Les Français encore frustrés au Tour de France, mais l’avenir est prometteur

Le Français Thibaut Pinot était censé être favorisé par le parcours, ponctué de nombreuses ascensions très abruptes, mais il a dû abandonner le Tour à la 19e étape à cause d'une blessure.
Photo: Marco Bertorello Agence France-Presse Le Français Thibaut Pinot était censé être favorisé par le parcours, ponctué de nombreuses ascensions très abruptes, mais il a dû abandonner le Tour à la 19e étape à cause d'une blessure.

« C’est maintenant ou jamais ».

C’était la manchette en une du journal sportif français L’Équipe il y a trois semaines, alors que le pays entier espérait qu’un favori local puisse enfin remporter le Tour de France.

En l’absence de nombreuses vedettes — dont le quadruple champion Chris Froome —, les prétendants français au titre Thibaut Pinot et Romain Bardet devaient être favorisés par le parcours ponctué de nombreuses ascensions très abruptes, dans l’espoir de finalement mettre un terme à la léthargie de 34 ans sans conquête française.

Trois semaines plus tard, ni Pinot ni Bardet ne se sont retrouvés sur le podium de la Grande Boucle, et l’attente continue.

L’avenir du cyclisme français reste néanmoins prometteur, alors que le digne successeur de Bernard Hinault — le dernier Français à avoir gagné le Tour de France en 1985 — risque de se manifester plus tôt que tard.

Bien que Bardet, qui a terminé sur le podium à deux reprises pendant la compétition, n’a jamais été un véritable aspirant au titre, il peut se consoler en se disant qu’il a lutté pour l’obtention du maillot à pois, remis au meilleur grimpeur. Quant à Pinot, il a brillé jusqu’à ce qu’une blessure à la jambe gauche le force à abdiquer en bordure de la route dans les Alpes, l’empêchant ainsi de défiler sur les Champs-Élysées.

En l’absence de Bardet, un autre Français, Julian Alaphilippe, s’est hissé parmi les meneurs, et sa popularité a du même coup atteint des proportions stratosphériques en France. Au total, cinq cyclistes français ont terminé dans le top 15, une première depuis 2011.

Alaphilippe, un spécialiste des classiques, a surpassé les attentes. Il a porté le maillot jaune pendant 14 jours, après avoir joué les trouble-fête dans les nombreuses stratégies de course traditionnelles. Même s’il a la réputation d’exceller dans les classiques d’un jour, Alaphilippe ne faisait pas partie des favoris au départ. D’ailleurs, plusieurs spectateurs le connaissaient à peine.

« C’est incroyable comment il a haussé son niveau de performance, a déclaré le champion du Tour de France en 2018, Geraint Thomas, qui a fini deuxième cette année derrière son coéquipier chez Ineos Egan Bernal. Je dois véritablement le féliciter. Il a lutté jusqu’au bout. Il méritait d’être sur le podium. »

Et il n’est pas le seul Français à s’être signalé.

« De nombreux cyclistes français cognent à la porte, a mentionné le directeur d’Ineos Dave Brailsford. C’est de toute évidence la génération de Bardet et Pinot. Mais derrière eux, une nouvelle génération de jeunes cyclistes français commence à émerger. »

Brailsford, qui a dit il y a quelques années qu’il aimerait pouvoir développer un éventuel champion français au sein de son équipe, ne semble pas avoir abandonné cette idée. Chez Ineos, les cyclistes sont séparés en deux groupes en fonction de leur âge.

« Nous travaillons très fort avec les plus jeunes pour les préparer, a-t-il évoqué. C’est dans ce groupe que ce serait fantastique de pouvoir compter sur de jeunes cyclistes français très talentueux. »