Trois victimes de Bertrand Charest s’entendent à l’amiable avec Canada Alpin

Les trois femmes sont Geneviève Simard, Gail Kelly et Anna Prchal, d’anciennes skieuses d’élite. Elles étaient mineures à l’époque des agressions alléguées.
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir Les trois femmes sont Geneviève Simard, Gail Kelly et Anna Prchal, d’anciennes skieuses d’élite. Elles étaient mineures à l’époque des agressions alléguées.

La fédération sportive Canada Alpin annonce avoir conclu une entente à l’amiable avec trois des victimes de l’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest.

Les jeunes femmes poursuivaient l’ex-employeur de Charest, alléguant que la fédération n’avait rien fait pour les protéger et avait préféré fermer les yeux pour préserver son image et conserver les commanditaires.

Geneviève Simard, Gail Kelly et Anna Prchal sont d’anciennes skieuses d’élite. Elles étaient mineures à l’époque de plusieurs agressions relatées dans leur poursuite, déposée en décembre.

Les trois femmes réclamaient de la fédération sportive 300 000 $ chacune en dommages pour les sévices psychologiques, physiques et sexuels qu’elles allèguent avoir subis dans les années 1990. En plus, elles réclamaient chacune 150 000 $ en dommages punitifs.

Elles faisaient notamment valoir dans la procédure que Canada Alpin n’a pas pris les mesures les plus élémentaires pour qu’elles ne subissent pas ces sévices. L’entraîneur a même été engagé alors que certains de ses comportements répréhensibles avaient été rapportés à la fédération, peut-on y lire.

Dans une déclaration mise en ligne mardi sur son site web, Canada Alpin indique avoir conclu une entente à l’amiable, sans la tenue d’un procès, « qui est satisfaisante pour les deux parties ».

Il n’est pas indiqué si une somme d’argent a été remise aux trois femmes.

Il est toutefois précisé que dans le cadre de cette entente, Canada Alpin s’est engagée à poursuivre ses efforts entrepris au cours des années pour rendre le sport exempt de harcèlement et d’abus physiques, psychologiques et sexuels.

« Bien que nous ne pouvons effacer ce qui s’est passé, nous croyons qu’il est important de reconnaître et d’admettre qu’au lieu d’offrir du soutien lorsque les abus ont été découverts, Canada Alpin s’est avant tout préoccupé de son sort, et non de celui des victimes. Pour cela, nous sommes profondément désolés. »

« Nous comprenons l’effet dévastateur que cela a eu sur Mme Kelly, Mme Prchal, Mme Simard et sur les autres. Nous voulons reconnaître leur courage de s’être mises de l’avant afin d’assurer que le sport soit sécuritaire pour les générations futures », a déclaré Martha Hall Findlay, présidente du conseil d’administration de Canada Alpin.

La fédération a toutefois refusé la demande d’entrevue de La Presse canadienne. Aucune ne sera accordée par Mmes Simard, Kelly et Prchal, a aussi fait savoir l’un de leur porte-parole.

La semaine dernière, une action collective a été déposée en Colombie-Britannique contre Canada Alpin par une autre skieuse, Allison Forsyth, qui allègue elle aussi que Canada Alpin n’a pas protégé ses athlètes féminines contre les agressions sexuelles de l’entraîneur Bertrand Charest.

Quant à Charest, il a été accusé au criminel pour ses actes. Au terme d’un procès, il a été condamné en décembre 2017 à 12 ans de détention pour ces crimes de nature sexuelle commis dans les années 1990 sur neuf jeunes femmes. Le juge a retenu 37 chefs d’accusation contre lui. Charest en appelle toutefois de sa condamnation et de sa peine.