Et de cinq pour Nadal

Rafael Nadal a scellé l’issue de la rencontre en 1 heure et 10 minutes, avant de lever les bras vers le ciel, une tradition qu’il répète à chacune de ses victoires.
Photo: Minas Panagiotakis Getty Images Agence France-Presse Rafael Nadal a scellé l’issue de la rencontre en 1 heure et 10 minutes, avant de lever les bras vers le ciel, une tradition qu’il répète à chacune de ses victoires.

La finale montréalaise de la Coupe Rogers aura été un peu plus longue que la torontoise, mais peu relevée. L’Espagnol Rafael Nadal, tête de série no 1, s’est facilement débarrassé du Russe Daniil Medvedev en deux manches de 6-3, 6-0.

La logique a été respectée, en 1 heure 10. L’Espagnol conserve ainsi son titre remporté l’an dernier à Toronto et est couronné pour une cinquième fois au Canada. Il s’agit de son 35e titre en Masters 1000.

Nadal a bénéficié d’une soirée de repos, samedi, après le forfait du Français Gaël Monfils blessé à une cheville, avant leur duel de demi-finale. Il est donc arrivé sur le court central du stade IGA, à 16 h, en grande forme et tout en jambes. Et malgré les encouragements soutenus de la foule pour le Russe, la 8e tête de série et 9e raquette mondiale n’a pas été en mesure de venir à bout des coups puissants et précis de son adversaire. Son jeu décousu et inégal lui aura coûté plusieurs coups gagnants. Il s’est écroulé lors de la deuxième manche. Il a été brisé trois fois, ne remportant que 38 % des échanges lorsqu’il était au service.

Tout comme à Toronto, c’est à un choc des générations que les spectateurs ont pu assister. Le champion de 33 ans, qui participait à une 51e finale en carrière dans un tournoi de la série Masters 1000, affrontait un Russe de 23 ans qui disputait son premier match de championnat de ce niveau.

L’Espagnol a conclu sa semaine de travail dans la métropole en blanchissant Medvedev en deuxième manche, lorsque ce dernier a expédié son retour à l’extérieur des limites du terrain. Il a scellé l’issue de la rencontre en 1 heure 10 minutes, avant de lever les bras vers le ciel, une tradition qu’il répète à chacune de ses victoires.

Mettant 82 % de ses premières balles en jeu, Nadal n’a jamais perdu son service, résistant à la seule balle de bris que s’était donnée Medvedev. Il remporte ainsi une bourse de 1 049 040 $.

Histoire d’amour avec la ville

Ce n’est pas un secret, « Rafa » dit aimer beaucoup Montréal. « J’ai toujours connu du succès à Montréal. C’est d’ailleurs ici que j’ai remporté mon premier titre sur le dur, en 2005. Alors, c’est toujours un tournoi qui m’est très cher, a-t-il rappelé en entrevue d’après-match sur le court. C’est pourquoi, même lorsque je me rends loin à Wimbledon, je m’assure toujours de pouvoir venir ici. »

Avec cette victoire, il s’est rapproché à un seul titre du record de six au Canada, qui appartient au Tchèque Ivan Lendl.

Pour sa part, Medvedev a perdu une deuxième finale en deux semaines, après s’être incliné devant l’Australien Nick Kyrgios le week-end dernier à l’Omnium Citi de Washington. Il devra patienter au moins jusqu’à la semaine prochaine avant d’obtenir son premier titre de la série Masters 1000.

« C’est mon premier discours en français, donc ne me jugez pas s’il vous plaît, a dit Medvedev, la nouvelle coqueluche des Montréalais. D’abord, “Rafa”, tu es un grand champion. J’aurais préféré que le match se termine différemment, mais je te félicite pour ta victoire. »

« Je serai toujours heureux de revenir à Montréal, et j’espère un jour pouvoir l’emporter ici », a-t-il conclu sous l’acclamation de la foule. Il s’agissait du premier duel en carrière entre les deux joueurs de tennis.

Le début de match a été chaudement disputé, Medvedev poussant le premier jeu à égalité. Nadal, en vétéran, n’a toutefois pas bronché et a rapidement ouvert la marque.

Le Majorquin a ensuite adopté une approche plus agressive, qui lui a procuré deux balles de bris au quatrième jeu. Il a converti sa deuxième, à la suite d’une double faute du Russe, avant de sceller l’issue de la première manche quelques minutes plus tard avec un passing spectaculaire. C’était la première fois cette semaine que Medvedev perdait une manche.

La machine espagnole a poursuivi sa lancée en deuxième manche.

Le public montréalais reverra-t-il « Rafa » dans deux ans ? « Je l’espère », a répondu le principal intéressé en français, souriant. On sait que le joueur a connu quelques blessures au cours des derniers mois et une opération chirurgicale l’a tenu loin des terrains pendant un certain temps. « Je suis en santé actuellement. Ça va bien et je ne veux pas parler ni même penser aux blessures. » On sait l’Espagnol très superstitieux.

Quant à lui, Daniil Medvedev a déclaré avoir joué le meilleur tournoi de sa jeune carrière. « Je suis déçu par la défaite, mais ça a été un merveilleux tournoi pour moi, a-t-il observé dans un français impeccable en conférence de presse d’après-match. Les gens ont été très chaleureux avec moi, ils m’ont beaucoup encouragé. Tous mes matchs ont été magnifiques. Je suis content de mon jeu. Contre Rafa, je ne sais pas si j’ai mal joué ou si c’est lui qui a trop bien joué, ça, c’est certain. Mais je vais garder le meilleur pour la suite et essayer de mieux jouer contre lui la prochaine fois. »

Le jeune joueur a confié qu’il avait le bec sucré, ce qui a fait rire la galerie. « J’ai changé mon alimentation dans la dernière année. Je me suis amélioré. Mais ce soir, je vais certainement célébrer avec un tiramisu, un panna cotta, n’importe quoi, je m’en fous. Apportez-moi du sucre ! »

Nadal et Medvedev se dirigeront maintenant vers le Masters de Cincinnati — le dernier tournoi préparatoire avant les Internationaux des États-Unis.

Un peu plus tôt dimanche, l’Espagnol Marcel Granollers et l’Argentin Horacio Zeballos ont remporté le titre du double masculin en disposant des Néerlandais Robin Haase et Wesley Koolhof en deux manches de 7-5, après 1 heure et 20 minutes de jeu.

Pour une deuxième année d’affilée, le tournoi masculin de Montréal a enregistré un nouveau record d’assistance avec 223 016 spectateurs cette semaine, et ce, malgré l’absence de Roger Federer et de Novak Djokovic. Bien sûr, il y avait un des préférés de la foule, le favori Rafael Nadal. Mails il faut souligner la présence et le parcours de Félix Auger-Aliassime, qui ont grandement contribué à ce succès. Le Québécois a rempli les gradins du stade IGA à quatre reprises. Ses compatriotes Denis Shapovalov et Milos Raonic ont disputé au moins deux matchs chacun.

On a beaucoup parlé d’un toit pour le stade IGA du parc Jarry avant et pendant le tournoi. La pluie de vendredi soir a causé des retards et des reports de matchs, et le forfait de Gaël Monfils, qui devait affronter Rafael Nadal samedi soir, seulement deux heures après son match de quart de finale. Blessé, le Français a abandonné avant même le début du match. Cette annulation a entraîné une perte de près d’un million de dollars à la Coupe Rogers de Montréal.

« Si nous avions eu un toit, ce ne serait pas arrivé, a déclaré Eugène Lapierre, le directeur du tournoi. Gaël aurait joué son match [vendredi] soir, il aurait terminé dans les temps et la demi-finale aurait eu lieu [samedi] comme prévu. Mais cela arrive souvent dans plein d’endroits. L’avenir pour notre sport, si l’on veut en assurer la promotion, est d’avoir un toit pour garantir le jeu. »

C’est la première année que la Coupe Rogers se dote d’une assurance pour annulation des matchs. « Le circuit a offert quelque chose d’abordable pour les tournois, a expliqué M. Lapierre. Et cette année, nous avons dit : pourquoi pas ? Faisons-le. C’était un bon choix. Au moins, on ne perd pas tout [sourire]. »

Le débat sur le toit est ainsi revenu sur la table.

Le problème est toujours l’investissement en capital, a expliqué M. Lapierre. Les pourparlers sont déjà commencés avec la Ville de Montréal. « Il faudrait rendre le stade plus étanche. Une fois qu’on aura le toit, cela ira », estime le directeur.

En attendant, le tournoi montréalais ne cesse de s’améliorer, ajoute-t-il. « J’écoutais le rapport de l’ATP sur le tournoi. Il n’y a que du positif. Nous avons amélioré les conditions pour les joueurs. Nous voulons ajouter des coins d’ombre pour les spectateurs. Les joueurs se sentent appréciés ici. Mais les grands vainqueurs sont les fans montréalais. L’ambiance a été fantastique toute la semaine ! »

Avec La Presse canadienne

Une autre histoire de toit

On a beaucoup parlé d’un toit pour le stade IGA du parc Jarry avant et pendant le tournoi. La pluie de vendredi soir a causé des retards et des reports de matchs, et le forfait de Gaël Monfils, qui devait affronter Rafael Nadal samedi soir, seulement deux heures après son match de quart de finale. Blessé, le Français a abandonné avant même le début du match. Cette annulation a entraîné une perte de près d’un million de dollars à la Coupe Rogers de Montréal.

« Si nous avions eu un toit, ce ne serait pas arrivé, a déclaré Eugène Lapierre, le directeur du tournoi. Gaël aurait joué son match [vendredi] soir, il aurait terminé dans les temps et la demi-finale aurait eu lieu [samedi] comme prévu. Mais cela arrive souvent dans plein d’endroits. L’avenir pour notre sport, si l’on veut en assurer la promotion, est d’avoir un toit pour garantir le jeu. »

C’est la première année que la Coupe Rogers se dote d’une assurance pour annulation des matchs. « Le circuit a offert quelque chose d’abordable pour les tournois, a expliqué M. Lapierre. Et cette année, nous avons dit : pourquoi pas ? Faisons-le. C’était un bon choix. Au moins, on ne perd pas tout [sourire]. »

Le débat sur le toit est ainsi revenu sur la table.

Le problème est toujours l’investissement en capital, a expliqué M. Lapierre. Les pourparlers sont déjà commencés avec la Ville de Montréal. « Il faudrait rendre le stade plus étanche. Une fois qu’on aura le toit, cela ira », estime le directeur.

En attendant, le tournoi montréalais ne cesse de s’améliorer, ajoute-t-il. « J’écoutais le rapport de l’ATP sur le tournoi. Il n’y a que du positif. Nous avons amélioré les conditions pour les joueurs. Nous voulons ajouter des coins d’ombre pour les spectateurs. Les joueurs se sentent appréciés ici. Mais les grands vainqueurs sont les fans montréalais. L’ambiance a été fantastique toute la semaine ! »