équipe que lui demandait de rendre sa position à son coéquipier. Cela a donné lieu à un changement de stratégie d’arrêt aux puits et Hamilton a fini par remporter la victoire après une défaillance de la voiture de Vettel.

Leclerc a dû répondre cette semaine à plusieurs questions sur la dynamique d’équipe dans les garages de Ferrari et ses relations avec Vettel.

« Bien sûr que je le respecte, a réagi Leclerc. Tout ce qu’il a accompli dans le sport a été absolument incroyable. En grandissant, en regardant la Formule 1, je l’ai admiré dans l’espoir de le rejoindre un jour. Se battre avec lui est spécial. »

Leclerc estime toutefois qu’il a mérité un traitement égal au sein de l’équipe.

« Je pense que j’ai été rapide lors de certaines courses et que j’ai montré ce dont j’étais capable. Maintenant, c’est à la direction de décider », a ajouté Leclerc.

Le directeur de l’écurie Ferrari, Mattia Binotto, a précisé que miser sur deux pilotes gagnants était un luxe et non un problème.

« Ils visent un seul objectif, celui de gagner, a dit Binotto. Je pense que ce qui est le plus important, c’est qu’au moins entre nous, nous avons la transparence et l’impartialité et je pense que c’est la clé. »

À la suite de son impressionnante montée en puissance depuis la pause estivale, Ferrari commence à songer à 2020 et entend défier Mercedes pour le championnat de la saison prochaine, une victoire qui lui échappe depuis 2007. Ferrari voudra éviter le genre de tension qui a régné chez Mercedes lorsque Lewis Hamilton et Nico Rosberg se sont disputé le titre en 2015 et 2016.

La rivalité entre Hamilton et Rosberg a rongé l’équipe pendant deux ans et a débouché sur des accrochages en piste et des querelles après les courses. Rosberg a brusquement pris sa retraite après avoir remporté le championnat en 2016 et Mercedes a mis sous contrat Valtteri Bottas, qui joue le rôle de second de Hamilton.

Leclerc soutient que tout va bien chez Ferrari.

« La dynamique de l’équipe est très bonne en ce moment », a affirmé Leclerc.

L’ambiance pourrait être mise à l’épreuve dès le premier virage dimanche si Leclerc et Vettel prennent le départ de la première ligne et que de nouvelles consignes d’équipe sont émises. Vettel a prévenu que les deux premières places sur la grille ne sont pas garanties.

L’autodrome Hermanos-Rodriguez ne se limite pas à une longue ligne droite qui mène au premier virage. Il faut également négocier des virages lents sur l’une des pistes les plus courtes de la saison.